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Le tourisme à vélo en ville, un champ délaissé mais à fort potentiel

Le tourisme à vélo en ville, un champ délaissé mais à fort potentiel

L’association Départements & Régions cyclables (DRC) publie un travail inédit sur le potentiel, les enjeux et les besoins liés au tourisme à vélo en ville. Six agglomérations sont passées à la loupe. Et des recommandations concrètes sont livrées aux collectivités qui veulent le développer.


C’est un travail complet et inédit que vient de réaliser, en partenariat avec l’association Tourisme & territoires et la Fédération des offices de tourisme de France, le réseau de collectivités Départements & Régions cyclables. DRC réunit sept conseils régionaux, une cinquantaine de conseils départementaux et douze intercommunalités (EPCI).

Le sujet du tourisme à vélo en ville, émergent et peu renseigné en chiffres et données, se situe au croisement de deux notions : tourisme à vélo et tourisme urbain. « Nous avons commencé par observer l’existant et dresser un panorama de l’offre », restitue l’association. Des fédérations, institutions, associations, opérateurs privés mais aussi des cyclistes et usagers ont été sondés pour les besoins de cette étude accessible en ligne.

Une demande présente

Premier constat, une forte hétérogénéité des pratiques et une offre de « city-breaks à vélo » encore marginale.
En clair, si les villes sont déjà des points de départ et d’arrivée privilégiés des touristes à vélo, elles ne les retiennent pas ou rarement pour un séjour complet.
La demande est pourtant là.
Un sondage réalisé par DRC auprès d’un millier de touristes et cyclistes enseigne que la ville reste attractive. Si le tourisme à vélo y est « plus complexe » à développer qu’en espace rural, c’est en raison des conflits d’usages – cohabitation des cyclistes avec les autres modes de déplacements – et du manque d’aménagements dédiés.
Le minimum est de disposer d’un réseau cyclable « sécurisé, cohérent, relié aux gares et connecté avec les grands itinéraires cyclables traversant la ville » et du « stationnement adapté aux besoins des touristes à vélo ». En ville, leur accueil serait trop délaissé.

Soigner l’offre

Point positif, un label existe.
Dénommé « Territoire vélotouristique » et délivré par la Fédération française de cyclotourisme, il apporte aux villes ou agglos adhérentes une visibilité et des outils. Mais beaucoup reste à faire pour rendre les villes plus attractives à des adeptes potentiels, une clientèle au profil cycliste, visitant la ville en famille et en autonomie (sans guide). Pour les toucher les collectivités doivent améliorer leur communication. Certaines font des efforts.
Parmi les six agglomérations passées à la loupe, la métropole bordelaise propose des séjours à vélo, avec des circuits thématiques et une offre qui s’enrichit, mais la filière mériterait d’être mieux structurée et coordonnée par un référent dédié au sein de la collectivité ou de l’office du tourisme.
A Mulhouse (Haut-Rhin) également, qui se trouve au croisement de deux grands itinéraires cyclables (EuroVelo 5 et 6), la ville progresse et commence à se doter de services adaptés : point d’information dédié, charte d’accueil pour les prestataires (hébergeurs, restaurateurs), offre de gardiennage, brochure d’information et carte des aménagements, réseau de réparateurs et communication simple et efficace, etc.
Reste à « mobiliser des ressources humaines sur ce dossier », à plus miser sur l’EuroVelo 5 et continuer de mobiliser et communiquer sur le sujet. Pour Paul-André Striffler, l’élu en charge des modes doux à Mulhouse, le tourisme à vélo y a une carte à jouer couplé à l’offre culturelle de la ville (visites des musées, découverte du patrimoine).

Structurer la filière

Sensibiliser les professionnels à l’accueil des touristes à vélo est l’un des points forts d’une autre métropole observée, Nantes. L’offre y est en phase avec la demande, estime l’étude. Elle se structure mais mériterait aussi plus de coordination et une animation dédiée : « Le tourisme fluvial alliant vélo et bateau pourrait être un moyen de booster son attractivité », suggère-t-elle. A Tours, l’agglomération développe cette offre vélo + bateau.
Et les élus locaux y ont conscience que l’enjeu est de retenir et d’accueillir des touristes qui, jusqu’à maintenant, ne font que la traverser à vélo.
Le potentiel de la métropole niçoise est aussi passé au crible : ses points faibles, qui sont nombreux (manque d’aménagements), mais aussi l’intérêt qu’elle aurait à développer la pratique, notamment en se positionnant comme point majeur de l’EuroVelo 8 (Véloroute de la Méditerranée).

Voir l’étude complète


Remerciements pour la documentation et les éléments :
Caisse des Dépôts ‘au service des territoires’


Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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