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Mathieu-Robert Jourda : Moi, candidat à la Présidence de la République, je lance à notre peuple un avertissement 

Mathieu-Robert Jourda : Moi, candidat à la Présidence de la République, je lance à notre peuple un avertissement 

Une chronique de libre opinion de Mathieu-Robert Jourda : Vous êtes depuis quelques décennies super informés sur tous les sujets de société et, munis de ce savoir en mémoire, vous croyez être devenus intelligents. Certes vous n’êtes plus dans l’état de dépendance intellectuelle où se trouvait votre arrière-grand-père paysan du fin fond du Cantal se contentant du revenu garanti apporté par quinze vaches Salers, mais l’économie s’est complexifiée beaucoup plus vite que vos moyens de compréhension, au point que même les économistes dotés d’un Prix Nobel avouent ne pas pouvoir maîtriser le sujet, alors qu’ils déplorent comme vous les injustices sociales provoquées par le système. Alors comment pouvez-vous croire ces hommes politiques soi-disant détenteurs des bonnes solutions ?


Les professionnels de la Politique – car, depuis les mêmes décennies, c’est bien un métier qu’est devenue la représentation du peuple, alors qu’autrefois elle était assumée par une élite, c’est-à-dire les meilleurs d’entre nous sur le plan technique et moral – ces gens donc qui ont comme métier de faire la loi exploitent votre appétit de savoirs en vous présentant des solutions qui sont faciles à comprendre et dont ils vous garantissent le bien-fondé sur le plan de l’efficacité. La dernière évolution de la Politique politicienne est de vous présenter des projets d’action qui ne s’inscrivent ni dans l’idéologie de gauche ni dans l’idéologie de droite, bousculant même les croyances purement économiques que l’on supposait intouchables par sécurité. C’est ainsi que Alexis Tsipras a prétendu sauver l’économie grecque, que Pablo Iglesias a soutenu que le plein emploi des Espagnols « nous le pouvons » (podemos) et que Matteo Renzi a promis qu’il ferait mieux que Berlusconi pourtant dénué de complexes. Patatras, non seulement ça ne marche pas, mais ça contraint ces leaders à l’abandon du pouvoir, et pour Renzi sous forme de démission pure et simple. Quel camouflet !

Comment s’appelle cette ligne politique ni gauchère ni droitière ? Elle s’appelle le populisme. Les populistes proposent de retirer l’appareil d’État des mains de ces élites issues des partis traditionnels, de ces hommes égoïstes, voire criminels, pour le « mettre au service du peuple ». Chez nous en France, c’est un peu plus compliqué parce que nous sommes un peuple imprégné de culture, et justement c’est cette culture qui colore notre intelligence appliquée à la vie économique : ainsi nous venons de choisir Fillon à cause de sa sagesse issue de sa culture catholique et bourgeoise, nous nous intéressons à Montebourg pour son attitude professorale et à Hamon pour sa rationalité patente, nous estimons Valls pour sa naturalisation gauloise enthousiaste et son désir de servir le pays, nous écoutons Mélenchon pour son talent de bousculeur des idées. Mais ces gens s’affichent clairement de droite ou de gauche, or nous avons des doutes sur la pertinence de ces inspirations idéologiques.

Alors voilà que surgit un personnage neuf, un politique indépendant, qui a eu le culot, à 37 ans de s’afficher, lui, capable de diriger l’économie française et qui a snobé notre Président alors qu’il n’a aucun diplôme dans ce domaine et que son savoir acquis provient de la finance experte en exploitation des richesses et non pas en leur création. Donc nous l’avons notre Tsipras, notre Iglesias, notre Renzi et il nous dit « En marche », sans même craindre que les électeurs interprètent qu’il veut les faire marcher ! Et de surcroît le voilà en exaltation paroxystique, tel un prophète qui a rencontré Dieu !

Tous ces prétendants au pouvoir, vous pouvez les mettre tous dans le même panier : ils sont des populistes, ils proposent des solutions qui appellent au bon sens populaire et à la simplicité et qui sont présentées comme applicables immédiatement et émanant d’une opinion publique unanimement consentante. Les populistes critiquent généralement les milieux d’argent ou une minorité de profiteurs, d’accapareurs ou d’exploiteurs. Ils promettent de préserver la richesse de la classe moyenne et de faire des aumônes convenables aux défavorisés selon un pourcentage variable lié à la filiation de gauche ou de droite de l’élu. Parmi eux, le nouveau venu Macron a un atout extraordinaire : il laisse augurer qu’il mettra la Finance dans sa poche. Ça pourrait payer (sur le plan électoral s’entend).

Vous vous étonnerez sans doute que je ne cite pas Marine Le Pen mais c’est une populiste, vous le savez bien, alors elle est la plus ancienne et la plus convaincue, et tous les autres candidats vont essayer de démontrer qu’ils sont de meilleurs populistes qu’elle, meilleurs parce que leurs solutions sont plus astucieuses, plus fines, plus bien-pensantes, plus en phase avec notre culture qui comporte beaucoup de morale.

Moi je me contente de vous promettre le travail pour tous et encore je ne vous assure pas que ce sera pour tout de suite. Je vous en dirai plus la prochaine fois. Vive quand même la République !

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