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Au menu de l’auberge La Chaumière à Tournoël : le coeur et les saveurs

Au menu de l’auberge La Chaumière à Tournoël : le coeur et les saveurs
Bénédicte Barre, gérante de L’Auberge de la Chaumière

La restauration pour Bénédicte Barre est une histoire de famille. Pourtant, reprendre le flambeau fut une décision loin d’être évidente. L’auberge La Chaumière, installée dans un cadre naturel privilégié à Tournoël, lieu-dit situé à 1,5 kilomètre de Volvic dans le Puy-de-Dôme, est l’aboutissement d’un choix de vie bien défini. Entre cuisine savoureuse, découvertes et détente, c’est la générosité que cette dirigeante de 43 ans veut partager.


“On peut dire que j’ai baigné dans le milieu depuis mon existence. J’ai grandi dès l’âge de quatre ans dans un restaurant dirigé par mes parents, “La Rose des Vents”, à Luzet, un lieu-dit se trouvant à 3 kilomètres de Volvic”. La restauration et la famille, deux valeurs qui marqueront la destinée de Bénédicte Barre. Pourtant, cette ligne professionnelle toute tracée mettra du temps à trouver un cheminement dans sa vie. “J’étais très réticente à l’idée d’exercer ce métier que je trouvais difficile. Je le trouvais, entre autres, très prenant et je ne voyais pas beaucoup mes parents à cause de cela”. C’est pour cette raison qu’elle décide de ne pas intégrer d’école hôtelière, ne pensant pas y apprendre grand-chose. “Après un BAC économique et social, j’ai enchaîné avec une prépa HEC à Clermont-Ferrand puis l’Ecole Supérieure de Commerce de Saint-Etienne d’où je sors diplômée en 1994”.

Le revirement de Bénédicte Barre va se faire progressivement. Dans un premier temps, elle continue de faire sa propre expérience. “J’ai travaillé dans différentes administrations dont le Pôle Emploi de Chamalières. Je devais visiter les hôtels et les restaurants pour collecter les offres d’emplois proposées” Le déclic viendra finalement en 1997, lorsqu’elle décide de rejoindre ses parents à La Rose des Vents, ouvert en 1974. “Au bout de trente ans, l’établissement nécessitait une restauration importante. Il avait besoin d’un nouvel élan mais mes parents éprouvaient de la lassitude. Soit c’était l’investissement, soit la stagnation”. Elle va alors en faire un projet personnel et donner un nouveau souffle au restaurant. “Pour permettre l’investissement nécessaire, j’ai entre autres développé la clientèle, notamment celle de séminaires qui organise des réunions de travail ou de formation. L’essor des produits a été très important grâce à un autocariste qui organisait par exemple des circuits-découvertes auvergnats. La possibilité d’animations a aussi été une solution en proposant du tir à l’arc”.

Cette activité aurait pu confirmer l’envie de Bénédicte Barre de s’installer définitivement dans le métier. Seulement, certains des doutes qu’elle a pu avoir auparavant finissent par la rattraper. En se mariant et en fondant une famille avec deux enfants, c’est une remise en question qui s’impose. “J’adorais ce que je faisais, mais en 2007, j’ai pris le temps de faire une pause. J’avais besoin de savoir comment je pouvais préserver à la fois ma vie de famille et ma vie professionnelle.” En attendant, elle enchaîne tout de même les missions au Centre de Formation Hôtelière de Vichy, aux ateliers connaissances ou encore à la CCI de La Pardieu dans la périphérie de Clermont-Ferrand. “Il était important de ne pas perdre la main et surtout de m’enrichir avec des rencontres et des situations qui pourraient m’apporter de l’expérience”.

