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CCI | Apporter suffisamment d’informations aux entreprises

CCI  | Apporter suffisamment d’informations aux entreprises
Le combat de Claude Barbin, Président de la CCI Clermont Auvergne Métropole
pour soutenir les entreprises

La crise sanitaire du Covid provoque une crise économique sans précédent depuis 50 ans. Depuis 15 jours, l’État s’il a agi, s’est aussi appuyé sur les corps intermédiaires que sont notamment les CCI pour tenter de soutenir l’économie locale à travers les entreprises locales. Claude Barbin, Président de la CCI Clermont Auvergne Métropole répond à nos questions dans une vidéo Skype. Nous publions aussi les propos tenus lors de l’entretien en visio afin de mieux s’y reporter.

Marc-Alexis Roquejoffre
Rédacteur en chef du Journal de l’Éco.


Que pouvez-vous dire de la charge de travail que vous avez rencontré ces derniers jours ?

Nous sommes en train de terminer la troisième semaine, les horaires sont denses puisque nous arrêtons de travailler aux alentours de 22h. Les nuits sont courtes, nous devons assimiler beaucoup de choses jusqu’au réveil à 4h et au démarrage des premières synthèses à 5h. Les journées sur Skype sont denses et fatigantes, compte tenu du fait que comme tout le monde nous n’avons pas la possibilité de prendre l’air, de faire un footing ou de s’aérer.

Nous sommes donc confinés physiquement et intellectuellement sur cette question qui est d’apporter une réponse aux entreprises mais aussi coordonner nos équipes pour que l’évolution des choses aille dans le bon sens.

Quelle est la mission que les Chambres de Commerce ont en cette situation ?

Assez naturellement, les CCI se sont positionnées sur l’accompagnement des entreprises et sur le retour de la vie des entreprises sur le terrain, mais il y a aussi eu une volonté affirmée par un courrier ministériel de M. Lemaire de mettre les Chambres de Commerce en première ligne. Nous avons donc finalement deux grandes missions : la première, celle d’apporter suffisamment d’informations aux entreprises sur toutes les démarches et aides mises en place à la fois par l’Etat et la Région, mais aussi de renvoyer à l’Etat le questionnement et la réalité terrain des entreprises.

“En temps de guerre”, dont le Président a parlé, les Chambres de Commerce  deviennent un peu les fantassins de l’Etat ?

En effet, vous le savez les Chambres de Commerce ont perdu 60% de leurs ressources. Pour autant la situation nous met dans l’action. L’Etat s’est d’ailleurs aperçu que nous étions absolument nécessaires, comme un squelette, pour faire passer ces messages au reste de la population et à l’économie de terrain que sont les entreprises.

Quel est le moral des chefs d’entreprise aujourd’hui ?

Le moral d’un chef c’est d’être fort avec ses collaborateurs et de s’autoriser à avoir des sentiments d’inquiétude. Imaginons que, depuis trois semaines, certaines entreprises ont aucun chiffre d’affaires lié à une incapacité de travailler ; ou, en prenant des chiffres, 50% des entreprises du Puy-de-Dôme sont à l’arrêt, 30% dans une phase de fonctionnement dégradé, et 20% arrivent plus ou moins à tourner normalement. Je pense que 80% du moral des chefs d’entreprise n’est pas bon, mais nous sommes dans une crise sanitaire, nous avons des espoirs à travers les accompagnements de l’Etat et à notre capacité à réagir et par rapport à la volonté que nous aurons de rebondir. Cependant, à l’instant T, le moral n’est pas bon.

Michelin est en train d’annoncer un retour à un début de nouvelle production. Cette anticipation d’un grand groupe peut-elle amener du baume au cœur aux plus petites entreprises ?

Ce grand groupe est regardé de près. Il est celui qui va redonner de l’énergie par son redémarrage et incitera tous ceux qui le peuvent à se relancer. Nous avons aussi compris que l redémarrage va passer par des éléments de protection comme les masques ou le gel hydroalcoolique. Nous savons qu’il faudra des masques toutes les 4h et que cet élément-là sera un élément fort du redémarrage, au-delà du symbole qu’est Michelin sur notre territoire. Michelin, qui a pris comme nous tous la crise de plein fouet et qui est en train de s’adapter. Nous espérons tout qu’eux comme nous saurons dominer cet élément compliqué qu’est cette crise sanitaire.

Y a-t-il un bienfait qui peut émaner de cette crise sanitaire au sein du monde économique, qui se dirigera peut-être, demain, vers une certaine proximité et des circuits plus courts ?

Je vais citer un exemple. Je fais partie du comité de directeurs de CCI France. A ce titre, j’écoute tous les mardis, pendant 3h en visioconférence, tous les présidents de région qui évoquent leur vécu. Il y a des territoires comme le Grand Est par exemple, qui nous créent encore plus d’émotions, car nous avons des collègues qui sont dans une situation économique et sanitaire la plus complexe. Le Président d’Alsace disait « Jamais comme avant ». Cela signifie bien que nous avons pris conscience que de donner la totalité du système de fonctionnement à l’extérieur s’est avéré négatif. Il y a cette vision économique sur le plan international mais aussi une prise de conscience sur le plan territorial et régional, où l’on s’aperçoit que le circuit court peut s’avérer vertueux. Je pense également qu’en sortie de crise, chaque citoyen percevra son envie de voyager d’une façon différente, et il y aura peut-être pendant un certain nombre de mois ou d’années, une envie d’être plus présent sur des territoires plus proches, et de vivre en solidarité avec son écosystème culturel régional.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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