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Jardins de Cocagne cultive la solidarité

Jardins de Cocagne cultive la solidarité

En 2011, un jardin biologique collectif à vocation d’insertion sociale et professionnelle est sorti de terre à Arronnes, en Montagne Bourbonnaise. Affilié au réseau national des ‘’Jardins de Cocagne’’, ce jardin associatif s’est fait un nom, une place dans la qualité et vend ses produits aux particuliers et grandes tables du bassin vichyssois. Une réussite gastronomique, biologique et surtout humaine, soutenue par de nombreux acteurs institutionnels locaux.


En 2008, la famille Rongère d’Arronnes contacte le réseau Cocagne pour proposer ses 4 hectares de terrains agricoles. Une initiative personnelle que se félicite d’avoir lancée Janine Rongère, aujourd’hui membre du conseil d’administration en tant que propriétaire du terrain de maraîchage : « Ancienne agricultrice je savais que nos terrains étaient de bonne qualité, nous voulions qu’ils soient cultivés et la dimension d’insertion professionnelle de jardins de Cocagne nous a convaincus, mes enfants et moi ». Les terrains furent rapidement certifiés biologiques, et dès 2010 le Pays Vichy Auvergne porte l’étude de faisabilité et la mise en place du site. Grâce aux fonds européens LEADER, destinés à financer des projets pilotes à destination des zones rurales, Valérie Rambaldi est embauchée comme chargée de projet et deviendra ensuite directrice du site d’Arronnes d’avril 2011 à août 2012. Grâce à l’engagement et aux efforts mêlés du fond social européen, de l’Etat (aides aux postes d’insertion et Fonds Départemental d’Insertion), du Conseil Régional, du Conseil Général, de Vichy Val d’Allier, de la Communauté de Communes de la Montagne Bourbonnaise, des mairies d’Arronnes et du Vernet et de nombreuses fondations privées, le Jardin de Cocagne d’Arronnes accueille ses premiers salariés en insertion en avril 2011.

Depuis septembre 2012, c’est Alexandre Mondet, soutenu par 6 collaborateurs permanents qui dirige ce site de 3 hectares en plein champ et 3000 m² sous serre, étendu au Vernet avec un verger biologique. « Nous sommes une structure de l’économie sociale et solidaire mais aussi une entreprise apprenante. En ce moment, 26 salariés se forment chez nous et apprennent ou réapprennent chaque jour à développer un savoir-faire et un savoir-être parfois oubliés ». Orientés par le service public de l’emploi regroupant Pôle Emploi, CAP Emploi et la Mission Locale, 20 % des stagiaires viennent aussi se présenter d’eux-mêmes : « Ici le maraichage est un support à l’insertion professionnelle, mais pour certains la démarche est celle de la passion. Certains de nos stagiaires veulent devenir maraîchers et apprendre ce métier de la terre » explique Alexandre Mondet. Pour maîtriser des gestes qui leur serviront ou bien réapprivoiser l’emploi et ses réalités, ces hommes et femmes sont accompagnés pendant plusieurs mois, par une équipe de professionnels engagés. « Sophie Couderette, notre chef de culture a été maraîchère bio, Alexandre Reynaud, responsable du verger du Vernet est spécialiste d’arboriculture, Pascal Lorut l’encadrant technique est aussi un spécialiste. Ce n’est pas parce que nous faisons de l’insertion professionnelle que la qualité de nos fruits et légumes est secondaire : au contraire, nous misons sur l’excellence de nos produits et avons bien 2 métiers : la production de légumes et fruits biologiques (AB) et l’insertion ».

Car si ce Jardin de Cocagne s’est fait un nom dans le paysage local, s’est avant tout pour ses paniers de légumes vendus aux particuliers, tout comme aux grandes tables locales qui leur font confiance.

