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Dom@pass innove pour relever les défis du vieillissement

Dom@pass innove pour relever les défis du vieillissement
Crédit photo : José Cerda

Des produits et des services, mais surtout des concepts innovants démontrent que les réponses aux problèmes liés à l’accompagnement des seniors passent par une nouvelle approche de la personne et de son environnement.


Le projet Dom@pass illustre une tendance forte  dans la prise en charge du vieillissement : l’intérêt pour des solutions à la fois innovantes et très personnalisées. Initié par la Mutualité française du Puy-de-Dôme, il a reçu un trophée lors des Régionales de la santé, en mars dernier, puis a été sélectionné pour les Trophées du CIMA 2015. Il s’agit d’un outil technologique permettant à la personne âgée de disposer, quel que soit son lieu de vie, d’un suivi individualisé et coordonné entre tous les professionnels de santé qui l’accompagnent (médecin de ville, assistant médico-social ou social).

Une approche « inclusive »
A lui seul, Dom@pass résume le message du premier Congrès international des acteurs de l’accompagnement, le CIMA 2015 qui s’est tenu à Limoges du 8 au 10 avril dernier. Valorisant certaines initiatives déployées à travers le monde, la manifestation constitue en elle-même une innovation par la diversité des secteurs mobilisés et, surtout, par l’approche nouvelle des problématiques du vieillissement. Cette approche s’appuie sur une triple démarche : identifier et renforcer les aptitudes de chacun, compenser ses incapacités et adapter l’environnement de façon à le rendre inclusif. Concrètement, l’objectif est de faciliter la réalisation d’un parcours de vie décidé par la personne elle-même. Afin qu’elle puisse être le plus possible en situation d’autonomie, grâce à l’adaptation des comportements, de l’environnement et à l’apport des aides techniques et humaines. Ceci exige une action concertée et décloisonnée de tous les acteurs et moyens autour du développement des capacités de l’individu. En effet, deux types de moyens interviennent pour faciliter «l’inclusion » de la personne dans la société : des moyens humains (les acteurs professionnels et les aidants familiaux) et des moyens matériels et institutionnels (les nouvelles technologies, la recherche et l’innovation, la prévention et la promotion de la santé, les politiques publiques). Tous doivent apprendre à travailler ensemble en faveur d’un accompagnement favorisant l’autonomie de l’individu.

Soutenir un projet de vie
« Penser l’accompagnement du projet de vie, dans le respect des choix et décisions qui constituent l’autonomie, nécessite de transformer nos organisations de services et pratiques cloisonnées, d’intervenir de façon coordonnée, interprofessionnelle et écologique », explique Patrick Fougeyrollas, Président du Comité Scientifique du CIMA. « Ce 1er congrès permet de donner une visibilité internationale aux innovations et aux projets qui répondent à cette priorité contemporaine ».
L’anthropologue canadien nous présente les 3 dimensions de l’environnement sur lesquelles il faudrait intervenir afin de rendre ce dernier inclusif. « L’environnement sociétal » ou MACRO (les aménagements induits par les politiques sociales), « l’environnement communautaire » ou MÉSO (le voisinage et la collectivité), et « l’environnement personnel » ou MICRO (l’habitat, les proches, les aides technologiques). Selon lui le manque d’informations et de conseils pour mettre en commun ces connaissances, produits et services est l’un des champs d’innovation pour les années à venir.

Partir des besoins de la personne
Les préoccupations sont similaires du côté de Bernadette Devictor, Présidente de la Conférence Régionale de Santé et de l’Autonomie Rhône-Alpes et  vice-présidente du CISS Rhône-Alpes, qui rassemble plus de 110  associations d’usagers de la santé et plus de 550 représentants des usagers. Elle invite à innover dans l’approche territoriale de l’accompagnement des seniors. « De la façon dont on conçoit l’offre territoriale, il faut se demander comment mieux rendre service à la personne, partir de ses besoins. Il est indispensable de faire connaître la diversité des structures qui interviennent sur chaque territoire, de créer un référentiel des interventions et de mettre en place des outils partagés afin de recueillir les besoins, d’évaluer et suivre les parcours. L’objectif final étant de surmonter la fréquente inadéquation entre la demande de la personne âgée et les réponses qu’elle reçoit ».
Ainsi tous les acteurs, publics et privés, pourraient être porteurs de projets et  force de proposition dans la création d’outils innovants. « Il est important de structurer ces initiatives pour qu’elles se transforment en innovation », souligne B. Devictor en citant l’exemple de l’Observatoire régional des actions innovantes sur la dépendance et l’autonomie (ORAIDA) créé en juin 2012 en Rhône-Alpes. Premier laboratoire régional d’idées dédié à la dépendance et à la perte d’autonomie, l’intérêt de la structure réside dans les possibilités de partages et de promotion d’initiatives novatrices à l’échelle régionale, nationale et européenne.

L’échelle locale
Car c’est précisément l’échelle régionale et locale qui apparait comme l’espace le plus pertinent pour innover dans le domaine du vieillissement. Depuis le lancement de la filière silver économie en avril 2013, les actions dans les régions ne manquent pas. Selon Luc Broussy, l’auteur du Rapport interministériel sur « l’adaptation de la société au vieillissement de la population » remis au Premier Ministre en mars 2013, rapport qui a alimenté le projet de loi sur le vieillissement, la silver économie est l’un des rares écosystèmes où les acteurs publics et privés sont partie prenante à un niveau local. Des régions pionnières comme la Basse Normandie, l’Aquitaine, et le Midi-Pyrénées se mobilisent, sous l’impulsion, entre autres, de FRANCE SILVER ÉCO, dont Luc Broussy est le président. Le but de l’association est d’être le facilitateur de l’innovation par la mise en place d’un réseau national d’expertise et d’innovation associant tous les acteurs de la chaîne de valeur (offreurs, utilisateurs, financeurs).
« Nous voyons émerger un bon nombre d’initiatives privées aussi bien à travers de grandes entreprises comme Orange, Darty, La Poste que des start up, les PME de taille moyenne étant plus absentes, annonce Luc Broussy. Complémentaire à l’action publique, le secteur privé est force de proposition et de conception de prestations nouvelles, par exemple, des paniers de services. L’Etat, les Régions et les Départements doivent néanmoins se structurer davantage pour organiser un écosystème permettant à ces acteurs privés de mieux structurer leur offre ».

Prévention et aides techniques
Dans ce sens, la Conférence des financeurs de la prévention prévue en janvier 2016 et l’attribution d’une enveloppe de 140 000 euros pour financer la prévention et les aides techniques devront apporter un appel d’air à ces initiatives. Et, à l’autre bout de la chaîne, les Trophées du Grand âge qui récompensent tous les ans les innovations destinées à améliorer la qualité de vie de nos aînés devraient voir se démultiplier le nombre de leurs candidats. Toutes les conditions sont réunies pour un travail de fond et à long terme en ce sens.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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