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Mathieu-Robert Jourda : L’argent, ah l’argent… !

Mathieu-Robert Jourda : L’argent, ah l’argent… !

Ce que nous avons en commun dans le lieu où nous vivons, c’est que nous avons tous besoin d’argent. C’est ce qu’on appelle un lieu commun, ou si vous préférez, un cliché, un poncif, on peut même dire un souverain poncif.


Je dis ça parce que François,.. pas Hollande, non, le souverain pontife, qui est plein de sollicitude envers les pauvres est lui-même obligé de recourir à des moyens pas très catholiques pour avoir les fonds nécessaires pour ses œuvres de charité. Tout le drame est là : si on veut faire le bien sur une grande échelle, déjà que c’est périlleux, il faut avoir beaucoup d’argent, et le plus souvent la fortune possédée ne suffit pas, alors il faut la récolter sur les lieux de production. Ces lieux il faut d’abord les connaître, ensuite pouvoir y accéder. Je suis bien placé pour en parler puisque, vous le savez, je suis candidat à la Présidence de la République, je vous livre mon programme régulièrement dans ce journal et j’ai encore bien des choses à vous dire, mais bref, je suis confronté à mon absence totale de talent de sourcier.

Mais parlons quand même de ma candidature. Aux débuts de ma carrière – c’était dans le monde de l’entreprise, et c’est bien pourquoi, j’en profite ici pour vous en faire part, disons même en faire la publicité, et, chouette, elle est gratuite – à mes débuts donc, j’ai présenté ma candidature à différentes entreprises. Avec mes diplômes, j’ai suscité assez facilement et rapidement de l’intérêt, et des industriels ont bien voulu me donner de l’argent, m’en donner je le précise, moins pour mon savoir technique que pour le chiffre d’affaire que j’étais capable de déclencher. Aujourd’hui, je fais la même proposition : je suis, mon C.V. en témoigne, capable de contribuer puissamment au développement économique de notre pays, alors je dis engagez-moi, vous verrez que je vous apporterai ce que j’ai promis.

L’ennui, c’est qu’une telle candidature coûte beaucoup plus cher que l’envoi d’une dizaine de lettres et de coups de fils. Bien sûr il y a les réseaux sociaux, je sais, je connais, je suis sur Viadeo et Linkedin, mais personne n’y va pour trouver un Président, et même, je ne sais pas si vous l’avez constaté, vous n’y rencontrez que des gens qui ont quelque chose à vous demander et rarement quelque chose à vous offrir. Donc il faut que je me crée un réseau qui crie unanimement et très fort : c’est vous qu’on veut Mathieu-Robert ! Et pour le créer il faut de l’argent, beaucoup d’argent.

J’ai observé mes concurrents pour voir comment ils s’y prennent côté finance. J’ai regardé surtout Macron, d’abord parce que, comme moi, il n’est pas un homme politique de profession, et surtout parce qu’il a su faire la quête auprès de gens qui ont cru en lui. Comme mon programme me semble beaucoup plus riche, solide et convaincant que le sien, j’ai pris confiance. Mais ce qui me manque, c’est la notoriété préalable, ça crève les yeux, alors il faudrait que je trouve des financements chez mes proches. L’exemple de l’autre François m’a donné des idées : je pourrais peut-être tirer des revenus de ma femme.

Halte-là, si vous pensez que je vais la prostituer, s’il vous plait, écartez ce soupçon intolérable, non, je pense uniquement à son épargne. Car elle travaille, elle, un vrai emploi, correctement rémunéré, donc si le Canard enquête sur la propreté des fonds récoltés, il constatera notre droiture (droiture pas au sens politique). Sera-ce suffisant ? Je crains que non, car figurez-vous que dans notre milieu on vous demande une prestation de services de haut niveau pour beaucoup moins que 7 900 € par mois.

Ma tentative, c’est pas gagné (si l’on peut dire) surtout que ma laïcité viscérale exclut que je puisse jouer le bon Samaritain approuvé par l’église chrétienne, mais peut-être que ma foi en les valeurs républicaines convaincra le peuple que je peux le bien servir.

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Une rubrique de libre opinion du Journal de l’éco

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