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Société

Thermalisme | Réouverture des thermes le 19 mai

Thermalisme | Réouverture des thermes le 19 mai
Grands Thermes de la Bourboule (63)

Après plus de six mois de fermeture et une saison 2020 plus qu’écourtée, les 113 établissements thermaux sont autorisés à rouvrir le mercredi 19 mai, lors de la deuxième étape du déconfinement, avec une jauge de 50% de curistes au lieu de 35% prévue initialement.


Depuis le début de cette crise sanitaire, l’économie thermale a beaucoup souffert. Les thermes ont connu un premier coup d’arrêt de trois mois lors du premier confinement avant de reprendre en jauge limitée pour environ quatre mois. L’annonce du second confinement les a de nouveau obligés à fermer leurs portes pour une période beaucoup plus longue.

Le bilan de l’année 2020 se révèle donc catastrophique. La saison très écourtée, les restrictions liées à la limitation de la capacité d’accueil et les craintes des curistes ont sévèrement érodé la fréquentation : alors qu’elle s’était établie à 580 000 curistes en 2019, elle n’est que de l’ordre de 220 000 en 2020, soit une baisse de 67%.

Les conséquences financières de la crise sont sévères pour les établissements thermaux mais aussi pour l’ensemble des acteurs économiques de la station thermale elle-même, souvent très dépendants des thermes (médecins thermaux, hôtels, meublés, restaurateurs, prestataires de loisirs…). Certaines communes thermales dépendant presque exclusivement de cette économie ont également beaucoup souffert. Avec la fermeture des thermes, c’est tout un écosystème autour du secteur thermal qui est impacté.

Au total, ce sont environ 100 000 emplois, selon les estimations du CNETh, qui ont été affectés par la baisse d’activité. C’est sur la base de cette forte intrication économique que le secteur a bénéficié de l’inscription sur la liste des activités connexes au tourisme, qui lui a permis entre autres de bénéficier de l’activité partielle aux conditions dérogatoires bonifiées.

Néanmoins, « tous les établissements sont largement déficitaires, et en particulier ceux de petite taille et ceux exploités par une régie municipale ou intercommunale qui n’ont été éligibles à aucun des dispositifs de soutien mis en place », souligne Thierry DUBOIS, Président du CNETh, syndicat professionnel des établissements thermaux. Les établissements thermaux enregistrent ainsi pour 2020 110 millions d’euros de pertes. Face à cette crise, le CNETh alerte donc sur le dépôt de bilan de certains établissements et le risque pour d’autres de fermer définitivement.

Depuis l’annonce officielle du gouvernement, les établissements thermaux se préparent à la réouverture. Mais celle-ci ne s’organise pas si facilement, il faut en effet compter un délai d’environ trois semaines afin de remettre en service toutes les installations et obtenir les résultats des contrôles bactériologiques.

A cela s’ajoute également le recrutement du personnel et l’organisation du planning. La question de la venue des curistes se pose également. Avec des délais aussi courts, les curistes risquent de ne pas venir en nombre durant les premières semaines. C’est l’une des raisons pour laquelle un certain nombre d’établissements ne rouvrira pas dès le 19 mai.

Un autre aspect à ne pas négliger est la mise en place des différentes mesures dans le cadre du protocole sanitaire. En avril 2020, la profession avait pris l’initiative d’élaborer un référentiel sanitaire, validé par la Direction Générale de la Santé, afin de rouvrir en toute sécurité durant l’été 2020.

Particulièrement exigeant, il comportait 96 mesures qui ont assuré la sécurité sanitaire des curistes et du personnel et permis qu’aucun cluster ne survienne. Toutefois, la mise en place des mesures sanitaires a représenté un coût important que les établissements thermaux n’ont pas répercuté sur leurs tarifs. Ce surcoût a été estimé à environ 80 euros par curiste.

Les stations thermales ouvertes à partir du 19 mai fonctionneront donc à la moitié de leur capacité. Avec la mise en place du protocole sanitaire, il se pourrait que pour certaines cela ne soit pas rentable. Le secteur thermal espère donc arriver à une jauge de 100% d’ici juillet, période de haute fréquentation, afin de pouvoir rebondir et relancer leur activité.

La pérennité économique du secteur n’est pas le seul enjeu. L’impact sanitaire est également préoccupant. Malgré le fait qu’il s’agisse d’établissement proposant des traitements médicaux, les stations thermales ont été obligées de fermer durant chaque confinement. Pour de nombreux curistes, atteints de maladies chroniques, 2020 et 2021 ont donc signifié une parenthèse dans leur traitement thermal, et par conséquent, la résurgence d’épisodes de crise, de limitations fonctionnelles et, une reprise de traitements médicamenteux que la cure permettait d’éviter ; et enfin, une indéniable perte d’autonomie et de qualité de vie.

Il est également nécessaire de rappeler que les cures thermales traitent entre autres des personnes atteintes d’asthmes ou d’autres problèmes respiratoires, facteur aggravant en cas d’infection à la COVID-19.

Selon Thierry Dubois, Président du CNETh, syndicat professionnel des établissements thermaux : « La profession se réjouit de la réouverture des établissements thermaux après une fermeture de six mois. Il était temps que les thermes renouent avec leur rôle d’acteurs de la santé publique, et aussi de permettre aux curistes de ne pas davantage différer le traitement de leurs maladies chroniques ».

Les professionnels espèrent au moins qu’une chose positive émergera de cette crise : qu’elle révèle la dimension préventive et conservatrice des soins thermaux et aussi plus singulièrement, qu’elle mette en évidence la contribution de la médecine thermale à la prise en charge de certaines séquelles, aussi bien psychiques que physiques, de la COVID-19.

Certaines séquelles de la COVID-19 peuvent trouver une prise en charge adéquate en milieu thermal avec des ressources utiles pour le traitement, en particulier, du syndrome de désadaptation, de la fatigue chronique, liés à la fois à la virose et aux soins rendus nécessaires, qui peuvent, dans certains cas, s’avérer éprouvants.

Il va de soi que les formes les plus sévères de séquelles respiratoires ou neurologiques relèvent de soins dispensés dans des structures de soins de suite et de réadaptation spécialisées. Mais la libération de ces moyens implique des solutions alternatives pour certains de leurs patients. La compétence thermale en rééducation orthopédique est reconnue par la tutelle et ne demande qu’à être développée.

Les Grands Thermes de La Bourboule, qui ont annoncé leur réouverture au 28 juin, recommandent leur programme de « Prévention Santé » accès sur la psychologie positive et l’activité physique couplé aux soins de cure, particulièrement adapté pour les personnes ayant contracté la Covid-19.

 

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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