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Greentech, l’entreprise bien plantée et active

Greentech, l’entreprise bien plantée et active

Sortie de terre en 1992, l’entreprise du Biopôle Clermont Limagne produit des principes actifs végétaux pour la cosmétique, la pharmaceutique et la nutraceutique. Fort d’un chiffre d’affaire de 18 millions d’euros en 2012, l’entreprise conduite par Jean-Yves Berthon (ancien président du GCE) poursuit un développement harmonieux, en phase avec un monde en mouvement perpétuel. Une belle et verte réussite.


Plantée à l’entrée du Biopôle Clermont Limagne, l’entreprise Greentech donne le ton d’entrée. « Parce qu’on se développe mieux dans un monde qui évolue. Soyons attentifs à ce qui nous entoure ! » Déroulé sur le kakémono de 4 mètres de hauteur, le message surplombe la vitrine des produits et les plantes enserrées. Un press book fourni et consulté occupe la table de l’espace d’accueil, alternant les articles économiques et sportifs. Son fils aîné Nathanaël, pilote automobile en GP2, fait la fierté du chef d’entreprise Jean-Yves Berthon. Un signe de l’esprit de compétition qui anime cette jeune société qui a fêté ses 20 ans l’année dernière.

Fort d’un doctorat en biologie et de solides expériences engrangées successivement dans un laboratoire public en Belgique, au sein du groupe chimique et pharmaceutique Rhône Poulenc, chez Biolaffite (bio fermentation) puis en Bretagne, le futur patron mature méthodiquement son idée de création. « Après ma thèse, je voulais faire de la recherche dans un laboratoire privé. En travaillant, j’ai observé les gens et analysé les situations que j’ai vécues pour construire mon projet de valorisation du végétal. Créer une société de recherche était trop compliqué et coûteux, j’ai préféré opter pour la production de principes actifs végétaux. »

Créé en 1992 sur les bancs de la faculté, Jean-Yves Berthon accompagné d’un second thésard s’embarque dans la création de Greentech. Le binôme se confronte d’emblée à la difficile relation entre l’université publique et l’entreprise privée. Accueilli dans les locaux de l’Institut National de Recherche Agronomique, ce fils de paysan des Combrailles débute par plusieurs développements sur l’if (conifère contenant des substances anti-cancéreuses), le boronia (plante utilisée en parfumerie) et la colchique (plante utilisée depuis longtemps par l’industrie pharmaceutique mais dont l’approvisionnement posait problème).
Sans pétrole, il développe des idées ingénieuses, comme par exemple utiliser les souches prélevées au Groënland par une amie. Il s’oppose à la direction de la faculté sur le fruit des éventuels résultats du premier travail de son bébé, marquant sa position fermement. « La recherche doit rester séparée entre la fondamentale et l’appliquée mais elles doivent aussi collaborer étroitement pour maintenir la chaîne entre recherche et production. »

Avec 9 mois de retard dans la livraison de son bâtiment, la petite équipe de Greentech s’accommode de la situation en étant accueilli 6 mois à l’INRA puis 3 mois dans un hangar de l’aéroport d’Aulnat ! Arrivée en 1995 dans ses locaux tout neufs sur le Biopôle à Saint Beauzire, cet attentisme forcé met en difficulté le décollage de la start-up auprès des clients.
C’est le moment choisi pour prendre les devants et effectuer du « trading » de produits biologiques. Ce rapide épisode d’achat-revente permet à la société de gagner de l’argent et de se faire connaître dans le milieu industriel. Un mal pour un bien finalement. Séduire le client, c’est se différencier. « Réactivité, flexibilité et innovation sont les maîtres mots de la boîte. L’affaire de la vache folle a offert une opportunité aux produits végétaux de percer.
Aujourd’hui, Greentech fait partie des entreprises qui comptent, au milieu du paquet dominé par les grands groupes. L’innovation est absolument indispensable pour rester dans le coup et grandir » affirme l’entrepreneur attaché à l’Auvergne, ses repères. La réussite ? « Si elle est plus confortable qu’hier, elle reste instable. L’observation et l’analyse sont nécessaires pour continuer à innover, trouver de nouveaux produits, conformes aux attentes de nos clients. Je crois beaucoup dans le travail et l’intelligence », déplorant par la même la suppression des heures supplémentaires qui primaient hier ses salariés.

Asyndiqué, ce dirigeant pragmatique ne veut pas pour autant se mettre un boulet au pied en faisant de la politique, malgré les perches tendues à plusieurs reprises. « Nous sommes à l’écoute de la société civile, l’entreprise n’a pas pour seul but de générer des profits, elle doit s’inscrire à long terme dans l’environnement et partager sa richesse à sa mesure. J’essaie notamment de participer à l’activité des citoyens, en soutenant notamment le festival BD de Saint Beauzire, une équipe du rallye des Gazelles, la fondation Arthritis et les Petits cœurs… » Le chef d’entreprise n’est guère différent de vous et moi.

