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Mathieu-Robert Jourda :  » La Présidentielle », dramatique comédie, est en cours de mise en scène

Mathieu-Robert Jourda :  » La Présidentielle », dramatique comédie, est en cours de mise en scène

Une chronique de libre opinion de Mathieu-Robert Jourda : J’ai écrit, et je maintiens, que « le Politique a perdu le contrôle de l’Economique ».


Je signifie par là qu’aujourd’hui ceux qui se sentent une vocation pour veiller au bien de la Cité (polis) – qu’ils en soient félicités – doivent s’empoigner avec les lois (nomos) qui régissent la vie concrète de la maisonnée nationale (oikos), car tel est le problème essentiel à résoudre en temps de paix : le peuple veut du bonheur matériel pour tous et le plus équitablement réparti. Les hommes politiques prétendent maîtriser intellectuellement ces lois naturelles mais aucun d’eux n’a jamais fait d’analyse des phénomènes ni, à plus forte raison, la démonstration de sa validité. Ils se contentent tous de proposer des mesures censées faire fonctionner l’Economie pour le bien de tous. Il existe certes des économistes diplômés mais aucun d’eux n’est devenu homme politique, si tant est que leur théorie soit convaincante : même le Prix Nobel Jean Tirole n’a pas fait école chez nous.

Naguère les partis politiques nourris de principes de nature plutôt philosophique qu’économique à proprement parler, opéraient une forme de sélection naturelle qui portait à leur tête le meilleur d’entre eux. L’homme choisi était donc un grand personnage effectif ou potentiel. Aujourd’hui une concurrence interne a été organisée : ce sont les « primaires ». Ce procédé permet à tous ceux qui sont convaincus d’avoir la compétence pour diriger le pays d’annoncer leur candidature à la Présidence avec le programme des mesures préconisées.

On pourrait se féliciter de cette innovation à cause de son esprit démocratique : on va pouvoir juger les prétendants à la direction de l’Etat. Mais personne n’est capable, et surtout les auteurs des propositions, d’apporter la preuve que celles-ci sont LA solution. Autrefois il suffisait d’étiqueter « de droite » ou « de gauche » les programmes pour que les électeurs fassent leur choix, car le corps électoral se partage profondément en conservateurs-libéraux d’une part et demandeurs de protection sociale d’autre part, les deux clans demandant la même chose : le bien-être économique. Lors de la « primaire » on entendra une vingtaine de projets de gouvernement et personne ne pourra dire s’ils sont de gauche ou de droite et surtout personne, à part le candidat, ne pourra augurer de leur efficacité. Car l’Economie n’est pas régie par le Politique, elle a ses mécanismes naturels et ceux-ci sont actionnés par la subjectivité humaine individuelle et collective et non pas par la logique, comme les autres phénomènes étudiés par la science.

L’échec évident de la pensée politique a produit un délitement des options droite-gauche. Par exemple, autrefois tous les ouvriers votaient à gauche et tous les bourgeois à droite. Le plus grave est que l’électorat ayant constaté l’impéritie des élus sur le plan économique, a imaginé, lui, les bonnes solutions : la sortie de l’U.E., l’arrêt de l’immigration, l’instauration de taxes douanières, et la lutte contre la fraude fiscale. Seul le Front National préconise ces solutions et on peut donc prédire un grand succès à la femme politique qui les incarnera.

Bien sûr la Gauche officielle ne présentera qu’un seul candidat et la Droite officielle aussi, mais il y aura certainement des dissidences. On peut citer les noms de Montebourg et Mélenchon à gauche et peut-être bien à droite ceux de Kosciusko-Morizet pour cause de parenté avec Hillary, de Le Maire pour brillance intellectuelle, de Copé pour réparation d’injustice. Les autres partis voudront aussi être représentés, par exemple les Verts avec Duflot. En outre le volontairement marginalisé Emmanuel Macron jouera probablement sa carte personnelle. Ces insoumis n’auront pas plus la solution économique que les officiels, et nous aurons alors le spectacle d’une comédie humaine dramatique parce que son issue, l’élection d’un Président, quel qu’il soit, ne sera pas celle du tant attendu sauveur de l’Economie française.

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