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MARC HALÉVY : l’Entreprise de Demain

MARC HALÉVY : l’Entreprise de Demain

Il est temps de remettre l’entreprise et l’économie réelle au centre des systèmes socioéconomiques continentaux, en dépit des cupidités morbides de l’économie spéculative, et des débilités législatives, juridiques et dysfonctionnelles des Etats moribonds.


1. Les leçons du passé.

Il est vraiment indispensable, voire vital, à tous les niveaux (légal, fiscal, syndical, prud’hommal, …), de totalement distinguer les entreprises à visée entrepreneuriale et patrimoniale qui créent de l’économie et de la valeur, d’avec les entreprises à visée spéculative et financière qui pompent l’économie et la valeur. Ces deux catégories d’entreprise devraient impérativement ressortir de droits du travail, de la responsabilité et de l’impôt, radicalement différents.

La vision négative que les masses ont de l’entreprise, vient du simple fait que médias et politiques entretiennent la confusion entre ces deux catégories d’entreprises, la première salutaire (les entreprises entrepreneuriales), la seconde méprisable (les entreprises financiarisées).

L’entreprise idéale : pas de salariés à l’intérieur, pas d’actionnaires à l’extérieur. Rien que des associés actifs, avec des clients et des fournisseurs.

La finalité de l’entreprise n’est pas de créer de l’emploi, mais de créer de la bonne activité pour produire de la bonne valeur d’usage. Par son activité, elle peut bien sûr proposer du travail à d’autres entreprises qui peuvent être des artisans ou des auto-entrepreneurs ; mais pas à des salariés.
Le salariat, dans bien des cas, est le point de rencontre entre l’archaïsme industriel, la dernière version de l’esclavage, l’âme fonctionnaire, la paresse sécuritaire, l’esprit de rente et l’aberration économique (payer quelqu’un juste pour être là à attendre qu’on lui dise quoi faire).

La finalité de l’entreprise n’est ni de servir des rentes financières à des actionnaires, ni de servir des rentes sécuritaires à des salariés.
Elle n’est pas non plus ni de financer l’Etat, ni d’en assumer les vastes carences (notamment en matières de formation de base, de paix sociale, de sécurité intérieure ou d’infrastructure territoriale).

Une entreprise n’a qu’une seule responsabilité sociétale : celle de respecter les lois du pays où elle opère. Ce n’est pas à l’entreprise d’être responsable de la société, ni de faire du « social » ; il y a des institutions caritatives pour cela (où rien ne l’empêche d’être active, par ailleurs).

En revanche, une entreprise consciente de la logique définitive de pénurie de ressources qui frappe notre monde, a tout intérêt à assumer pleinement sa responsabilité environnementale. En dernier ressort, toutes les ressources viennent de la Nature : saccager et piller celle-ci revient à scier la branche sur laquelle on est assis.

Enfin, l’entreprise idéale cultive le fonctionnement en réseau et le management organique, en appliquant, partout, le principe de subsidiarité (bottom-up) en lieu et place du principe hiérarchique (top-down). Elle favorise la coopération et abhorre la compétition. Elle a des confrères, non des concurrents.

2. Le marasme du présent.

Faillite de la Deutsche Bank … Loi sur l’autorisation aux banques de prélever l’épargne de leurs déposants (techniquement appelé le « bail-in ») …
Oui, je confirme que le tsunami financier est en marche.
Oui, les Etats (pas seulement français) sont en collusion avec les banques (à qui ils doivent des montagnes de fric) pour sauver le système qui les finance sur le dos des épargnants.
Oui, la courbe rouge entre dans sa phase scélérate et tout est bon (donc « moral ») pour se faire croire qu’on pourra sauver un paradigme déjà mort, mais qui engraisse encore tant de monde.

Mais il y a plus : la FED, imitée par la BCE de Draghi (ex Goldman-Sachs), émet des montagnes de liquidité monétaire en rachetant les créances des banques.
Ces liquidités sont empruntées à taux négatif et permettent aux dinosaures américains (et, surtout, les GAFA californiens) de racheter, avec de l’argent gratuit, toutes les petites entreprises innovantes (le plus souvent non américaines) et d’en phagocyter les idées au détriment de leurs continents d’origine. L’argent virtuel permet de concentrer les innovations numériques dans quelques mains californiennes qui sont la « vitrine » artificielle des USA et ce sans que cela ne leur coûte rien … apparemment.

De plus, comme si cela ne suffisait pas, ces vagues de rachats massifs (avec de l’argent gratuit et artificiel) dopent les cours de bourse des dinosaures et contribuent à la « bonne santé » du PIB, pour mieux masquer la déliquescence de l’économie réelle américaine et de sa santé sociétale !

Il ne s’agit plus de « business-model », mais de « racket-model ».

3. Les moteurs du futur.

Le noyau de l’entreprise de demain est un réseau d’associés actifs, apportant des patrimoines (tant matériels et financiers qu’immatériels et noétiques) qu’ils mettent en commun en vue de l’accomplissement d’un projet collectif clairement exprimé et partagé.
Ce noyau construit, autour de lui, un réseau d’agents autonomes : concepteurs, fabricants, conseillers, administratifs, sous-traitants, fournisseurs, commerciaux, numériciens, financiers, banquiers, partenaires … et, bien sûr, clients c’est-à-dire utilisateurs finaux (pas d’intermédiaires).
Toutes ces relations sont contractuelles, équitables et éthiques. Leur cohérence est assurée par l’engagement fort de toutes les parties dans l’accomplissement du projet collectif proposé par l’entreprise.

Nulle part il n’y a ni salariés, ni bénévoles, ni actionnaires passifs.
La palette des types de rémunération de chacun est aussi large que possible : elle va du plus matériel et financier, au plus immatériel et noétique.

4. La morale de l’histoire.

La finalité de l’entreprise est de contribuer optimalement à la richesse de vie de toutes les parties prenantes, en produisant de la bonne valeur d’utilité.
A chacune de décliner, pour elle-même, ce qu’elle entend clairement par richesse de vie et bonne valeur d’utilité.

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Une rubrique de libre opinion du Journal de l’éco

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