Finalement, le projet de La Chaumière voit le jour en 2011 avec le début des travaux pour la remise aux normes. L’endroit était auparavant dirigé par sa tante, Annie Guillot, qui avait décidé de fermer en 2000. Une circonstance qui continue de démontrer l’alchimie entre famille et cuisine. “J’ai employé beaucoup de temps et de réflexion pour mener à bien ce nouveau départ. Trouver le concept ne fut pas simple. Je ne voulais pas d’un restaurant semi-gastronomique mais un espace personnalisé, convivial, modeste et intime où l’on peut faire une pause gourmande. En cela, l’emplacement de l’auberge était une formidable opportunité. En plus de côtoyer la plaine de la Limagne et les monts du Livradois et du Forez, nous faisons face à la forteresse médiéval de Tournoël. D’ailleurs, nous sommes entourés de chemins de randonneurs”. Un bon moyen de rencontrer une clientèle hétérogène après l’ouverture de La Chaumière en avril 2014. “Nous recevons des familles, des gens du coin mais aussi des touristes avec des Anglais, des Allemands, des Suisses, des Espagnols et même des Japonais.”

Une restauration qui met un point d’honneur à mettre en avant les produits du terroir

Tous ces gens peuvent ainsi profiter d’une cuisine simple mais goûteuse selon Bénédicte Barre. “Notre carte se compose de galettes, composées par exemple de jambon d’Auvergne et de St-Nectaire, de salades, de crêpes ou encore de glaces”. Une restauration qui met tout de même un point d’honneur à mettre en avant les produits du terroir. “Je me suis construit un réseau de commerçants en qui j’ai une confiance absolue. Pour les légumes, je vais au Jardin d’Eden, pour la viande ce sera la boucherie/charcuterie/traiteur Retour aux Sources ou encore pour le fromage il y a La Flocet que je retrouve au marché le vendredi matin”.

Le bien-être gastronomique n’est pas le seul but. En plus de la grande terrasse, d’un gîte et des deux espaces restaurant/salon de thé, La Chaumière possède une boutique qui valorise la culture locale. “J’organise des expositions pour mettre en valeur l’artisanat du coin, notamment le savoir de la sculpture avec la fameuse pierre de Volvic. On peut contempler de la lave émaillée ainsi que des poteries.” C’est une évidence pour elle de faire cela. Elle cherche à nourrir ses clients dans tous les sens du terme. “Apprendre des clients, avoir un lien avec eux est un véritable enrichissement. Ils me racontent des choses qu’ils ont pu vivre ici comme leur mariage ou leur baptême. Cela montre à quel point l’endroit est chargé d’émotions.”

Tous ces moyens mis en œuvre entraînent un chiffre d’affaires encourageant même si Bénédicte Barre ne recherche pas la rentabilité à tout prix. Des projets sont en cours pour permettre à l’auberge de s’épanouir un peu plus. “En dehors de la volonté d’embaucher, je souhaiterais créer un second gîte, organiser des concerts en terrasse et réfléchir à l’usage d’une grande salle que j’ai à disposition”. Une ascension et une expansion qui n’ont pas eu besoin de moyens de communication importants ou des réseaux sociaux. Seuls le bouche-à-oreille et des petits flyers ont suffi.

C’est avec passion et maturité que Bénédicte Barre aura rejoint la restauration. Elle constitue la quatrième génération dans sa famille après son arrière grand-mère, sa grand-mère et sa tante. Cependant, cette gérante et mère de famille n’oublie pas la grande difficulté qu’elle a toujours crainte dans ce métier mais qu’elle assume. “Il faut faire des choix sachant que maintenant je ne travaille pas le soir sauf l’été et les vendredis. J’ai besoin de me ressourcer auprès de mon mari et de mes enfants, de passer du temps avec eux. Sans famille, pas de réussite et l’engagement intense dans mon travail est parfois un déchirement. Il faut du courage, de la combativité et du soutien pour ouvrir une entreprise.” L’amour et la conscience professionnelle, une recette qu’elle compte bien défendre au sein de La Chaumière.

Adrien Doussot



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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