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La Biennale de la danse de Lyon investit la nouvelle région

La Biennale de la danse de Lyon investit la nouvelle région

Du 14 au 30 septembre la biennale de la danse tient ses quartiers à Lyon et, pour la première fois, décentralise plusieurs spectacles à Clermont-Ferrand, Cournon d’Auvergne et Aurillac. Focus sur un festival qui porte haut l’image de la région.


 

Deux événements mutualisés

Portées par une même Association loi 1901, la biennale de la danse et la biennale d’art contemporain sont organisées en alternance à Lyon. Grâce à cette mutualisation des moyens, les deux événements se sont considérablement développés depuis 1984 pour la danse et 1991 pour l’art contemporain au point que, en 2008, le « Times » qualifie la biennale de la danse de « le plus important festival de danse au monde ». Quant à la biennale d’art contemporain qui a pris la suite de celle de Paris pour devenir le plus grand événement français elle se situe entre le 3ème et le 5ème rang mondial.

Cette mutualisation a permis de construire à Lyon un pôle de compétence événementiel assuré grâce à la continuité d’activité tout au long de l’année et la mise en commun des bases de données, d’outils, de logistique, de gestion que chaque biennale, seule, n’aurait pas pu porter à cette hauteur.

Des missions cadrées

La Biennale de la danse n’est pas qu’un temps fort de diffusion de spectacles. L’association qui la porte a reçu une quadruple mission de la part des collectivités locales qui financent : une mission d’aide à la création ( 23 créations en 2016) ; une mission de formation artistique des publics : « nous voulons apporter des œuvres à des gens qui n’y ont pas accès » revendique Sylvie Burgat, directrice générale de la Biennale de la danse  ; une mission de rayonnement national et international : une mission d’animation du territoire et de cohésion sociale. En construisant des événements autour de la danse, l’objectif de la biennale est de créer des liens, d’amener les habitants à se rencontrer. Chaque manifestation comporte un volet social qui permet à des amateurs de côtoyer des professionnels comme pendant le défilé de la biennale « ensemble ! » (18 septembre) où 5000 danseurs amateurs rejoindront les professionnels entraînant dans leur sillage près de 300 000 personnes pour se retrouver en fin de parcours devant un spectacle gratuit offert au public.

Un budget pour mettre en effervescence un territoire

Six à huit millions d’euros, c’est ce que coûte la Biennale de la danse selon les années. En 2014, la Biennale disposait d’un budget de 7,8 millions d’euros, cette année il est ramené à 6,7 millions d’euros pour 43 spectacles, 165 représentations dans 62 lieux et 37 villes sur toute la région, des dizaines d’ateliers et de cours, des répétitions publiques, des rencontres avec des élèves, des conférences. La biennale de la danse est financée à 60% par des fonds publics, métropole lyonnaise en tête, les villes de Lyon et Villeurbanne, la région et le Ministère de la culture. Elle n’existerait pas sans ces fonds publics mais pas non plus sans ses mécènes qui apportent, selon les années, 20 à 28 % du budget. Les recettes commerciales et la billetterie, permettent de boucler ce budget.

La baisse des subventions publiques mais aussi du mécénat (de l ‘ordre de 15%) en 2016 représente-t-elle un réel danger pour les années futures ? C’est un véritable sujet d’inquiétude qu interroge le domaine de la culture.

A quoi sert le mécénat culturel ?

Partenaire de la biennale depuis 7 éditions, la Poste s’implique d’année en année et implique aussi ses personnel dans ce grand événement culturel. Corinne Leonardi, Directrice de la communication de La Poste, n’y voit que des avantages. Elle explique en quoi le mécénat est important pour une entreprise : «  ce sont des grands moments de partage porteurs de sens avec des personnels qui deviennent des ambassadeurs de l’entreprise mais aussi pour nos clients ». A l’occasion de la Biennale de la danse les postiers sont invités à participer au défilé parade avec les danseurs : « C’est une très belle opportunité pour renforcer la cohésion d’équipe ». Tous déguisés en facteurs en vélo, les postiers entrent dans la danse en hommage au métier historique de la Poste et à la figure emblématiques du facteur. Il leur est également proposé de participer à des ateliers de création pendant la biennale d’art contemporain. Cet événement participe au programme « tous artistes » du groupe « La Poste » qui soutient l’expression artistique participative.

« Nous sommes partenaires parce que c’est porteur d’image. » et c’est pourquoi d’autres grands groupes soutiennent ce festival et l’associent à leur image. Toutes les enquêtes prouvent que les entreprises qui financent la création artistique et le développement de la culture bénéficient d’un retour d’image. Ces grands groupes sont la Caisse d’épargne, Spie batignolles, Deloitte., In Extenso, Egis, Toupargel, Bernard, Veolia, Dakia, Eiffage, Vatel, Cotélac, aéroports de Lyon, JCDecaux, pour ne citer que les plus importants avec comme partenaires principaux Partouche et Pharaon.

Un rayonnement international

Avec l’accueil de 1250 journalistes venus de plus de 20 pays, la biennale est un outil puissant en matière de rayonnement du territoire. Sylvie Burgat prend pour référence l’exemple de Taiwan qui a su émerger grâce à la multiplications d’événements culturels majeurs qui ont attiré des artistes et amateur d’art du monde entier.

Ce qu’attend une métropole comme Lyon c’est bien sûr des retombées en terme d’image  car « la culture participe à la fabrication de la représentation positive d’un territoire » confirme la directrice de la Biennale. Or l’image de Lyon, considérée autrefois comme un peu désuète et terriblement provinciale, a changé pour se muer en une image dynamique d’une ville jeune et qui va de l’avant.

Et, de fait, cette reconnaissance attendue est bien là pour le Figaro qui qualifie la Biennale de «  rivale française de Venise »

Des retombées économiques à plus de 10 M€

Pour Sylvie Burgat « Défendre la culture ne passe pas prioritairement par l’économie. Et pourtant il existe un dimension économique de la culture » ; des retombées économiques directes pour les 470 fournisseurs de la biennale, pour les personnels embauchés en préparation et pendant le festival mais aussi des retombées induites par la venue de 1250 journalistes, 700 danseurs, par la fréquentation de la ville qui accueille 106 000 spectateurs (chiffre 2015) venus de tout l’hexagone et de l’étranger. L’hôtellerie, la restauration, les transports et les commerces alentour, pendant 15 jours, bénéficient de cette activité dont le poids économique est considérable.

S’il ne faut pas chercher à développer la culture sous cet angle qui voudrait « rentabiliser » la créativité, force est de constater qu’elle rapporte du chiffre d’affaire et que les fonds publics trouvent aussi leur justification dans ce rapport : les experts en économie considèrent qu’un festival de cette envergure génère 1,5 à 2 fois le montant de son budget.

Le programme



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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