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Société

Déconfinement | La réouverture attendue des lieux de loisirs

Déconfinement | La réouverture attendue des lieux de loisirs

Les parcs d’attractions, zoos et autres lieux de loisirs ont dû fermer leurs portes une seconde fois à l’annonce du confinement de l’automne 2020. Après la publication du calendrier de déconfinement, ils entrevoient une réouverture au 19 mai pour les zoos et parcs à thèmes (sans attractions) et au 9 juin pour les attractions et fêtes foraines.


Une distinction « incohérente et injustifiée »

« Les parcs à thèmes pourront rouvrir le 19 mai mais les attractions resteront fermées dans un premier temps », a déclaré le secrétaire d’État au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne sur RMC. « Le 19 mai, ce sera les activités de plein air, les zoos, mais les attractions en elles-mêmes, ce sera le 9 juin ».

« On ne comprend pas et on ne voit pas quelle est la distinction entre parc à thème et parc d’attractions », a réagi auprès de l’AFP la Compagnie des Alpes, propriétaire notamment du Parc Astérix, dont la date de réouverture n’a pas encore été fixée.

Pour le Syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels (Snelac), qui réclamait une reprise le 19 mai, cette distinction est « incohérente et injustifiée ». « Les protocoles mis en place en 2020 ont démontré toute leur efficacité », fait valoir Arnaud Bennet, président du Snelac. Par ailleurs, à la tête du PAL dans l’Allier, un parc d’attractions et animalier, Arnaud Bennet a fait le choix d’attendre le 9 juin pour rouvrir complètement : « On aurait pu rouvrir plus tôt, le 19 mai, mais sans les attractions, ce qui n’avait pas de sens ».

Un impact économique important

Avec cette ouverture tardive pour les parcs, leur saison estivale est une nouvelle fois amputée et leur chiffre d’affaires risque de nouveau d’en pâtir. “La saison dernière a déjà été amputée de plusieurs mois et on a perdu 50 % de notre chiffre d’affaires”, rappelle Arnaud Bennet. “Les parcs sont des entreprises solides, mais si ça continue comme ça, certains pourront avoir du mal à s’en sortir”. Malgré les prêts garantis par l’Etat (qu’il faudra rembourser), les trésoreries sont au plus bas, obligeant souvent à annuler ou repousser les investissements. Ouverts ou pas, les parcs de loisirs doivent supporter d’importantes charges fixes pour l’entretien des attractions ou les soins et l’alimentation des animaux.

En plus d’impacter considérablement le chiffre d’affaires de ces lieux de loisirs, la fermeture entraîne par ruissellement des conséquences économiques désastreuses pour les communes et activités dépendantes de cette économie locale. Le manque de touristes fragilise ces régions et menacent de nombreux commerces qui, en plus de devoir faire face aux restrictions sanitaires, ont perdu la quasi-totalité de leur clientèle. Outre l’apport économique, les sites de loisirs font aussi travailler l’ensemble des fournisseurs des environs.

Cet arrêt est également un frein à l’emploi. Beaucoup d’employés sont des saisonniers, des étudiants qui travaillent pendant leurs vacances et renforcent les équipes pendant la haute saison. Un certain nombre d’emplois saisonniers n’ont pas pu être reconduits l’été dernier et sont en danger pour 2021. Disneyland Paris peut par exemple employer, directement ou indirectement, jusqu’à 60 000 personnes en Seine-et-Marne. Aujourd’hui, la plupart de ses 15 000 salariés sont au chômage partiel. Le recrutement pour tous les parcs s’annonce également compliqué car toutes ces incertitudes ne rassurent pas les candidats qui préfèrent postuler ailleurs.

Jauge et pass sanitaire

Pour l’instant, la jauge prévue lors de la réouverture est fixée à 5 000 visiteurs, quelle que soit la superficie du parc. « Une jauge à 5 000 ce n’est pas rationnel », déplore Arnaud Bennet. La profession propose à la place une jauge de à quatre mètres carrés par personne en extérieur. Pour les zoos, la jauge est fixée à 50% de la capacité totale. A partir du 9 juin, si toutes les conditions sanitaires sont réunies, la jauge de visiteurs passera à 65%, puis 100% à partir du 30 juin. S’agissant de lieux fermés, les aquariums, les vivariums et les serres tropicales ne peuvent rouvrir qu’à partir du 9 juin en même temps que les attractions.

Autre point qui fait débat : l’exigence du pass sanitaire dans les parcs de loisirs actuellement à l’étude. « D’un point de vue logistique, ça n’est pas possible”, explique Arnaud Bennet. “Dans les parcs de loisirs, les réservations se font souvent le jour même, et le public et les saisonniers sont majoritairement des jeunes, beaucoup moins vaccinés que le reste de la population ». D’après lui, avec un pass sanitaire imposé aux parcs d’attractions, beaucoup d’entreprises du secteur ne pourraient tout simplement pas rouvrir par manque de rentabilité.

C’est le cas, par exemple, du Jardin d’Acclimatation. La direction du parc d’attraction parisien (le seul intramuros) de 18 ha s’interroge actuellement sur les conditions et la date de réouverture car la jauge imposée et la possible instauration du pass sanitaire les condamneraient à ouvrir à perte.

Les professionnels dénoncent le fait qu’en France, les parcs sont assimilés à tort à des événements ponctuels (matchs, tournois, festivals, concerts, etc.).

Pour le Snelac, cette assimilation est totalement injustifiée. La gestion des flux des visiteurs profite de très grands espaces extérieurs (accès, déplacement sur le site, sortie), et est donc très différente de celle qui caractérise les grands événements. Par ailleurs, la majorité des visiteurs ne réservent pas leur entrée, contrairement à un grand événement dont l’accès est réservé longtemps à l’avance.

Les modalités de redémarrage de ce secteur, à l’arrêt complet depuis sept mois, devraient être précisées dans les prochains jours. Après une réunion le mercredi 5 mai avec Alain Griset, Ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises et Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’État chargé du Tourisme, les discussions se poursuivent avec les représentants du secteur.

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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