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Philippe Trouvé : Les conséquences de l’individualisation dans le monde du travail

Philippe Trouvé : Les conséquences de l’individualisation dans le monde du travail

Les méthodes de gestion des ressources humaines tendent à individualiser de plus en plus les performances du salarié. Du fait de son isolement, l’individu peut à terme souffrir d’un stress chronique et contreproductif pour la structure. Selon Philippe Trouvé, ancien directeur de la recherche, fBS Campus de Clermont et nouvellement directeur scientifique au Centre d’études et de recherches sur les qualifications, les entreprises devraient miser sur le collectif.


« Comment pouvons-nous réguler les effets du stress générés par l’autonomie et l’indépendance des travailleurs ? » : Philippe Trouvé, ancien directeur de la recherche, fBS Campus de Clermont et nouvellement directeur scientifique au Centre d’études et de recherches sur les qualifications, lance le débat. Les formes d’organisation dites « managérialistes » (1) auraient  leur part de responsabilité : « Les travailleurs sont de plus en plus amenés à réaliser des activités gestionnaires qui ne correspondent pas à leur cœur de métier. N’étant pas dotés des connaissances pour effectuer ces tâches de gestion, les salariés se sentent démunis et se retrouvent dans des situations d’incompétence. Dans ce cadre-là, nous pouvons parler de « déprofessionnalisation » qui constitue un facteur de stress au travail très important. »

Au regard de ses recherches, Philippe Trouvé analyse des modèles d’utopies sociales instaurés dans des entreprises. « Des entreprises comme Godin, Olivetti, Hervé et Favi ont essayé de repenser l’entreprise, non plus comme une société d’intérêt financier, mais comme une communauté. Ce mode d’organisation implique des formes de fonctionnement plus démocratiques qui laissent finalement plus de place aux décisions collectives ainsi qu’à un élargissement du système de représentations des travailleurs. Ces sociétés ont clairement montré le lien qui peut exister entre performance économique et qualité de vie au travail. ». Pionnières en termes de modes d’organisation démocratiques, ces entreprises reposent sur un « actionnariat raisonnable » qui ne se cantonne pas au court-termisme.

Selon Philippe Trouvé, les entreprises ont tout intérêt à jouer collectif en développant le sentiment d’appartenance au sein de leurs équipes. « Plutôt que d’individualiser les salariés, de stimuler leur productivité par des primes individuelles, il faut mettre l’accent sur la performance collective. C’est la base communautaire de l’entreprise qui va protéger le salarié d’une mise en incompétence. »

La conférence CONEXT pour aider les dirigeants à se réinventer

Thierry Pétrequin, organisateur de la conférence « Comment le stress tue l’Entreprise ! » qui se tiendra le 4 décembre 2013 à Clermont-Ferrand, s’est entouré de Philippe Trouvé et de 10 chercheurs. Tous souhaitent éveiller les esprits sur l’ampleur du stress au travail et ses effets néfastes tant sur les organisations que sur l’Homme. « Je pense que c’est une très bonne initiative car les entreprises se trompent lorsqu’elles pensent gérer le stress au travail. Elles s’orientent plutôt vers des perspectives curatives alors qu’elles devraient s’intéresser aux solutions préventives. De la même façon, leurs références correspondent à des formes de gestion individualisée alors qu’il faut plutôt se centrer sur le collectif. ».

Un publi-rédactionnel du Journal de l’éco
Catty Tavel

(1) « Managérialisme : pathologie organisationnelle qui repose sur la mise en place d’une pléthore d’outils et d’instruments de contrôle du travail qui déplace le salarié de son métier de base »

En savoir plus : www.conext-intl.com

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Publi-rédactionnel

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