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MATHIEU-ROBERT JOURDA : BREXIT : tant pis tant mieux pour l’Europe

MATHIEU-ROBERT JOURDA : BREXIT : tant pis tant mieux pour l’Europe

Une chronique d’opinion de Mathieu-Robert Jourda : La caractéristique de l’espèce humaine parmi toutes les espèces animales est qu’aucun de ses membres n’est exactement semblable à un autre tant dans ses capacités physiques que dans ses envies de vivre.


Les éléphants, les buffles, les rennes, les singes, les flamants roses, les manchots, les poules, se ressemblent tous, vivent en troupes, n’ont aucun besoin de s’individualiser ni aucun intérêt à le faire. Cette vie commune pleine d’avantages, les humains en ont constaté la logique et ils la disent sous la formule « qui se ressemble s’assemble » mais pour autant la constitution d’une communauté humaine n’est pas un phénomène naturel et spontané, elle est toujours une décision volontaire. Pour rassembler un peuple, pour vivre en société, comme par exemple fonder une Nation, il ne faut pas seulement en avoir besoin, il faut en avoir envie. Nous sommes des animaux évolués, nous avons des émotions, des sentiments et même des calculs d’intérêt et tous ces mobiles sont individualisés. Pour qu’une société existe, il faut que l’être-ensemble apporte à chacun un plaisir en sus de ses bienfaits vitaux.

Avons-nous du plaisir à être des citoyens du pays français ? La réponse est évidemment oui et on peut se dispenser d’en énumérer les motifs. Sommes-nous tous semblables en tant que citoyens ? Pas du tout. Les Ch’tis, les Catalans, les Bretons, les Provençaux, les Alsaciens, … les Auvergnats, ne revendiquent-ils pas chacun leur différence locale? Oui ils y tiennent à leurs caractéristiques ethniques mais ce qui les réunit tous est le respect et l’admiration mutuels. Alors l’explication rationnelle de leur communauté nationale est que leurs ressemblances ont été jugées plus importantes que leurs différences.

Cet être-ensemble accepté produit alors un phénomène sociétal paradoxal : le fait que ces différents provinciaux se sentent français, au lieu de gommer les singularités, au contraire les valorise. L’accent local, les traits de mentalité, les mœurs, les coutumes, sont l’objet d’une agréable contemplation et même de ravissement. Autre caractéristique, mineure mais très importante pour nous Français, les spécialités culinaires – les moules/frites, le cassoulet, le bar sauce beurre blanc, la bouillabaisse, la choucroute garnie- ne sont pas une concurrence mais un festival de diversité jouissive. Quand nos ressemblances nous unissent, nos différences nous procurent un enchantement commun. Et on peut alors passer à l’échelon supérieur : l’union des Nations.

Alors quid des Angliches me direz-vous, car tel est bien  le sujet proposé ? Ils sont objectivement des Européens et ils ont constaté naguère qu’en cela ils ressemblent à tous les autres nationaux du continent, alors ils ont consenti à faire partie de l’U.E. pour définir et appliquer telles et telles politiques d’intérêt commun. Mais ils ont tenu à marquer leur différence – qu’on peut soupçonner d’être considérée par eux comme une supériorité, mais glissons – par exemple en refusant l’euro afin de conserver la livre sterling, ou en manifestant beaucoup de résistance à la participation au budget commun (cf. Mme Thatcher en 1979 réclamant un rabais de contribution). A une certaine hauteur de vue, on peut dire que les Anglais n’ont participé à l’Europe que pour ne pas être exclus de ses bénéfices.

L’Angleterre est une ile, c’est un facteur objectif de différence (Cf. la Corse et sa fort contestable revendication d’autonomie) et à cette différence, elle y a toujours tenu. Par exemple, elle a adopté le christianisme mais à condition que ce soit par une église anglicane. Autre exemple elle a inventé la démocratie mais elle a conservé la Chambre des Lords et, pis que tout une Reine, comme autorité suprême ! Oui, les Anglais sont majoritairement pour la préservation de leur différence. Et encore faut-il souligner que même dans leur ile, ils ont eu du mal à rassembler les autres ethnies, en particulier les Ecossais. Et de surcroît, ils ne s’affichent pas comme une nation républicaine mais comme un royaume et pour se convaincre que leur être-ensemble est un assentiment, ils appellent leur pays « Royaume-Uni », ce qui n’est pas un nom de famille mais un « lieu commun » au propre et au figuré.

Nous membres de l’U.E. soyons tolérants et patients et laissons le temps à ces insulaires de prendre conscience de leurs ressemblances avec les continentaux d’Outre-Manche. Et s’ils en bavent un peu sur le plan économique, ce sera une bonne incitation à rejoindre la famille européenne et sa chaleur communicative.

A propos de Mathieu-Robert Jourda

Président d’honneur et Fondateur de l’AP-A2P (Association des Praticiens de l’Analyse de la Personnalité Professionnelle), qui compte plus de 200 praticiens appliquant son œuvre théorique et pratique. Celle-ci est exposée dans les quatre tomes de « La Personnalité Professionnelle ». L’Harmattan éd.

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