Avant ma réception, il s’est entretenu longuement avec un candidat à l’embauche. « Quand on recrute, on croit en la personne et ses compétences. La plupart du temps, ça marche bien mais parfois ça se passe mal, on fait des erreurs, c’est humain ! Les relations humaines sont un domaine complexe ». Hostile à l’idée du délégué du personnel, « formel et chiant », la mauvaise expérience vécue dans ce registre lui a fait préférer un autre mode de dialogue social avec ses salariés. « J’ai mis en place les groupes de progrès, en mobilisant 16 personnes pour faire émerger et raisonner les besoins. Les portes des bureaux sont toujours ouvertes, je me rends disponible au maximum, ils peuvent m’appeler à tout moment ».

Plus qu’un modèle en particulier, il a plutôt été guidé par une attitude générale. « Ouvert à la rencontre, à l’observation des gens et des sociétés, mon prof en Belgique et Isidore Fartaria (président de la CCI du Puy-de-Dôme et du groupe Titel) m’ont beaucoup apporté. Mon expérience au GCE m’a aussi beaucoup marqué, avec l’opération Dauphin de parrainage d’un jeune créateur entre 2 et 5 ans d’existence. Le chef d’entreprise est souvent seul, avec des décisions importantes à prendre mais face aux différents problèmes, il faut s’ouvrir aux autres et au monde. Des métiers très différents ont des problèmes assez similaires (comptabilité, commercialisation, RH). De l’échange naissent les solutions » résume le patron responsable de plus de 100 salariés dans le monde, comptabilisant 18 millions de chiffre d’affaires, à la tête des filiales Greensea à Mèze, près de Montpellier (Hérault), Biovitis à Saint-Etienne-de-Chomeil (C

antal) et des attaches à Portland (Etats-Unis), Munich (Allemagne), en Australie et en Amérique du Sud. Greentech réalise la moitié de ses résultats à l’export, salué dans cette catégorie par le Prix de la performance économique du journal Les Echos en 2010. L’entreprise verte s’active dans le monde entier.

Issu du monde agricole, le développement durable reste pleinement intégré dans son discours. « A la campagne, on doit composer avec les saisons et gérer l’imprévu. Le foin, les moissons, on sait se donner des coups de main dans les coups durs ! De la chaîne du vivant aux clients-fournisseurs, il est indispensable de préserver un partenariat fort et durable. Mon engagement dans ce sens est inaltérable, d’ailleurs nous travaillons au Pérou dans le maintien de filières de culture de l’ « inca inchi », une huile végétale riche en omega 3. »

Fourmillant de projets, Greentech a fait l’objet de l’actualité économique. En effet, le dynamique chef de file a inauguré le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en signant l’accord début mars au côté de Pierre Moscovici, ministre de l’Economie. Cette avance de trésorerie d’environ 37 000 € participera à l’agrandissement des locaux et à la création d’un laboratoire de recherche. Cet homme d’initiatives regarde la route qui se dessine devant lui. Fan de sport automobile et d’art contemporain, il est animé par un vibrant esprit de compétition qui le maintient en alerte constante. « Le monde bouge, j’aime ce mélange des idées d’effort, de sensibilité, de compétition et d’ouverture. »

La création d’entreprise est un cheval de bataille. L’ancien président du Groupement de Créateurs d’Entreprise (GCE) insiste sur la participation active de sa boîte au Réseau Entreprendre en France qui aide des projets dans ce sens ; il contribue notamment au fonds de dotation d’aide à la création d’entreprise. Comme pour mieux entretenir le lien entre son entreprise et le tissu économique local, il adresse un dernier message aux jeunes porteurs de projet : « Créer trop tôt vous envoie au casse pipe ! Vivez d’abord des expériences pour vous construire un vécu qui vous profitera ensuite. » Créateur à 32 ans de la start-up Greentech, il fait remarquer fort à propos que sa fille s’aguerrit actuellement en Croatie, histoire d’acquérir cette précieuse expérience. « Regardez et faites avec les autres, à côté de vous comme plus loin, gardez l’esprit critique ! » Ce chef d’entreprise bien enraciné a sans doute raison, le dogme peut être terrible à l’esprit d’entreprendre. Greentech en est activement préservé.

 

Par Jean Seppak

 

GREENTECH SA

Rond-point du Biopôle Clermont Limagne

63360 Saint-Beauzire

Téléphone : 04 73 33 99 00

http://www.greentech.fr/

 

 



Publi-rédactionnel

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