webleads-tracker

Institutions, Admnistrations et Collectivités, Territoires

Ni droite, ni gauche, Président Macron ? Vous plaisantez !

Ni droite, ni gauche, Président Macron ? Vous plaisantez !

Une chronique de libre opinion de Mathieu-Robert Jourda : Oui je sais, vous allez répliquer que vous ne récusez pas les inspirations de gauche comme de droite, et vous allez me dire que, selon les problèmes nationaux à traiter, vous adopterez une approche de gauche et « en même temps » une prise en compte des idées de droite, ou l’inverse. En outre vous direz que vous apportez la preuve de cette bienveillante alternance en me faisant observer que votre gouvernement comporte des ministres venus des partis qui se disent de gauche ou de droite.


Je pourrais immédiatement vous répondre que ces recrutements ressemblent à du débauchage, mais je tiens à mettre le débat au niveau d’une confrontation façon « disputation » religieuse du moyen-âge. En outre je compte sur cette volonté de réflexion autonome que vous avez montrée constamment depuis votre naissance et aussi sur le respect que vous avez des anciens, par exemple pour comprendre le sens et la pratique du couple ou bien pour apprendre les obligations présidentielles. Comme j’ai aujourd’hui, moi aussi, le double de votre âge, je sais que je peux compter sur votre respect. Alors écoutez mon propos qui est explicitement un apport professoral.

Les partis politiques tels que vous les avez connus et fréquentés apparaissent comme des syndicats ou mutuelles de politiciens professionnels, soit en poste, soit postulants. Depuis un siècle, les appellations de leur parti annoncent et définissent l’idéologie qui inspirera leur action. A gauche le qualificatif est depuis toujours le mot socialisme. A droite, la terminologie est plus fluctuante mais la désignation la plus utilisée est libéralisme. Les acteurs politiques socialistes sont des partisans d’une doctrine d’organisation sociale qui entend faire prévaloir le bien général sur les intérêts particuliers. Dans la devise républicaine, ils écrivent en caractères gras le mot Egalité. Les acteurs politiques libéraux sont partisans d’une société où on laisse aux citoyens la plus grande liberté d’agir sur le plan économique, estimant que cette liberté ne peut apporter que du progrès et même être facteur de générosité, à preuve le sens du mot « libéralité ». L’exemple le plus probant du bien-fondé de cette conviction est celui de Bill Gates le fondateur de Microsoft qui a créé une énorme richesse économique pour des centaines de milliers de personnes et qui est aussi un mécène admirable. Dans la devise nationale qu’ils vénèrent eux aussi, les libéraux écrivent en gras évidemment le mot Liberté.

Passons maintenant du côté ou aux côtés du peuple électeur. Seule une toute petite minorité va choisir ses représentants au motif d’un partage des conceptions idéologiques. Les citoyens votent essentiellement à partir de leurs attentes économiques envers une société dont ils contemplent et subissent la réalité. Les pauvres et ceux qui se sentent subjectivement pas assez riches, injustement pas riches, votent pour la gauche. Les riches et ceux qui se satisfont de leur niveau et mode de vie votent pour la droite. Comment peut-on définir ces deux motivations opposées ? Et là, écoutez-moi bien Emmanuel, car vous ne l’avez pas entendu dans le discours de vos éducateurs choisis ou subis, on peut résumer cette attente bipartite comme suit : les choix en faveur des politiciens de gauche sont une demande de protection tandis que les choix en faveur des politiciens de droite sont une demande de récompense. Je n’ai pas le loisir de développer ici une démonstration mais je sais que vous allez y réfléchir. Alors juste pour vous mettre sur la voie d’une utile exégèse, je vous donne un bref commentaire.

La protection demandée par les pas-riches objectifs ou subjectifs est au minimum de ne pas mourir du dénuement et si possible de bénéficier d’une part convenable de la richesse collective à laquelle leur dur labeur a contribué. La récompense demandée par les non-pauvres est d’obtenir la rémunération de leur savoir-faire à hauteur de la productivité démontrée.

Ceci étant posé, réfléchissez au paradoxe suivant : quand les acteurs économiques pauvres demandent de la protection, ils ne sollicitent pas la charité mais la juste récompense de leur travail, et quand les acteurs riches demandent de la récompense ils veulent en même temps la protection de leur richesse acquise. Ne serait-ce pas, Emmanuel, l’explication de votre programme politique ?

Présumant de votre réponse, je vous lance alors un nouveau défi : croyez-vous que ces demandes contradictoires n’impliquent pas qu’une idéologie partisane annonce clairement et distinctement ces deux partis-pris ? Et je commente comme suit : votre politique du « et en même temps » n’est-elle pas aux yeux de tous nos concitoyens un pur mais élégant travestissement du « ni-ni » ?

 

Une chronique de libre expression de Mathieu-Robert Jourda – Cliquer pour voir plus de chroniques de l’auteur 

jourda-banniere1



Une rubrique de libre opinion du Journal de l’éco

Si vous avez aimé cet article,
partagez le !