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Olivier Torres : « Diriger une PME ce n’est pas de tout repos mais c’est bon pour la santé… »

Olivier Torres : « Diriger une PME ce n’est pas de tout repos mais c’est bon pour la santé… »

Si le stress au travail n’épargne personne, la majorité des études limite la recherche au seul stress subi par les salariés. Mais qu’en est-il du stress des dirigeants ? Réponse avec Olivier Torres, président de l’observatoire Amarok, titulaire de la Chaire de Santé des entrepreneurs, Université de Montpellier et professeur-associé, EM, Lyon.


« Je n’ai pas le temps d’être malade ». Les dirigeants de PME, professions libérales, artisans et commerçants tiennent souvent ce discours. Au vu de la petite taille de leur entreprise, leur absence aurait forcément une incidence sur leur organisation. C’est pourquoi leur travail passe avant leur santé. Ce déni et le déficit de services de santé expliquent le manque de connaissance sur la santé des chefs d’entreprise (1). Parti de ce constat, Olivier Torres créé l’observatoire Amarok en 2010 avec trois antennes à Montpellier, Osaka (Japon) et Fribourg (Suisse). « On s’est beaucoup intéressé à la santé au travail du salarié mais pas à celle des chefs d’entreprise, professions libérales, artisans et commerçants. Aujourd’hui, l’observatoire Amarok suit une cohorte de 440 chefs d’entreprise dans toute la France. Sur la base d’entretien téléphonique et d’un questionnaire que l’on a conçu pour avoir des objectifs scientifiques, nous les interrogeons tous les deux mois sur leur santé et sur leur travail. Si l’on arrive à leur faire prendre conscience de cela, ils pourront changer leurs comportements – par exemple, veiller à la qualité de leur sommeil –. ».

Stress permanent, surcharge de travail, incertitude du carnet de commandes et solitude face aux décisions tels sont les facteurs de stress prédominants chez les dirigeants. « Il existe une « positivation » du stress dans le discours patronal. Les dirigeants déclarent « j’ai besoin de stress » alors que des études démontrent que le stress est pathogène quand l’individu est exposé sur le long terme. Ce qui les sauve en quelque sorte c’est qu’ils ont le sentiment de maîtriser leur destin. Dans le système de croyance des entrepreneurs, il y a également l’optimisme et l’endurance. Ces trois variables sont des facteurs « salutogènes », des facteurs qui sont bons pour la santé.».

Olivier Torres distingue deux formes de stress : le stress subi – l’individu ne peut pas y échapper – et le stress choisi – l’individu se provoque un stress. « Le modèle de Karasek démontre que le stress choisi est relativement moins pathogène que le stress subi, car il y a un effet modérateur : le job satisfaction (2). Les dirigeants subissent moins fortement le stress que leurs collaborateurs car ils sont très souvent sur des postures de stress choisi contrairement au salarié qui, lui, subit davantage le stress car le contrat de travail crée un lien de subordination. En d’autres termes, plus la latitude décisionnelle est importante, moins la pression psychologique sera forte. »

 « Comment le Stress tue l’Entreprise ! » : les chercheurs exposeront les solutions pour pallier ce phénomène de société le 4 décembre 2013 à Clermont-Ferrand

Olivier Torres a rejoint le collège des 11 chercheurs réunis par Thierry Pétrequin pour présenter la conférence « Comment le Stress tue l’Entreprise ! ». Objectif : sensibiliser au stress dirigeants et managers en tant qu’individus et en tant que meneurs d’hommes. « L’action menée par Thierry Pétrequin et Olivier Leyronnas est une très belle initiative parce qu’un dirigeant plus sensible à son stress sera plus sensible au stress vécu par ses salariés. C’est un jeu gagnant-gagnant où il ne s’agit pas d’opposer le patron et ses salariés mais justement de créer des conditions d’intérêt commun. ».

(1) Dans cet article, la notion de « Chef d’entreprise » regroupe les dirigeants de PME, professions libérales, artisans et commerçants.
(2) Job satisfaction ou satisfaction au travail

 

Un publi-rédactionnel du Journal de l’éco
Catty Tavel

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Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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