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Mathieu-Robert Jourda : Notre République a besoin juridiquement et moralement d’un Président

Mathieu-Robert Jourda : Notre République a besoin juridiquement et moralement d’un Président

Une chronique de libre opinion de Mathieu-Robert Jourda : Notre République a besoin juridiquement et moralement d’un Président, or j’ai assisté, à la télévision, en ce premier soir de printemps, à un concours de Premiers Ministres.
L’organisation du débat, techniquement impeccable, avait instauré de facto cet enjeu de niveau secondaire, ce qui confirme que notre peuple désespère d’être dirigé par un vrai prince, c’est-à-dire par l’homme le plus noble du pays, comme notre histoire en est émaillée. Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de « Libération » écrit quelques heures après : « Les électeurs ont devant eux un choix ouvert, clair, argumenté, qui risque d’être décisif pour l’avenir du pays ».


En effet, telle est bien la situation : nous allons pouvoir choisir un programme parmi onze propositions, onze programmes dans lesquels on reconnait à peine les différentes doctrines de parti, à l’exception de celle du FN. Nous n’élirons pas un Président de la République mais le meilleur patron de l’entreprise France, façon Arnault, Ghosn ou Tavares.

La candidature la plus symptomatique du désaveu des partis est celle de Macron : ce jeune homme n’a fait aucun parcours politique, ni comme élu, ni comme apparatchik, il est un de ces diplômés des grandes écoles qui postulent pour un emploi de cadre dirigeant parmi d’autres, il avait récemment convaincu François Hollande de l’embaucher, au gouvernement il avait fait ses preuves en économie interne, il cherche maintenant un employeur de plus haut niveau, il veut faire carrière comme tout le monde.

Il a saisi une opportunité historique : la faillite des doctrines de parti face aux exigences actuelles des populations en matière de bien-être matériel. Car les humains du 21e siècle veulent que leur Nation, grâce au progrès technique qu’elle a réalisé, leur apporte du bonheur de vivre, sous forme de jouissance de la richesse collectivement acquise et non plus de satisfactions intellectuelles et émotionnelles, et moins encore de perspectives de récompenses célestes. Quand on pense qu’il y a un siècle tout juste, 1,4 millions de français, soit 27 % des 18-27 ans, sont morts pour la « Patrie », sous l’égide de Clemenceau, on mesure la nature et la dimension de cette évolution des esprits et la discordance actuelle de la pensée politique classique par rapport aux aspirations du peuple. Emmanuel Macron incarne cette mutation des besoins existentiels.

Marine Le Pen se distingue de tous les autres candidats : elle parle de la France et non pas des Français, elle veut une France « libre, sûre, prospère, juste, fière, puissante et durable », elle dit que c’est possible, oui c’est possible puisqu’on l’a eue naguère. En ce sens elle nous propose une nouvelle guerre de 14-18 : derrière nos frontières entièrement équipées Maginot, à l’instar de Trump et de ses murs physiques et économiques, nous jouirons des fruits de notre génie national. Un tiers des Français fiers de l’être et désireux de plus de richesse ou de sa garantie, déçus voire écœurés par les politiciens contemporains, sont prêts à soutenir ce retour aux sources du bonheur national.

C’est dommage que cette première confrontation n’ait pas convié Arthaud, Asselineau, Cheminade, Dupont-Aignan, Lassalle et Poutou, concurrents tout aussi valables pour le poste. A l’exposé de ces onze propositions de Premier Ministre, on aurait mieux compris quel genre d’épreuve est cette course à la Présidence : qui a la meilleure idée pour déclencher le bonheur économique ? Et on aurait mieux pris conscience que le Politique a perdu le contrôle de l’Economique et qu’il faut élire un Président qui ait non pas la meilleure solution immédiatement applicable mais la plus grande capacité à constituer et diriger une équipe de cadres au service de l’entreprise France.

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Une chronique du Journal de l’éco

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