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Au sommet du box office des tabous sur le cancer : le sexe ! par Valérie Sugg

Au sommet du box office des tabous sur le cancer : le sexe ! par Valérie Sugg



On le sait bien, parler du cancer en 2017 demeure un sujet encore très sensible et les tabous sont nombreux autour de ce que l’on appelle le plus souvent « une longue maladie ». Toutes les personnes atteintes d’un cancer ou qui l’ont été aimeraient que l’on parle plutôt du « cancer » sans le murmurer ni l’éviter, comme on parle ouvertement d’autres maladies potentiellement mortelles et par respect pour ces combattants qui gagnent, de plus en plus souvent, ce difficile combat.

Le cancer fait peur, c’est une évidence. A peine le mot est-il prononcé que beaucoup l’associent à la mort comme si les traitements n’avaient pas évolué depuis Marie Curie. Alors, oser parler de sexualité et en associant ce mot avec « cancer », cela engendre une matière quasi explosive devant laquelle certains seraient même tenter de se signer. Le vade retro satanas n’est pas bien loin et pourtant, pourquoi ne serait-il pas possible d’évoquer cette « petite mort » chère à Verlaine.

Il y a urgence à sortir de ce tabou qui rendrait asexués les êtres touchés par la maladie.

Comme si ce n’était pas déjà assez difficile à vivre, comme si la maladie réduisait la personne à l’organe malade en oubliant qu’il y a un être humain autour.

Côté médical, la question ne fait que surprendre, interroger, choquer parfois comme si, dans le combat contre le cancer, la sexualité était une option facultative… à négliger. N’ayant reçu aucune formation à ce sujet durant leur spécialisation, les médecins se disent peu armés pour aborder le sujet. Mais ce qui semble émerger dans les discussions c’est surtout qu’ils n’en voient pas l’intérêt, c’est largement secondaire, voire complètement déplacé, « On n’a pas que ça à faire » s’insurge le Dr Knock. Ça me rappelle le Petit Prince qui interroge le Businessman en train de compter les étoiles : « Le businessman: « J’ai tellement de travail, Je n’peux pas m’amuser, avec toutes ces balivernes […]. Tu n’dois pas me déranger, deux et cinq font sept, je suis un homme sérieux. » Les médecins sont des gens sérieux. Leur objectif est avant tout de soigner, guérir, de mettre tout en place en bons guides de haute montagne pour que chacun parvienne au sommet du cancer et y plante le drapeau de la victoire. Que la sexualité des patients reste au camp de base pendant qu’ils continuent leur  ascension, la plupart ne voient pas où est le souci !

Maude s’interroge, « Je me sens comme asexuée face aux médecins, aux équipes, comme si je n’étais que mon cancer. Même si effectivement ma préoccupation majeure est celle de ma guérison, j’ai aussi envie, besoin d’une sexualité épanouie. La libido serait-elle uniquement l’apanage des blouses blanches ? Une chasse gardée dont on serait exclus ? On n’y aurait plus droit, nous, les malades ? »

Il arrive bien entendu que l’annonce du cancer ait effectivement relégué la libido de la plupart des malades sur une étagère du garage, entre les dessous affriolants et les tenues de sport, mais pas si sûr. Même si , au cours de leurs traitements, les personnes n’ont pas forcément pour objectif de mettre en pratique « 50 nuances de Grey » ils sont en droit de vous poser des questions sur leur sexualité possible ou non, sur des aspects pratiques qui peuvent les intéresser ou les préoccuper comme Fanny « Je sais pas si je peux avoir des relations sexuelles pendant la chimio ou si ça peut être dangereux pour mon ami ». Xavier s’inquiète « Est-ce que la radiothérapie pour mon cancer du rectum peut m’empêcher d’avoir des érections ? Est-ce que c’est dangereux pour ma femme ? Je peux l’irradier ? » Anna doute : « Je n’ai plus de désir en ce moment, j’ai peur que mon mari aille voir ailleurs ».

Tant de questions liées au sexe, au couple, à l’amour.

C’est normal de se poser des questions à propos de sa sexualité, non ? La sexualité c’est la vie. Ce qui l’est moins c’est qu’il soit si difficile d’aborder le sujet lors des consultations avec l’oncologue. En général, si le patient ne l’évoque pas, quand il a des questions à ce sujet, c’est qu’il n’ose pas, lui ou elle et/ou son conjoint, soit parce que ce n’est pas le bon moment s’il s’agit d’une consultation d’annonce ou un nouveau médecin soit parce que le médecin est entouré, débordé, pressé et que le malade n’ose pas le déranger. Ce qu’en dit Émilie, comme beaucoup d’autres c’est surtout : « Je n’ai pas osé aborder le sujet, car le médecin n’en a pas parlé. J’ai eu peur qu’il me prenne pour une obsédée sexuelle. C’est peut-être pas normal de penser à ça alors qu’on parle de mon cancer. Je ne sais pas, je me demande comment font les autres… » et elle rit, un peu gênée. Pour les conjoints, difficile aussi d’oser en parler alors que le médecin évoque le traitement, la chimio, les rayons…. Délicat de demander alors s’il est possible de continuer les rapports sexuels ou pas comme Gérard qui dit « J’aurais eu l’air de quoi ? On parle du cancer de ma femme, comment je peux demander au toubib si on peut faire l’amour même pendant la chimio ? Je passerais pour un grand délinquant sexuel non ? » Et pourtant, la sexualité c’est être vivant c’est ressentir des émotions, du plaisir, du désir. C’est bien pour cela que chacun a besoin de pouvoir en parler, parce que c’est la vie.

Après la fin des traitements, quand enfin le cancer semble s’éloigner il demeure encore souvent des effets secondaires des traitements, un traitement hormonal complémentaire, de la fatigue et il faut du temps pour se retrouver, refaire alliance avec ce corps qui est tombé malade, qui a aussi souffert et qui parfois en a gardé des traces : tumorectomie, ablation d’un sein, cicatrices physiques, psychiques. Pour certains la sexualité va être un refuge, un moyen de retrouver du plaisir, de se donner de la douceur, de ressentir un bien être parfois oublié du fait des traitements invasifs. Pour d’autres, pour beaucoup d’autres la sexualité prendra du temps parce qu’il y a une autre priorité, retravailler, reprendre ses responsabilités sociales, familiales et faire face à la pression de la société qui répète que les traitements étant finis, c’est terminé, il ne faut plus y penser. Alors la sexualité devient souvent une option facultative dans un quotidien où il faut souvent faire croire que tout va bien.

Pourtant rien n’est simple après le cancer parce qu’il faut trouver de nouveaux repères, les cheveux et les poils repoussent, le corps se remet doucement, il va falloir apprivoiser ce corps différent, accepter le regard de l’autre, s’autoriser à ressentir du plaisir, s’autoriser à croire en la vie, en cette vie si fragile. Cela peut prendre du temps parce que l’angoisse de la récidive est là même si le médecin s’est montré rassurant et qu’avoir eu un cancer nécessite du temps pour reprendre confiance en soi, en la vie. C’est Eros qui lutte contre Thanatos et qui parvient le premier au sommet parce qu’avec ou après cette incroyable épreuve qu’est le cancer, les pulsions de vie prennent le dessus, n’en déplaise au tabou !

Valérie Sugg, Psycho-oncologue

Auteur de « Cancer : sans tabou ni trompette » aux Ed Kawa

 



Une news de Suzana biseul
publiée par suzana biseul
Contact : staunais@noos.fr


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