L’important c’est l’humain avant tout

Chaque mardi, quelques cent paniers de légumes sont livrés directement aux adhérents consommateurs par ceux qui les ont cultivés. 5 lieux de livraisons sont proposés sous la serre du jardin à Arronnes, à la communauté de communes du Mayet de Montagne, à Cusset cours Lafayette, à Vichy Place Jean Epinat, à Bellerive chez Bellecave et à Vendat au « Petit Vendatois ».Choix du goût, acte militant ou envie de facilité, les raisons de ces consomm’acteurs sont variées, mais tous sont unanimes sur les produits sains, goûteux et toujours de saison qui sont proposés. Un travail exigeant et respectueux de la nature, qui fait naître 26 tonnes de légumes chaque année. Cette production de qualité, les chefs vichyssois savent l’apprécier : « Nous travaillons régulièrement avec la Maison Décoret et Stéphane Roesch du Château du Bost, qui a notamment magnifié notre première récolte de framboises du verger. Le restaurant Michel Angelo et la cuisine centrale de Cusset misent également sur nos produits extra frais. En plus nos équipes sont très réactives et nos livraisons très souples et adaptées aux besoins. Nous avons par exemple dû livrer 30 kg de mâche en 3h pour le repas de midi des enfants cussetois. Un coup de pression digne des grandes entreprises, qui sert aussi à toutes les personnes qui travaillent avec nous ».

Depuis 2011, 140 personnes sont passées par le Jardin de Cocagne Pays Vichy-Auvergne. Une insertion par l’activité économique encadrée par deux conseillères en insertion socioprofessionnelle. Ici pas question de forcer les gens à devenir maraîcher coûte que coûte, l’approche se veut globale pour accompagner des hommes et des femmes uniques dans un projet personnel qui l’est tout autant. En réimprimant au quotidien les réflexes du monde du travail, les encadrants de Jardins de Cocagne guident et conseillent, pas à pas. 40% de femmes, 28% de -26 ans, 20% de +50 ans, 12% de personnes reconnues travailleurs handicapés, sur le site d’Arronnes le paysage est varié, vivant et à l’image de notre société. En 2014 une étude prouve également que 50% des anciens salariés du site ont aujourd’hui renoué avec l’emploi, des chiffres encourageants qui ne font pas tout selon Alexandre Mondet : « 1 personne sur 2 qui retrouve un emploi c’est bien, c’est encourageant, mais atteindre des objectifs positifs ce n’est pas que cela. Une sortie positive c’est aussi lorsqu’une personne arrive à passer le permis, grâce à la confiance et aux encouragements qu’elle a reçus ici. On dit à chaque salarié ‘’Comment fonctionnes-tu ? Quels sont tes freins ?’’ L’important c’est l’humain avant tout, comprendre les blocages et les aider à les surmonter, c’est ça notre travail » confie-t-il plus déterminé et confiant que jamais dans son métier.

Le site d’Arronnes, comme tous les autres sites du réseau, allie un autofinancement généré par la vente des fruits et légumes à des subventions du Conseil Général, au titre des politiques d’insertion et de lutte contre l’exclusion. Le jardin mise aussi sur ses ateliers ludiques et pédagogiques qui accueillent chaque année plus de 200 enfants de la maternelle aux lycées spécialisés dans les filières hôtellerie. Des rencontres gourmandes organisées par les salariés, qui sont très appréciées par les enfants de toute l’agglomération. Au menu, plantations, informations et surtout dégustations autour du bien manger. Bientôt les bambins pourront découvrir les 60 arbres à noyaux plantés au verger du Vernet en pleine expansion. Celui-ci accueillera également en automne 500 poiriers et pommiers.

Des pêches, prunes et kakis viendront donc alimenter les paniers de l’année prochaine, et probablement les savoureuses tables des chefs de l’agglomération. En attendant vous pouvez toujours adhérer au réseau Jardin de Cocagne Pays-Vichy Auvergne pour un petit panier à 8 euros par semaine ou un grand à 15 euros, accompagnés de son journal ‘’feuille de chou’’ et ses recettes. Et si vous ne souhaitez pas vous engager sur du long terme, les producteurs bios viennent à votre rencontre chaque samedi matin sous le marché couvert de Vichy ou au marché du Pré Salé de Bellerive-sur-Allier. De quoi cultiver et savourer un maraîchage local durable et solidaire.

Un article de Bénédicte Rollet pour Vichy Val d’Allier Développement

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Communiqué de presse du Journal de l’éco

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