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Institutions, collectivités

André Marcon : «Je veux rendre au Massif central ce qu’il m’a apporté »

André Marcon : «Je veux rendre au Massif central ce qu’il m’a apporté »

On ne présente plus André Marcon*. Du haut de son expérience de près de quatre décennies à la tête d'entreprises et de chambres consulaires et en tant qu'élu, le Président des CCI de France devient le nouveau président du bureau de Macéo ** livre son analyse de l'avenir de l'Auvergne et de la conjoncture économique française.


Vous avez œuvré depuis des années pour le développement du Massif central et aujourd’hui, à la tête de CCI France, vous poursuivez cette action en restant aux commandes de l’UCCIMAC. Pourquoi ajouter un autre mandat régional, la présidence du Macéo ?

Pour deux raisons majeurs. D’abord, je crois plus que jamais à l’échelle du Massif en tant qu’échelle pertinente dans le cadre de l’aménagement des territoires pour garder et développer la population. Ensuite, j’estime que le travail au sein des organisations du Massif central m’a beaucoup apporté dans ma vie professionnelle, d’élu et de consulaire et je dois rendre lui ce qu’il m’a donné.

Est-ce que Macéo vous ouvre des champs d’action complémentaires, à ceux de l’UCCIMAC par exemple ?

Macéo est pour moi un moyen de garder le contact avec le terrain, d’observer les réalités dans les entreprises, d’avoir une expérience plus proche des territoires qui pourrait me faire perdre ma présence permanente à Paris. C’est une remontée d’expériences et un outil de tests grandeur nature des idées macro-économiques.

Macéo est composé de 62 adhérents (entreprises, collectivités, associations) dont le profil est très hétérogène. Comment travaillent-ils ensemble?

A l’origine Macéo est une fusion de réseaux consulaires UCCIMAC, APMAC et ADIMAC où étaient présents les collectivités et les entreprises. Actuellement, il se positionne comme opérateur de maîtrise d’œuvre pour des actions intéressantes à la fois pour les entreprises et les territoires.

Quelles sont ses priorités à moyen terme?

Nous sommes à l’ornée de la nouvelle convention tripartite Europe – Etat – Région pour la période 2014 – 2020. Elle a pour ambition de dynamiser l’ensemble du Massif. Cette « large » montagne à côté de la « haute » montagne des Alpes et des Pyrénées, doit être active et « grande ». Macéo se positionne pour assurer des opérations la maîtrise d’œuvre avec les réseaux du Massif central. Il sera là pour mettre en relation les entreprises et les territoires, mais aussi apporter des outils, des moyens, des solutions pour que ces territoires conservent leur attractivité vis-à-vis des populations.

Qu’avez-vous appris à travers de la présidence de CCI France?

Quelque chose d’essentiel. La qualité et la richesse se trouve dans les territoires. Le but des organisations nationales est de consolider ces richesses pour les porter au crédit de la machine France. Ensuite, j’ai appris que chaque fois que les idées sont trop hégémoniques, « parisiennes », elles ne fonctionnent pas parce qu’elles sont rejetées par les territoires. C’est la diversité qui créé les richesses. Les systèmes hégémoniques sont voués à l’échec. Et enfin, qu’il faut beaucoup d’humilité vis-à-vis des propositions que nous faisons. Seul le test grandeur nature peut qualifier telle ou telle initiative.

L’Auvergne n’aura pas du TGV mais aura du THD (Très Haut Débit). Est-ce suffisant pour son développement?

Je regrette le retard pris par le TGV. Je ne considère pas que le projet soit enterré. Il est en train d’être examiné par la commission Duron qui préconise de le repousser (pour 2030 ndlr). Il reste toujours notre chance. C’est un coup pour notre territoire et un coup pour les investissements en France. La richesse de demain est fonction des investissements faits aujourd’hui. La machine France est calaminée par ses frais de fonctionnement qui obèrent sa capacité d’investissement.

Quant au THD, on ne peut que se réjouir de son arrivée. Mais reste la nécessité impérieuse d’une couverture à 2 Mbyite /sec haut maga synthétique sur les répartiteurs téléphoniques de nos points hauts et de nos zones d’activité. C’est une condition incontournable pour le maintien de l’activité et des populations en montagne.

A travers vos responsabilités régionales, nationales et européennes, quel regard portez-vous sur la crise économique actuelle?

Il s’agit surtout d’une crise de confiance des chefs d’entreprise pour l’avenir. C’est une crise liée à l’activité. Ils manquent de visibilité sur les normes, les lois, la fiscalité. Ils ont l’impression que plus ils avancent, plus ils sont contraints et plus ils réussissent, moins ils sont respectés. Ces effets se traduisent par le non investissement, le non embauche, avec les conséquences que l’on observe. Des conséquences similaires aux pays de l’Europe de Sud alors que notre situation n’est pas la même. Elle est plus proche de la situation en Allemagne mais les effets sont opposés, parce que les Allemands croient en l’avenir.
Néanmoins je reste optimiste par rapport à l’avenir du Massif central. Ici on traverse mieux les crises qu’ailleurs, on est habitué à se battre contre les difficultés. De plus la qualité de notre environnement sera un atout indéniable dans le futur.

Propos recueillis par Théodora Yonkova

* Biographie d’André Marcon http://www.cci.fr/web/organisation-du-reseau/president-de-ccifrance
** Site de Macéo http://www.maceo.pro/



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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