webleads-tracker

Formation, éducation

Entreprenariat et université : l’alliance de la carpe et du lapin ?

Entreprenariat et université : l’alliance de la carpe et du lapin ?

Il est de bon ton par les temps qui courent de disserter sur l’art et la manière de sensibiliser et former nos étudiants aux bienfaits et aux vertus de l’entreprenariat, tout en étant persuadés que les seuls élus à ce panthéon, autrefois si décrié par les universitaires, sont les élites les plus diplômés disposant d’une intelligence à forte dominante abstraite et conceptualisante.


A croire qu’il n’existe qu’une sorte d’intelligence et que les malheureux qui n’ont pas été touchés par la grâce à leur naissance ou qui ont été recalés à l’issue de leur scolarité ne pourront au grand jamais jouer avec les dieux de « l’Olympe » au jeu de l’entreprenariat.

Attardons nous pour entendre la parole d’un « capital-risqueur » talentueux aujourd’hui passé à d’autres passions plus artistiques et plus enclins à l’intelligence émotionnelles qu’à de la raison pure : « Contrairement à mon idée de départ, je n’ai jamais gagné d’argent avec des diplômés de grandes écoles et mes plus grandes réussites sont le fait d’autodidactes ou de diplômés de « petites écoles ».

Il est cependant prudent de ne pas jeter systématiquement le bébé avec l’eau du bain en tournant notre attention vers Sébastien Deguy, le dirigeant fondateur d’Allegorithmic, qui a osé franchir le Rubicon dés la fin de son doctorat et s’aventurer ainsi dans la jungle de l’entreprenariat. Il se qualifie à la fois de « naïf » et de « joueur », qualités qu’il met en avant pour expliquer ce qui permet de devenir entrepreneur et c’est assurément au prix d’un effort considérable et d’une remise en question sans concession qu’il a réussi à accomplir cet exploit.

Il reconnaît au détour avoir dû se défaire de son habitude à vouloir tout comprendre et tout contrôler pour devenir ce qu’il appelle un chef d’orchestre soucieux de révéler les talents de ses collaborateurs acceptant ainsi de se diminuer pour leur permettre de grandir à ses côtés.

C’est pourquoi je me risque à prophétiser que pour entreprendre il n’est pas nécessaire de tout savoir et tout expliquer et qu’il est fort utile de croire aveuglement à son destin, au mépris du climat ambiant de désespérance, à la façon d’un enfant dont les rêves et le sentiment d’immortalité le portent à transcender les limites du réel pour se lancer corps et âme dans l’aventure sans garantie.

Attardons nous sur le choix de Patrick Molle, le nouveau directeur « Prométhéen » de FBS, qui, au plus grand mépris du politiquement correct en vogue dans les écoles de management et de l’adoration aveugle et fébrile des parents pour le sacro saint classement des écoles, à eu l’audace, en créant les « Talents days », de sortir des sentiers battus en proposant l’intégration de profils atypiques. Il nous trace ainsi la voie d’un destin certes imprévisible mais au combien enthousiasmant et prometteur pour affronter un avenir devenu de plus en plus changeant et incertain.

A n’en point douter, comme Hercule, il sera contraint pour triompher d’affronter ses « 12 travaux de Molle » avec un courage, une persévérance, une confiance et une intelligence inouïs. Tels ceux qui ont sus garder le « feu sacré » au fond de leur cœur il devra assurément, pour triompher, traverser les marigots pestilentiels et dangereux de l’envie et de la jalousie gavés de dogmes, d’habitudes, de stéréotypes et de préjugés de toutes sortes.

Gageons que sa passion, sa clairvoyance et le plaisir qu’il éprouve à virer délibérément de bord pour naviguer aux milieux des récifs vers un nouveau eldorado plein de trésors et de promesses lui servent d’anesthésiant et d’euphorisant afin qu’il puisse sortir indemne de tant de résistance et d’adversité.

N’en doutant pas, les pépites de l’entrepreneuriat sont davantage à chercher au niveau des IUT, des BTS, des bacs pro et des formations en alternance là où les rêves d’enfant ont appris à tisser leur toile en vivant au quotidien avec pragmatisme et agilité en harmonie avec es exigences et les contraintes de la réalité bien loin des paradis artificiels des forteresses abstraites, rationnelles et aseptisées ou se meuvent nos élites avec insouciance et légèreté.

Une chronique de libre expression 
signée : Go-between


Un article de la rédaction du Journal de l’éco

Si vous avez aimé cet article,
partagez le !