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Dossier Brézet : L’accompagement des projets de développement commercial sur le Grand Clermont

Dossier Brézet : L’accompagement des projets de développement commercial sur le Grand Clermont

Le Grand Clermont est en train d’élaborer son DAC (Document d’Aménagement Commercial) qui, intégré au Schéma de Cohérence Territoriale (ScoT), permettra de maîtriser l’offre commerciale des pôles périphériques dans une perspective de développement durable. La requalification des zones commerciales majeures a pour ambition d’améliorer leur attractivité et de renforcer la qualité de l’urbanisme.


 

Le DAC, Document d’Aménagement Commercial

Pour Dominique Adenot, président du Grand Clermont, l’objectif principal de ce document est d’éviter que la ville ne soit confrontée à une expansion non raisonnée des zones d’activités commerciales. Cette situation pourrait être dangereuse si l’extension des surfaces commerciales se révélait à la fois plus rapide que la croissance économique et que la démographie conduisant ces zones à tomber en désuétude et à fermer. Pendant un certain nombre d’années, rappelle Dominique Adenot, «  on a laissé faire pour ne pas casser une dynamique très forte et qui a beaucoup bénéficié à l’agglo. On a créé de la richesse mais la crise qui nous a impactés a produit des effets sur le pouvoir d’achat des ménages d’où le risque de transformation des surfaces commerciales en friches. » Un constat que partage son collègue, maire de Riom et président de Riom communauté , Pierre Pécoul. C’est pourquoi les maires de Riom et de Clermont ont décidé, ensemble, d’un gel provisoire des autorisations commerciales pour permettre un diagnostic précis de la situation à ce jour. Avec la crise, il y a moins de projets, donc ce gel ne fait pas courir de grand risque comme l’ont précisé les cabinets choisis pour ce diagnostic :  Berenice pour le Grand Clermont et Cercia pour Clermont communauté. Tous deux ont confirmé qu’il fallait ralentir. Il dépendra de ce diagnostic de décider de la prolongation ou non de ce gel.

D’ici fin 2017, ce document d’aménagement commercial sera adopté. Il deviendra le document de référence à intégrer au SCOTT ( bien que non obligatoire) afin de définir une politique et une stratégie de développement permettant de mettre davantage de cohérence : « Aucun élu ne conteste le fait que le marché doit continuer à vivre et se développer mais nous ne pouvons pas continuer à empiler en périphérie des m² commerciaux qui ne trouveront pas leur clientèle et finiront, comme les commerces du centre ville, par fermer » regrette Dominique Adenot.

La requalification du quartier du Brézet en sera la traduction la plus concrète.

Un urbanisme dédié aux gros transporteurs

Née dans les années 50 la zone d’activité du Brézet est la plus ancienne du Massif Central. Historiquement, elle accueillait des grossistes ce qui explique que les Clermontois ne s’y rendaient pas encore, comme aujourd’hui, pour y faire des achats. Or l’économie a changé : actuellement, un producteur peut se passer de tout vendre via un grossiste. Il peut envoyer directement sa marchandise à des distributeurs, créer un service d’expédition pour des commandes via internet acheminées chez le client final.

Le Brézet, qui avait été conçu pour acheminer des marchandises en gros comme en témoignent la taille des hangars et entrepôts, a muté. Ceci pose aujourd’hui un problème de requalification de la zone devenue marchande : « J’ai encouragé cette mutation vers le tertiaire mais il faut être humble. Je n’ai pas anticipé mais accompagné une évolution du marché lorsque c’est devenu nécessaire » explique Dominique Adenot, qui poursuit la tache au sein du Grand Clermont.

Selon son analyse, le premier obstacle pour une reconversion de la zone est sa taille et son urbanisme avec de grands axes infranchissables dédiés au transport. Comment redonner de la vie, comment reconquérir l’espace public afin que les piétons puissent redécouvrir une zone qui s’est profondément tertiarisée et va continuer sa mutation vers une plus grande mixité d’activités ? Tel est l’enjeu : « Ces zones ne peuvent se développer s’il n’existe une mixité fonctionnelle cela seulement est véritablement durable et permet d’éviter que ne se créent un jour des friches urbaines. »

Ce sont donc 40 ha (de la gare au Géant casino) qui seront concernés par les grands travaux planifiés par Clermont Auvergne Métropole et le Grand Clermont. Quarante hectares qui vont devoir changer d’urbanisme, accueillir habitants et activités économiques diffuses et organiser la circulation des biens et des personnes en toute sécurité en dépit des grands boulevards traversants.

Le Brézet, des transformations radicales

L’ambition de la ville est de développer une mixité des usages dans la zone qui longe l’ensemble du Boulevard Saint Jean : « Ce qui va être spectaculaire dans les 10 à 15 années à venir est la transformation du Boulevard Saint Jean en zone d’habitat avec le lycée de région à la place de l’ancien marché de gros. » Ce nouveau lycée, axé sur la qualité de vie et le bien-être, en lien avec les économies vertes et bleues, accueillera environ 1 100 élèves d’ici 2 à 3 ans.

La ville va ainsi se prolonger et cet urbanisme très marqué des années 60 va disparaître. L’urbanisme de demain, souhaité par les élus, fera une large place à la mixité des activités et des fonctions : « Il faut refabriquer une ville nouvelle sur la ville, une ville qui vit 24h/24h où toutes les fonctionnalités sont présentes un peu sur le même modèle que la pardieu future qui, dans le nouveau PLU, développera de l’habitat. »

Le requalification passera par le développement des transports avec une requalification de la voirie, l’aménagement de pistes cyclables, la végétalisation transformant ce quartier du bout de ville en destination. Afin de privilégier les modes de déplacements les moins polluants une desserte multimodales (ligne de bus dédiée mais pourquoi ne pas envisager également le tramway?) complétera ce schéma. En matière d’architecture, sera recherchée une intégration paysagère cassant l’image en entrepôts et parkings.

Dernier gros chantier de la décennie, la construction d’un bassin d’orage permettant de maîtriser les conséquences des aléas climatiques. Des travaux qui, pour être peu spectaculaires, n’en sont pas moins importants et particulièrement onéreux.

L’aménagement de l’ancien centre routier pour parachever la transformation

Restera à définir la nouvelle destination de l’ancien centre routier qui est à réaménager. Il est donc envisagé de développer une zone hôtellerie/tertiaire et services aux entreprises pour les transporteurs et éviter que le centre routier ne devienne une friche.

Cette zone au sein du Brézet est importante mais elle est en capacité de faire sa mutation de façon saine. Un atout majeur de ce quartier est l’existence d’un réseau d’entrepreneurs actifs. L’association des dirigeants d’entreprise du Brezet, Réflexe Brézet,  est des plus dynamiques. Elle produit une réflexion pour une animation collective et fait un très bon travail de communication auprès des 450 entreprises et 11 000 salariés de la zone.

Un partenaire essentiel pour les collectivités, tant en matière d’intelligence collective que d’accompagnement des entreprises, pour une transformation d’un quartier qui doit réussir sa mutation.

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Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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