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Comment le Stress tue l’entreprise : un débat, une réalité !

Comment le Stress tue l’entreprise : un débat, une réalité !

Le 12 septembre 2013, Conext présente sa conférence intitulée « Comment le Stress tue l’entreprise ? » dans les locaux de la CCI du Puy-de-Dôme. Des films, des débats en présence d’un collège de chercheurs, économistes, sociologues, anthropologues, psychologues et neurobiologistes. Retour sur cet événement qui apporte un autre regard sur le Stress !
 

Photo : A gauche, Thierry Pétrequin, PDG Conext. A droite, Olivier Leyronnas, Scénariste & Réalisateur (Co-producteur et Co-réalisateur de l’événement). 


Que se cache-t-il derrière ce titre un tant soit peu provocateur ? Une réalité économique dramatique puisque le Stress coûte à notre société entre 57 et 95 milliards d’euros par an (2012). Ces chiffres semblent à peine croyables. La réalité de la détresse humaine en entreprise l’est encore plus.

Pendant près de 6 heures, un collège d’experts et de chercheurs ont partagé leur analyse et leur expérience, parfois très personnelle,  alternant visionnage d’extraits du film « Le Stress, cet ami qui vous veut du bien ? » et échanges avec le public.

Dans la salle, pas de scepticisme exprimé quant aux études et résultats présentés. Tous étaient convaincus et conscients d’une nécessité de changer de regard sur l’organisation de nos entreprises et notre société. L’objectif était bien de décortiquer une problématique identifiée sans tomber dans l’approche caricaturale. Aussi, certains n’ont pas manqué de faire remarquer que le monde de l’entreprise peut aussi être bénéfique.

Le Stress avec une majuscule n’est pas un signe anodin. La volonté est bien d’en faire un personnage à part entière afin de l’analyser sous toutes ses coutures, de le comprendre et de le destituer.

D’abord défini comme une réaction chimique liée à notre instinct de survie pour adapter notre comportement en cas de danger immédiat, le Stress apparaît comme un mécanisme salutaire sur du court terme. Comment passe-t-on du bénéfice à la toxicité ? Comme toujours, par abus et usage inapproprié.

Longtemps considéré comme carburant pour atteindre des sommets de performance, les experts du monde entier s’accordent aujourd’hui pour dire que cette approche est un leurre. Une nouvelle fois, comme à l’égard de tant d’autres choses, l’Homme a détourné un processus bénéfique et l’a dénaturé pour l’utiliser à mauvais escient.

Après des rappels scientifiques et historiques sur les origines du Stress arrive l’éclairage économique. Quantophrénie ou frénésie du chiffre à tout va, gestionnisme ou volonté totalitaire de contrôle sont des notions nouvelles qui expliquent comment notre société en est arrivée à ce niveau de souffrance et de dérèglement.  La corrélation entre course à l’argent effrénée (actionnariat), prise d’anxiolytiques et mal être au travail est aujourd’hui scientifiquement prouvée.

Alors qu’attendons-nous pour changer  s’interrogent les membres de l’assistance ? L’être humain est ainsi fait. Une fois pris dans un mode de fonctionnement, il est extrêmement difficile de s’en extraire alors même qu’on s’aperçoit de ses travers, de ses limites, de son obsolescence et du danger dans lequel il nous plonge.

Une fois le décor planté, place au florilège des conséquences du stress : démotivation, absentéisme, présentéisme… et dans les cas les plus désespérés : le suicide. Le monde du travail met à rude épreuve les hommes et n’épargne pas les dirigeants qui pourraient aisément être assimilés à des bourreaux. En effet, cette réalité de souffrance ne les oublie pas. Un chiffre terrible est annoncé : chaque jour 2 chefs d’entreprise de PME mettent fin à leurs jours, soit 750 personnes par an.

La réaction de notre système laisse perplexe l’auditoire. Ne sachant pas endiguer le phénomène à la source, il est plus facile de renvoyer aux salariés leur propre incompétence et les qualifier de « malades ». Ils sont noyés dans leur culpabilité de ne pas répondre aux critères exigés dans une quête d’idéal qui ne leur appartient pas et dont ils ne perçoivent plus les retombées bénéfiques.
Constater est une chose, agir en est une autre. Sans action ou réaction nul changement ne peut être initié.

Le collège d’experts s’accorde pour dire que cette situation n’est pas une fatalité. Des pistes sont proposées afin de donner aux dirigeants des outils les incitant à provoquer une rupture, à être en mesure de se réinventer.

• Redonner  du sens à l’action et au travail
• Favoriser le collectif et les dynamiques de groupe
• Inciter la créativité, reconnaître et accepter le droit à l’erreur
• Réguler les actions de contrôle et faire confiance
• Donner le droit à l’expression
• Oser exprimer ses convictions. Seuls les idéaux, les rêves ont assez de force pour bouleverser l’ordre établi.

Devant ces nouveaux chemins à défricher, les pionniers ne peuvent être que les dirigeants. Piliers de l’organisation, ils sont le levier de changement pour créer une nouvelle rentabilité.

Au regard de l’importance de ce phénomène de société, l’idée portée par le collège de chercheurs est de largement diffuser et communiquer sur le film réalisé ainsi que les solutions proposées. En ce sens, le Journal de l’éco, déjà partenaire de cette première édition, renouvelle son soutien en organisant une seconde conférence le 4 décembre prochain.

Collège d’intervenants-chercheurs dans le film “Le Stress, cet ami qui vous veut du bien ? ” et dans la conférence :

– Jean-Claude CASALEGNO (Professeur Consultant en Management, FBS Campus de Clermont)
– Thomas COUTROT (Économiste – Spécialiste des Questions du Travail)
– Philippe DAVEZIES (Enseignant–Chercheur en Médecine et Santé au Travail, Université Claude Bernard, Lyon 1)
– Khalid DJERIRI (Médecin du Travail, Institut de Médecine du Travail, Faculté de Médecine, Université d’Auvergne)
– Vincent de GAULEJAC (Sociologue – Directeur du Laboratoire de Changement Social, Université Paris Diderot – Membre Fondateur de l’Institut International de Sociologie Clinique)
– Anne GOLSE (Sociologue – Enseignant Chercheur, Université Caen Basse Normandie – Centre Etudes Recherches sur les Risques et les Vulnérabilités (CERReV))
– Marie-Hélène MALANDAIN (Sociologue – Spécialiste de la Souffrance Psychique)
– Renaud MULLER (Anthropologue – Psychosociologue – Enseignant-Chercheur en Gestion)
– Olivier TORRES (Président de l’Observatoire AMAROK – Professeur, Titulaire de la Chaire de Santé des Entrepreneurs, Université Montpellier 1 – Chercheur-Associé, EM Lyon)
– Georges TREPO (Professeur Émérite, HEC Paris)
– Philippe TROUVÉ (Directeur de la Recherche, FBS Campus de Clermont – Chroniqueur au Monde &Eacute

;conomique & Entreprise)



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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