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Le journal de l'éco -

Édition Puy de dôme

Énergie & Environnement

L’économie au coeur des assises de la biodiversité à Clermont-Ferrand

L’économie au coeur des assises de la biodiversité à Clermont-Ferrand

Clermont-Ferrand a accueilli cette année les sixièmes assises nationales de la biodiversité. L’occasion de faire le point sur les bonnes pratiques dans les entreprises et les collectivités ainsi que les nouveaux emplois du secteur.


Que faut-il entendre par « biodiversité » ?

L’image de l’homme qui a domestiqué la nature a vécue. On a bâti une économie basée sur ce principe. C’était une erreur. Tous les conférenciers, experts et témoins, invités à ces assises le confirment : désormais ce n’est pas contre mais avec la nature et sa biodiversité que l’homme doit poursuivre sa conquête de nouveaux espaces, élaborer ses projets de développement, imaginer la ville de demain.

Or la biodiversité ne se résume pas à la protection d’espèces rares ou en voie de disparition. La biodiversité c’est un travail de réflexion autour du patrimoine naturel. C’est une nécessité mais c’est aussi une opportunité de vivre mieux et de créer des emplois dans les domaines de la production d’énergies renouvelables, de la protection de la nature, de l’aménagement du territoire. Observer les activités humaines du point de vue de la biodiversité débouche souvent sur des solutions meilleures en terme d’environnement comme sur le plan économique.

La notion de préjudice écologique commence à faire sens comme l’ont compris les élus adhérents du SMVVA (Syndicat Mixte de la Vallée de la Veyre et de l’Auzon) qui a permis la reconquête de la zone humide d’Aydat autrefois bétonnée. En  visitant ce site, les congressistes ont pu mesurer combien la perte d’une zone humide peut générer des coûts exorbitants en travaux pour pallier les inondations. Ce n’est pas le moindre des exemples d’une collaboration entre acteurs de la protection des espaces naturels et porteurs d’activités économiques.

L’entreprise fait aussi partie de la solution

Les entreprises ont un rôle important vis à vis de l’environnement et leurs dirigeants sont de plus en plus nombreux à intégrer cette dimension. Certains secteurs sont plus sensibilisés que d’autres : l’univers des cosmétiques, le tourisme, l’agroalimentaire initient des bonnes pratiques dans leurs services et chez leurs fournisseurs en choisissant des partenaires éco-responsables, en s’inscrivant dans une démarche d’économie circulaire, en mesurant son impact sur l’environnement.

Le tourisme est en premier lieu concerné avec 7,4 % du PIB France. Ce qui fait l’attractivité de la France c’est le tourisme vert et la qualité de l’environnement avec une part importante d’activités liées à la nature.

Mais le BTP ne l’est pas moins : Solutions béton propose aux entreprises comme aux collectivités de construire des écosystèmes leur permettant de « digérer » et recycler leurs propres déchets lors de constructions tout en produisant des énergies et des ressources. Comme le fait M.S. en Auvergne (voir article du Journal de l’éco) auprès des tunneliers pour le traitement des boues et eaux issues des excavations.

Vers une économie circulaire

Notre consommation de ressources naturelle est supérieure à ce que la nature peut produire. Or, ce qu’une entreprise rejette en produisant, peut devenir une ressource pour une autre. C’est en coopérant qu’elles peuvent construire des filières de transformation des déchets en ressources qu’il s’agisse de gravats, d’eau polluée, de bio-déchets, d’ordures ménagères, de métaux.

Le béton est de ces déchets dont on commence enfin à comprendre combien une filière de recyclage est nécessaire pour réduire son impact sur l’environnement tout en réalisant des gains financiers sur les flux traités.

Autre gisement important, les ordures ménagères : traitées par méthanisation (déchets organiques) ou incinération (déchets non recyclables) et non plus simplement enfouies comme autrefois, elles sont susceptibles de produire une énergie alternative aux énergies fossiles qui viennent à manquer.  En France, 130 usines d’incinération  traitent 20 à 25 Mt /ans. Avec une production équivalente à 200 kg de charbon ou 120 l de fuel pour chaque tonne d’ordures ménagères brûlée. Brûler des déchets peut donc produire une énergie récupérée dans un réseau de chaleur.

Quant à la méthanisation elle permet d’éliminer les déchets fermentescibles tout en produisant du gaz qui peut être réinjecté dans un réseau de chaleur ou développer l’autonomie énergétique d’un nombre croissant d’exploitations agricoles. Les chaufferies biomasses sont aussi une façon de maîtriser un poste de dépense important dans l’industrie.

Nombreuses sont les entreprises qui développent une économie circulaire soit en produisant leur propre énergie par récupération de la chaleur produite par leur propre exploitation soit avec d’autres.

Préserver la ressource énergétique c’est bon pour l’environnement et c’est bon pour l’économie

Des emplois issus de la croissance verte

Le nombre de métiers liés à la biodiversité est en constante évolution, essentiellement dans 2 domaines : ceux dédiés à la gestion de l’environnement que l’on évalue à 22 000 emplois, auxquels il y a lieu d’ajouter les 6 000 postes d’enseignants de l’éducation supérieure et ceux liés à la gestion et la sauvegarde qui comptent 48 000 emplois. En France 30 000 agents sont en charge des espaces verts, 76 000 en conseil et assistance à l’agriculture auxquels on peut ajouter 91 000 salariés paysagistes. En 2014 on enregistrait 357 000 offres d’emploi dont 28 000 dans l’entretien et la protection des espaces verts. La fonction publique territoriale concentre le gros des effectifs mais dans l’industrie, le bâtiment, l’urbanisme réside un potentiel d’emplois que le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) s’efforce de recenser. Cet organisme en a inventorié 40 non encore inscrits dans les référentiels de formation ni d’emplois. Ce manque de lisibilité sur ces métiers de demain ralentit l’accès des jeunes à ces filières mais ils sont déjà là et se développent parce qu’on ne peut plus s’en passer.

Qui aurait cru qu’un jour on saurait concilier industrie et écologie ?

La croissance verte, facteur de compétitivité

Si les programmes liés à la rénovation énergétique des logements auront été la grande opportunité de ce début de XXIème siècle pour de nombreuses entreprises du bâtiment affectées à cette tache, d’autres challenges et opportunités ne vont pas manquer au cours des prochaines décennies. C’est le message apporté par Allain Bougrain-Dubourg au nom du CESE en conclusion à ces assises : « Il nous faut  réagir et agir pour lutter contre la pollution, sensibiliser à la protection de la biodiversité, préserver nos ressources naturelles »

La création en janvier 2017 de l’Agence Française pour la biodiversité dont Hubert Reeves a accepté d’être le parrain aura pour mission d‘« animer la collecte de données et les rendre accessibles, conduire des programmes d’études ou de recherches, donner un appui technique aux services de l’État, ou aux collectivités, accompagner les acteurs socio-économiques, suivre la mise en œuvre des directives européennes et stratégies nationales, structurer les métiers de la biodiversité, suivre les mesures compensatoires, gérer ou appuyer la gestion d’aires protégées et la préservation des continuités écologiques, mener des actions de sensibilisation, de mobilisation citoyennes et de formation professionnelles, attribuer des aides financières, assurer des missions de police, accompagner la mise en œuvre du dispositif d’accès et de partage des ressources génétiques… » 

Dans un économie de plus en plus contrainte par la pénurie des ressources, l’impact d’une politique de responsabilité sociale (RSE) sur la  compétitivité des entreprises n’est plus à démontrer.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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