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Rencontre avec Catherine Simon, ambassadrice de la robotique

Rencontre avec Catherine Simon, ambassadrice de la robotique

Du 1er au 3 juillet 2015, la Cité Internationale de Lyon accueille la cinquième édition du salon Innorobo. Spécialisé dans la robotique, cet événement a pour ambition d’encourager l’industrie de la robotique à accélérer son ouverture et son développement commercial. L’occasion d’interroger la fondatrice du salon, Catherine Simon, sur sa vision des enjeux du numérique et de la robotique.


Le parcours de Catherine Simon est marqué par son intérêt pour l’innovation. Après ses études, elle entre dans le monde du jeu vidéo en 1986, et travaille au développement à l’international de ce loisir encore peu connu du grand public. Aprés 20 ans d’expérience dans cette branche, elle reprend ses études et s’oriente en psychologie des organisations pour devenir consultante auprès des start-up et PME en recherche de croissance par l’innovation.
Le lancement de la première édition du salon Innorobo en 2011 est donc le fruit de ce parcours et la mise en œuvre d’un but : faciliter le contact entre technologies innovantes et application aux process des entreprises.
C’est un regard enthousiaste mais critique, révélateur d’un monde de passionnés, que Catherine Simon nous livre dans cette interview.

 

Le Journal de l’éco : Pourquoi avoir fondé le salon Innorobo en 2011 ?

Catherine Simon : A l’époque la robotique était un sujet développé en Asie, très peu répandu aux États-Unis et quasiment absent en Europe. Avec l’un de mes clients spécialisé en robotique, nous nous sommes dit qu’il fallait mettre le sujet sur la table et promouvoir le lien entre roboticiens et entreprises. Nous avons donc fondé le Syndicat de la robotique de service, Syrobo.
Après s’être fédéré, il fallait ensuite être visible sur la place publique, d’où le lancement du premier salon en 2011.

 

Le Journal de l’éco : Spécialistes, entreprises et particuliers sont conviés à Innorobo. Le but du salon est donc de créer un milieu hétéroclite  ?

Catherine Simon : Contrairement aux salons américains, où des spécialistes s’adressent à des spécialistes, nous avons voulu créer un événement où roboticiens et entreprises dialoguent ensemble. Beaucoup de secteurs vont être bouleversés par le potentiel de la robotique, nous voulons donc favoriser les collaborations à l’international et créer un double mouvement : d’une part informer un écosystème particulier des évolutions du marché, d’autre part accélérer le développement de ces innovations sur le marché. Cette émulsion est l’une des valeurs du salon.

 

Le Journal de l’éco : Autour de quelles thématiques s’articule le salon Innorobo ?

Catherine Simon : Six grandes thématiques sont à l’honneur : le médical et la santé, l’industrie avec par exemple des robots collaboratifs permettant d’améliorer les gains de productivité, mais aussi de se décharger de certaines tâches pénibles. Nous traitons également la « field robotique », c’est à dire de la robotique de terrain, qui trouve des applications dans le monde agricole par exemple. Hormis les gains de productivité, la field robotique présente des intérêts environnementaux : au lieu de diffuser massivement des herbicides, les robots permettent une agriculture de précision.
Il y a aussi tout ce qui relève des villes et maisons « intelligentes », avec des technologies permettant de mieux maîtriser nos dépenses énergétiques, améliorer notre qualité et notre confort de vie.
Enfin, tout ce qui intègre les technologies et prospectives en lien avec l’intelligence artificielle.
Finalement, toutes ces thématiques tournent autour d’un leitmotiv : la robotique au service de l’humain.

 

La Journal de l’éco : Pouvez-vous nous en dire plus à propos des innovations au service de l’Homme ?

Catherine Simon : « Amener les innovations et technologies sur le marché pour un monde meilleur », ceci est le credo du salon Innorobo. Au même titre qu’internet a révolutionné nos vies, le numérique et la robotique ont de nombreuses conséquences sociétales. Imaginez par exemple que les mots « handicap physique » disparaissent de notre vocabulaire avec le développement et la massification des exosquelettes. Contrairement au numérique, la robotique n’en est qu’à ses frémissements, mais tend à devenir exponentielle.

 

Le Journal de l’éco : Numérique et robotique sont deux mondes à la fois indissociables et distincts, quel lien faites-vous entre ces deux domaines ?

Catherine Simon : Pour moi il s’agit d’un véritable continuum. Avec le numérique, nous avons vécu 3 phases différentes : les prémices du numérique nous ont permis de créer une vie virtuelle en parallèle de la vie réelle. A l’ère des réseaux sociaux, vies réelle et virtuelle se sont mélangées, les frontières sont devenues plus floues. Aujourd’hui grâce à la robotique, l’action du numérique s’étend au monde physique. Le développement des objets connectés en est un bel exemple.

 

Le Journal de l’éco : Quelle est votre vision de l’avenir du numérique et de la robotique ?

Catherine Simon : Nous avons besoin de mener une grande réflexion sur le monde que nous voulons construire grâce à ces technologies. Comme toute innovation, retombées positives et négatives se confrontent.
Pour ma part, je milite pour une véritable collaboration entre l’humain et le robot. Aujourd’hui nous collaborons avec notre ordinateur, qui nous permet d’augmenter notre potentiel. Il en va de même avec la robotique, notamment pour les entreprises. Par exemple avec une imprimante 3D, un artisan chocolatier peut inventer de nouvelles formes, et dépasser les contraintes techniques pré-existantes. D’un autre côté, on peut intégrer des machines aux process de métiers à fort savoir-faire en terme de gestes, et ainsi accroître la productivité tout en réduisant la pénibilité. Mais ceci n’enlève pas à l’humain la nécessité d’inventer un geste différent. Finalement robots et humains s’augmentent l’un l’autre.

 

Le Journal de l’éco : Pour finir, pourriez-vous nous décrire une innovation qui vous a particulièrement marquée cette année ?

Catherine Simon : C’est sans doute la réponse la plus difficile, tant j’aurais à dire sur le sujet ! Le robot Buddy de la société Blue Frog Robotics m’a beaucoup plu : il s’agit d’un robot de forme relativement enfantine, intégrant une tablette et des caméras. Blue Frog a essayé de développer un robot compagnon pour un prix inférieur à 1000 euros, qui a l’avantage d’être évolutif. Monté sur roulettes, on peut lui ajouter des bras pour avoir de nouvelles fonctionnalités. Il bénéficie d’un système relativement souple, qui permet à toute une communauté de développeurs de se montrer créatifs pour lancer de nouvelles applications. C’est un bon exemple de robot collaboratif, qui peut assister la personne à domicile. Ce type de robot franchit de plus en plus le pas de notre porte, pour ainsi se faire une place dans notre quotidien.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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