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Convivial SA à Creuzier-le-Vieux : l’expertise de la découpe ultra fine… de la viande !

Convivial SA à Creuzier-le-Vieux : l’expertise de la découpe ultra fine… de la viande !

Basée à Creuzier-le-Vieux dans l’Allier, Convivial SA se consacre à la transformation et à la conservation de la viande de boucherie. Sous l’impulsion de son créateur et président du conseil d’administration, Jean Meunier, l’industrie s’est spécialisée dans la technique de la découpe ultra fine. Un savoir-faire unique qui fait son succès tout en garantissant une viande de qualité.


“Il ne faut pas dénigrer la viande. Elle coûte de plus en plus chère mais elle mérite d’être placée à sa juste valeur. Ce n’est pas un produit banal, il faut lui donner ses lettres de noblesse”. Ces propos forts de Jean Meunier résume bien l’intérêt et la motivation qu’il porte à un aliment auquel il a consacré sa vie. Issu d’une famille travaillant dans la boucherie depuis 8 à 10 générations, il s’est donné les moyens de son ambition. “J’ai obtenu en 1972 un diplôme d’ESIX en viande et nutrition à l’université de Caen. Par la suite, j’ai pu connaître la genèse de l’entreprise Charal en y travaillant en 1985-1986”.

Fort de son expérience dans l’agroalimentaire et sa connaissance du métier de boucher, Jean Meunier décide de fonder sa propre entreprise. “J’avais envie de créer quelque chose, d’autant que je voulais marqueter un procédé que personne ne voulait exploiter. C’était un risque pour moi à l’époque mais j’avais quelques assurances commerciales.”Grâce au soutien de l’INRA de Theix et de l’ADIV de Clermont-Ferrand, Jean Meunier, au travers de Convivial SA, va mettre au point la découpe de viande en feuilles ultra fines. “Cela permet de maîtriser et garantir la tendreté de la viande. Lorsqu’on mange un aliment, on a une perception purement mécanique. On va chercher en mémoire la sensation qu’on a au contact des canines. On aime manger de la viande parce qu’elle est tendre, craquante et juteuse. C’est pour cela qu’entre autres, nous essayons de supprimer le plus possible l’effet du collagène”.

Avant de pouvoir développer une importante chaîne de fabrication, plusieurs étapes difficiles attendaient Jean Meunier dans sa fondation de Convivial SA, rien que pour cette méthode développée dans plusieurs laboratoires. “Il y avait la faisabilité du procédé qui était dur à maîtriser, la mise au point du premier prototype ou encore la prospection commerciale. Parmi les problèmes, la recherche de fonds propres pour stocker les viandes a été importante. Une solution a pu être trouvée grâce à OSEO/BPI”.

Officiellement ouverte le 1er avril 1989, la société va devenir performante dans la qualité de la préparation des viandes. “Le Parfait de Charolais est notre principal produit. Nous faisons également des biftecks hachés BIO, charolais ou encore cuits. Nous pouvons produire trois à six tonnes de viande par jour”. Au-delà de la qualité, Jean Meunier attache de l’importance à la mise en valeur de la viande locale. “Nous travaillons la viande de la SICABA (Société d’Intérêt Collectif Agricole de Bourbon l’Archambault), la SICAREVE à Roanne ou encore les abattoirs de Montluçon, Vichy et Issoire. Pour ce qui est de la clientèle, ce sont essentiellement des personnes du surgelé spécialisé, issues par exemple du réseau Freezer Center ou de la restauration hors foyer comme Pomona”.

Convivial SA, comprenant actuellement 56 salariés, connaît une vraie réussite avec un chiffre d’affaires de 16,6 millions d’euros par an. “Étant les seuls à exploiter la technique de la découpe ultra fine, nous pouvons pleinement satisfaire nos clients. Nous avons 60 à 70 % d’impulsion d’achat positive”. Jean Meunier n’hésite pas à admettre que, parfois, certains retours sont plus négatifs. “Il peut exister ce que j’appelle l’effet coca-cola. Des gens sont surpris la première fois car quand ils mangent un Parfait de Charolais, ils s’attendent à un pavé de viande, ce qui n’est pas exactement le cas de notre produit qui se délite un peu. Il n’est pas compact comme un pavé donc ils n’aiment pas.”

Rien cependant ne pourra faire douter Jean Meunier qui s’est toujours montré méticuleux et réfléchi depuis le début. “Nous avons eu beaucoup de chance avec l’histoire des crises sanitaires. On a été très vite intransigeant sur la traçabilité animale avec les abattoirs qui travaillaient avec nous. Cela nous a évité d’avoir des problèmes avec la crise de la vache folle.” Une assurance qui permet donc d’envisager l’avenir avec sérénité. “Parmi nos projets, nous avons celui de créer une chaîne pour produit protéiné à la fois végétal et animal. L’idée est de faire un mixte des deux éléments.”

 Si Jean Meunier, aujourd’hui âgé de 63 ans, semble prospérer, sa vision du métier est pourtant assez pessimiste. “L’idée de créer quoi que ce soit en France me paraît à l’heure actuelle impensable. Le métier est dévalorisé et l’entreprise est complétement exploitée. Dans ma branche, il y a pourtant une immense majorité de producteurs et d’abattoirs qui travaillent bien. Nous avons un niveau sanitaire unique au monde. De manière générale, c’est une situation catastrophique, les notions d’ingéniosité et de création n’existent plus. Les jeunes n’ont plus la vocation.” Le parcours et la réussite du dirigeant de Convivial SA pourront peut-être justement inspirer les générations futures…



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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