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Institutions, collectivités

Bernard Schoumacher : « Les investisseurs locaux disposent d’un outil précieux d’aide à la décision »

Bernard Schoumacher : « Les investisseurs locaux disposent d’un outil précieux d’aide à la décision »

L'enquête « Flux de consommation» réalisée chaque année par la CCI d'Auvergne donne un éclairage précis du consommateur Auvergnat et de ses comportements.  A l'occasion de la publication des résultats de l'édition 2012, le Journal de l'éco à directement sollicité l'analyse du président de la CCI Auvergne, Bernard Schoumacher.
 


L’enquête révèle une hausse de 10 % par rapport à 2007 des dépenses des ménages auvergnats, ce qui s’expliquerait, en partie, par l’augmentation de 6 % de leur nombre. A votre avis, est-ce qu’on peut considérer que la courbe démographique de l’Auvergne repart à la hausse et, si oui, pourrait-on y voir un impact positif sur la relance de l’activité économique?

Bernard Schoumacher : Quand on observe cette courbe, département par département, on se rend compte que les disparités démographiques sont notables. Si la démographie du Puy-de-Dôme et de la Haute Loire est en progression, dans le Cantal et l’Allier, elle régresse. Au niveau de la pyramide des âges aussi nous sommes dans une période charnière. Dans les années à venir il faut s’attendre à un fort taux de départs à la retraite, de départs, tout court. Il faut prendre des mesures énergiques pour faire face à ce phénomène qui va accentuer les disparités. Nous avons beaucoup à faire pour accueillir de nouveaux actifs. La CCI Auvergne avec l’ARDTA et l’association Auvergne Nouveau monde travaillent en concertation pour favoriser les nouvelles installations dans la région. Nos portes sont ouvertes pour les Français et les étrangers. La nouvelle ligne aérienne Clermont-Amsterdam, la participation dans plusieurs salons à l’étranger sont la preuve que nous souhaitons accueillir non seulement des touristes, mais aussi des habitants étrangers.

L’étude démontre que le petit commerce de proximité se porte très bien avec 91 % des dépenses des ménages qui restent dans la région. Comment analysez-vous ce phénomène? Est-ce que les PMS (points multiservices) que la CCI Auvergne soutient, contribuent à cette tendance?
 

Bernard Schoumacher : Par le fait qu’il n’y a pas uniquement une grande métropole régionale, mais plusieurs centres actifs : Montluçon, Vichy, Moulins, Le Puy en Velay, Aurillac, Thiers, St Ségolène et bien d’autres … Ces villes ont préservé des centres bourgs attractifs et des commerces de proximité. Les PMS, qui représentent une dépense marginale par rapport à la grande masse de dépense, contribuent à préserver le réflexe de l’achat local. Ils sont également un moyen d’éviter la désertification, de maintenir certains services, comme les services bancaires à proximité. Il ne faut pas négliger la sensibilité des auvergnats pour les produits locaux jugés plus sains. Ce phénomène est la preuve que le développement des services dans les centres bourgs n’est pas incompatible avec celui des zones commerciales.

Dans ce sens, les constats de cette étude sont importants, mais ce qui l’est davantage, c’est leur déclinaison département par département, dans les bassins de vie. Elle est un outil d’aide à la décision indispensable pour les investisseurs locaux et un indicateur précieux pour les politiques d’aménagement menées par les collectivités.

Quand on sait que le développement des TIC fait partie des 7 priorités de la CCI Auvergne et quand on connait la volonté du Conseil régional de faire de l’Auvergne la première région avec une couverture très haut débit à 100 %, comment expliquer le fait que la vente à distance est au-dessous de la moyenne nationale avec 56 % des ménages qui n’achètent pas sur internet? Comment voyez-vous votre rôle pour faire évoluer la situation?

Bernard Schoumacher : C’est un problème de l’offre et de la demande. Les CCI ont participé à la réflexion du Conseil régional sur la place du numérique. Et nous faisons tout pour favoriser l’offre « b to b ». En la matière, les entreprises auvergnates ne sont pas au-dessous dans la moyenne nationale. Nous avons fait un travail important avec les commerçants des centres bourgs à travers des actions proactives pour la mise en place d’outils informatiques et la création de sites internet des boutiques. Le nombre des commerçants qui disposent de leur propre site est en augmentation. C’est d’autant plus flagrant pour les auto-entrepreneurs qui réalisent 74% de leurs ventes à distance. Quand on sait qu’une entreprise sur deux inscrite sur les registres de la CCI est concernée par l’auto-entrepreneuriat, on voit bien l’impact de l’e-commerce sur nos territoires. Le décalage avec la moyenne nationale vient à mon avis de la pyramide des âges qui en Auvergne est plus défavorable à l’internet. Mais avec plus de 40 millions d’internautes en France (en 2012) dont ¾ sont des acheteurs, nous n’échapperons pas à la tendance. Si retard il y a, il va être rattrapé dans les deux prochaines années. De plus on sait que si les Auvergnats achètent moins, 41 % des ménages utilisent internet pour comparer les prix. Ils sont donc des consommateurs plus avertis.

Propos recueillis par Théodora Yonkova



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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