webleads-tracker

Décideur

Claude Barbin : « J’ai appris à servir. C’est ce qui m’a donné du bonheur »

Claude Barbin : « J’ai appris à servir. C’est ce qui m’a donné du bonheur »
Claude Barbin, président de la CCI métropolitaine du Puy-de-Dôme

Son enfance, sa vie de famille, ses différents mandats, sa vision du territoire… L’actuel président de la CCI métropolitaine du Puy-de-Dôme, Claude Barbin, revient sans tabou sur son parcours dans une interview exclusive pour le Journal de l’éco.


« Il n’y a de salut que dans l’action. »

Le premier chapitre de l’histoire de Claude Barbin s’écrit un 22 juin 1958. Né à Clermont-Ferrand, il effectue son enseignement scolaire à Chamalières puis Montferrand. A l’heure de choisir son orientation, il opte pour une école de commerce IDRAC qu’il fera à Montpellier pour obtenir un Bac+3 Commerce et Animation d’équipe. « Ma mère m’a poussé à quitter le cocon familial. [ …] Elle me disait : « plus tu es loin, plus tu grandis. » »

Au fil de l’interview, le protagoniste se dévoile. Derrière le politique se cache un homme dynamique, amoureux de son territoire, un sportif féru de footing et de ski, mais aussi un père de 3 enfants pour qui la famille est sa « plus belle réussite.» L’immobilisme, très peu pour lui. « Un homme qui n’agit plus est livré aux éléments. Un homme qui est dans l’action choisit sa destinée. […] La retraite (dans l’armée, ndlr) c’est reculer pour mieux contre-attaquer. Ce qu’il faut c’est bouger. » Même si l’anxiété le saisit parfois, il trouve dans l’action la force d’avancer.

« L’institution militaire m’a dévoilé mes compétences sportives et managériales. »

Son diplôme en poche, Claude Barbin décide, en 1979, de réaliser une préparation militaire parachutiste à Rivesaltes « parce que je voulais absolument faire un service militaire intéressant, me prouver que je peux servir à quelque chose. » L’expérience lui plaît. L’héritage de ses deux grand-pères, militaires de carrière, nourrit un peu plus son engagement. Il poursuit et devient officier parachutiste à Pamiers dans l’Ariège. “L’institution militaire m’a séduit car elle reconnaissait le travail des hommes. Avant de devenir Général, il faut d’abord être soldat. Cette progression interne était extrêmement enthousiasmante et se faisait à la valeur.” glisse-t-il les yeux emplis d’émotion.

Je fais 20 jours tous les ans de ESR, Engagement Spécial des Réserves. J’ai commencé en 1980 et aujourd’hui, je suis affecté comme lieutenant colonel aux écoles militaires de Saumur. Cela veut donc dire que je servirai jusqu’à 64 ans. Et pour moi, c’est un véritable bonheur.

Retour à la vie civile trois ans après. Il fait ses premières armes au sein de la société Polaroïd puis intègre ensuite le journal Liaison France avant de revenir aux sources en 1983, « par amour », me confie-t-il. Il rejoint alors le cabinet d’assurances dans lequel sa mère travaille, à Clermont-Ferrand. « Il faudra que tu te fasses ta place. » lui soufflait-elle. Claude Barbin commence alors au plus bas de l’échelle en effectuant un stage d’agent général et de courtier avant de prendre la direction de Barbin Associés Assurance en 1985, société qui emploie aujourd’hui 15 personnes.”La 3e génération rejoint le cabinet avec mon aîné, Nicolas, qui a 27 ans.

« Rendre au territoire ce qu’il m’a apporté. »

Au début des années 1990, il intègre le Centre des Jeunes Dirigeants du Puy-de-Dôme. Une expérience qu’il qualifie de « mouvement de passage extrêmement généreux […] pour lequel il n’y a aucune frontière, où tout est permis à travers l’expérimentation. C’est merveilleux ! » En 1997, il est nommé président de l’association avant de devenir, deux ans plus tard, le président à l’échelle régionale jusqu’en 2002.

« J’avais défendu, dans les années 1997-98, la nécessité que nous devions être présents dans les Chambres de commerce. Pour donner l’exemple, j’ai présenté ma candidature pour être membre associé, quelqu’un qui n’est pas élu mais qui peut participer aux travaux et qui apporte ses compétences aux décisions des élus. C’est comme cela que j’ai commencé à intégrer les Chambres. », se souvient Claude Barbin.

A l’exemple de son grand-père paternel « qui s’investissait volontiers pour le bien public », Claude Barbin rejoint le Conseil municipal de Chamalières en 2010. C’est tout naturellement qu’il décroche le statut de correspondant défense et anciens combattants. Il intègre également les commissions développement économique et tourisme.

CCI : « J’ai eu envie d’y aller car il y avait des challenges à relever. »

En 1993, il s’implique auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Clermont-Fd/Issoire en tant que membre associé. Plus de 20 ans après, Claude Barbin prend la présidence de la CCI du Puy-de-Dôme et succède ainsi à Isidore Fartaria en novembre 2016. « J’ai eu envie d’y aller car il y avait des challenges à relever. », précise-t-il en revenant sur son élection. Lorsqu’on lui demande ce qu’il fera en 2021 sonnant la fin de son mandat, il rétorque : « J’aime aller au bout des challenges et j’ai le sentiment que ce nous sommes en train de vivre c’est une véritable refondation, et qu’avec mes pairs, je continuerai bien l’aventure. C’est évident. »

Présider dans la tempête

Parmi les gros chantiers figure celui de la restructuration des Chambres de commerce. Le ministre Bruno Le Maire annonçait, en juillet dernier, une baisse de budget drastique de 400 millions d’euros d’ici 2022 à l’échelle nationale, invitant les CCI à se réinventer. C’est dans ce contexte compliqué que Claude Barbin tient la barre de la CCI métropolitaine du Puy-de-Dôme. « Nous avons à refondre les CCI. Ça va impliquer que notre CCI soit forte pour ses entreprises qu’elles accompagnent. Une CCI forte pour son territoire pour que l’Auvergne prenne sa place en Auvergne-Rhône-Alpes. Une CCI forte pour elle-même avec de nouveaux éléments de ressources. »

« La puissance de Rhône-Alpes nous oblige, Auvergnats, à être à la hauteur. »

Pour pérenniser ce service de proximité à destination des entreprises, Claude Barbin s’inscrit dans une logique partenariale et mutualise les moyens avec d’autres institutions. A l’exemple de la signature, en juin dernier, d’une convention avec Clermont Auvergne Métropole et son président Olivier Bianchi. « L’intelligence collective est fondamentale. », renchérit-il.

Son territoire, il l’aime sans nul doute tant il s’évertue à rappeler les potentiels de l’Auvergne : « Nous avons un maillage économique extraordinaire. […] Nous devons être des ambassadeurs pour créer de la dynamique ! », conclut-il avec enthousiasme et opiniâtreté. Une détermination de fer qui l’animera, tel un soldat en opération, jusqu’à ce que la mission soit accomplie.

Catty Boirie



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

Si vous avez aimé cet article,
partagez le !