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BTP, construction, immobilier

CINOV rassemble autour du BIM, l’avenir de la Construction tient en trois lettres !

CINOV rassemble autour du BIM, l’avenir de la Construction tient en trois lettres !

Patrice Chausse, le Président CINOV Auvergne Limousin lui-même ne s’attendait pas à attirer autant de monde. Ils sont une centaine, bureaux d’études, architectes, économistes, étudiants, maîtres d’ouvrage ou encore professeurs, dans cet amphithéâtre du campus des Cézeaux, attendant avec impatience les explications des experts qui se sont déplacés pour l’occasion.


La fédération CINOV, initialement appelée Chambre de l’Ingénierie et du Conseil de France (CICF), est implantée en France via 17 régions, suivant plus ou moins le contour existant de nos 22 régions administratives. Cette organisation patronale française promeut et défend les entreprises de la prestation intellectuelle du conseil, de l’ingénierie et du numérique. « Elle représente à date 14 syndicats de métiers, et 9 d’entre eux sont directement concernés par le BIM. » explique le Président régional.

Ce jeudi 19 mars 2015, le CINOV Auvergne-Limousin, présidé par M. Patrice Chausse (gérant du cabinet de maîtrise d’œuvre et d’architecture Distec-Archidistec), organisait une conférence-débat sur ce fameux acronyme BIM et les nombreux intérêts qu’il confère à toutes ces professions liées à la construction. Différents spécialistes, Clermontois comme Parisiens, sont venus pour expliquer à l’assistance le pouvoir de ces trois lettres.

Alors qu’est-ce que le BIM ? C’est Frédéric Grand, de Mediaconstruct qui se lance. « Cet acronyme a deux définitions. La première est Building Information Model, ou Maquette Numérique en français. C’est un bâtiment modélisé en 3D mais pas seulement, la modélisation des objets apporte à la CAO 3D le complément sémantique à la description des ouvrages. On peut avoir un historique de sa création, on peut voir qui a fait quoi. On pourra aussi distinguer les propriétés de chaque matériau. »

La seconde définition ne diffère que par sa terminaison : Building Information Modeling. Cela implique donc une nouvelle méthode de travail. L’idée est de travailler autour d’une seule et même maquette car « hier et encore aujourd’hui, le flux de l’information technique de l’ouvrage bâti implique beaucoup de ressaisies. »

Selon M. Grand, on parle aujourd’hui de trois niveaux de BIM. Le premier réside dans le fait que chaque partie prenante du projet travaille seule dans son coin en utilisant les propriétés du BIM. Le second niveau, basé sur un mode collaboratif multidirectionnel, est celui qui reste atteignable à court terme. « Chaque intervenant récupère le BIM pour que l’un après l’autre, chacun ajoute ses informations. » Le troisième vise une maquette unique partagée en réseau. « Là, on est carrément dans l’avenir, c’est là où on veut aller à terme. Mais à l’heure actuelle, cela relève de la science-fiction. »

Ce projet est le premier mais néanmoins une très belle réussite !

Le BIM repose sur des normes ISO internationales, appelées IFC, qui sont en constant enrichissement. Le site de référence en France est www.mediaconstruct.fr. Des newsletters mensuelles françaises y sont d’ailleurs téléchargeables, présentant toutes les dernières avancées. La plupart des éditeurs de logiciels et des fournisseurs de données et de services de la filière BTP ont intégré la norme ISO-IFC.

Si l’on se penche sur l’histoire du BIM, on se rend compte que nos voisins anglo-saxons sont précurseurs. « Un scénario gradué a été mis en place il y a deux ans pour arriver à imposer à l’horizon 2016 l’utilisation du BIM sur les marchés publics. » nous éclaire M. Grand. En France, la mission « numérique et bâtiment » a été lancée en mai 2014, par l’intermédiaire du chargé de mission Bertrand Delcambre. 20 millions d’euros ont été débloqués sur trois ans, dans l’optique d’organiser des formations et notamment la mise en place de kits BIM, permettant d’aider tout le monde à mettre le pied à l’étrier. « Il y a 99% de chance que d’ici 2017, le BIM ne soit pas imposé mais il y aura des incitations. Il n’y a aucun intérêt à imposer froidement quelque chose. Mieux vaut expliquer les intérêts qu’il y a à utiliser et exploiter cette méthode. »

Et pour ce faire, M. GRAND expose à la salle le tout premier appel d’offre public 100% BIM. Celui-ci a été exigé à toutes les étapes : études construction, livraison en vue de l’exploitation. Il s’agit du centre hospitalier d’Ajaccio. L’extrait du document fourni est très clair : « Celle-ci [la maquette numérique] devra être réalisée en cohérence avec le protocole BIM présenté dans les pièces écrites et devra respecter le cahier des charges BIM. […] L’ « ensemblier » devra considérer la maquette numérique BIM comme un outil de travail tout au long de l’opération. »

La grande nouveauté est la nécessité d’avoir un BIM manager ainsi que des BIM coordonnateurs. Le BIM manager travaille avec l’assistant à maîtrise d’ouvrage. Il est responsable de la cohérence des données constituant la maquette. « Le BIM manager aura pour mission la synthèse des données informatiques inhérentes au projet. Il aura pour mission de s’assurer de la cohérence du modèle global qui agglomérera l’ensemble des données graphiques du projet. »

Le BIM permet de créer différents squelettes d’organisation (électrique, thermique…). Une salle immersive à Sophia Antipolis avec écran incurvé permet de se balader en trois dimensions dans le futur centre hospitalier. Le BIM permet d’intégrer le projet dans son site et dans son espace : « on obtient une vision du bâtiment un peu comme dans un jeu vidéo. »

Et là, LA fameuse question tombe. Combien de temps pour monter un projet comme ça ? Et combien ça coûte ? « L’AO a été passé en fin 2012 début 2013. Ce projet pilote est assez long mais on a peu de recul car il comporte des notions expérimentales. Il fallait s’assurer que tous les acteurs soient en mesure d’utiliser tous les logiciels nécessaires ; on n’est pas encore sur un rythme de croisière mais sur le long terme, le gain de temps va être considérable. » Et concernant le coût, on l’estime à long terme à environ 35€ par mètre carré. M. Grand conclue en rappelant que « ce projet est le premier mais néanmoins une très belle réussite ! ».

Gilbert Milard d’Autodesk enchaîne avec une démonstration pratique en temps réel, qui laisse l’assistance sans voix. On peut ajouter, sur une couverture maximum de 200m², ajouter une route en dix secondes, voire les ombres portées du bâtiment à toute heure de la journée et à toute période de l’année. « Cela permet de faciliter l’approche de visualisation du projet pour des personnes novices, qui n’appartiennent pas au milieu architectural. » Bluffant, ludique, on se croirait presque dans un jeu vidéo.

S’en est suivie une table ronde forte d’échanges et de remarques sur la question, à laquelle participaient, autour du Président Patrice CHAUSSE, Grécia Garcia, responsable du Pôle Opérations du Conseil Régional d’Auvergne, Julien Mercier, gérant de la société Im-Pact et adhérent CINOV, Jean-Pierre Laurie de la SSII Caedetic et adhérent CINOV et Bruno Slama, mathématicien, éditeur de logiciels et président de Mediaconstruct. Pour clôturer cette journée, CINOV invite au cocktail de l’amitié qui a été offert à tous les participants au sein du département Génie Civil de Polytech.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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