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Événement | Retour sur la Grande Soirée de l’Eco

Événement | Retour sur la Grande Soirée de l’Eco

Hier soir, l’auditorium du Hall 32 a accueilli en son sein la 10ème édition de la Grande Soirée de l’Eco, organisée par le Journal de l’Eco et animée par le journaliste Marc-Alexis Roquejoffre.


300 chefs d’entreprise et acteurs économiques du territoire clermontois ont assisté dès 18h30 à cet événement annuel dont le fil conducteur était « Energies et mobilités ».

Protection de la planète, guerre en Ukraine, sobriété énergétique, JO de Paris 2024, réduction de la consommation d’énergie, habitudes en terme de déplacements et encore transports ferroviaires et aériens régionaux sont tout autant de sujets liés au grand fil conducteur de la soirée.

 

 

C’est Lionel Chaumeil, président du Journal de l’Eco, qui a ouvert le bal des prises de parole pour remercier les intervenants, partenaires et acteurs économiques du bassin clermontois, présents ou non à l’événement.

Pour enrichir les échanges de cette soirée, les partenaires de l’événement, EDFClermont Auvergne MétropoleCCI Puy-de-Dôme Clermont Auvergne MétropoleRiom Limagne et Volcans AgglomérationBanque Populaire Auvergne Rhône AlpesGROUPE GESTION 4Mercedes-Benz AG, Medef 63RLVCPME Puy-de-DômeDESPRAT VINSGroupe CHAUMEILMARC Production, ont témoigné de leur expérience sur les sujets liés aux énergies et aux mobilités.

« Va-t-on avoir froid cet hiver ? », a demandé Marc-Alexis Roquejoffre lors de la première table ronde de la soirée en compagnie de Frédéric Sarrazin, directeur EDF commerce Auvergne-Rhône-Alpes. « Nous faisons le maximum pour remettre le parc nucléaire en état au moment le plus fort de l’hiver pour couvrir cette période-là. Mais cela n’empêche pas la précaution de la sobriété énergétique qui dépend des efforts de tout le monde. », a affirmé ce dernier. « Monitorer sa consommation, c’est la solution pour faire des économies financières et énergétiques », a-t-il conclu.

C’est ensuite Pierre-Henri Grenier, dirigeant exécutif de la Banque de la Transition Énergétique chez Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes qui a pris la parole en commençant son discours par un mot fort : la brutalité. « Nous sommes en pleine révolution énergétique car nous n’avons plus le choix », souligne-t-il.

La brutalité du prix de l’énergie et de la crise énergétique est à la fois une attaque à la rentabilité des entreprises mais également un « moteur pour l’innovation ».

C’est dans cette ligne de conduite que la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes avait lancé en 2020 la Banque de la Transition Energétique pour accompagner les entreprises dans cette crise énergétique via un véritable écosystème de partenaires et des solutions adaptées.

Sur la mise en place de la nécessaire sobriété énergétique, Jean-Pierre Brenas, conseiller régional dans l’enseignement supérieur, de la recherche, du numérique et de l’innovation, a témoigné de son expérience dans la rénovation des établissements scolaires de la région pour

« Notre but est de diminuer de 40% notre consommation d’énergie entre 2010 et 2030, mais aussi de monter en puissance sur d’autres solutions, d’atteindre 36% d’énergies renouvelables dans notre mix énergétique d’ici 2030. », a-t-il expliqué. L’achat et l’utilisation de véhicules à hydrogène est également une alternative sur laquelle la Région est plus que jamais engagée.

C’est Antoine Sautenet, représentant de la direction du développement durable du Groupe Michelin, qui a conclu les échanges de cette première table ronde.

« Pour l’instant, il n’y a pas de rupture d’approvisionnement de gaz en Europe en lien avec la guerre russo-ukrainienne, mais c’est un sujet que l’on suit de très près. (…) Michelin a anticipé le sujet de la sobriété énergétique il y a plusieurs années en fixant notamment des objectifs de réduction d’émissions de CO2 d’ici 2050. », a-t-il déclaré.

« Michelin ne peut pas se faire seul et nous avons besoin d’autres entreprises d’aujourd’hui pour avancer dans nos projets de mobilité durable. C’est en ce sens qu’a été créé la conjoncture Movin’On en 2017. »

A cette occasion, Antoine Sautenet a rappelé que Michelin avait stoppé ses activités en Russie le 15 mars dernier, en lien avec le conflit en Ukraine.

Deuxième temps fort de la soirée autour des questions suivantes : comment faire prendre conscience aux particuliers, aux entreprises, aux industriels mais aussi aux collectivités de la nécessité de changer leurs habitudes en lien avec la transition énergétique ?

Ce sont Elodie Babkine, directrice déléguée EDF commerce Auvergne-Rhône-Alpes ; Filipe Borges, directeur Banque des Entreprises et des Collectivités Publiques ; Cécile Chaput, directrice du pôle attractivité Riom Limagne Volcans ; Stéphane Corre, directeur de Constellium et Caroline Mioche, propriétaire de l’Hôtel Radio à Royat, qui ont témoigné à leur échelle de leur expérience.

 

 

Les solutions évoquées lors de cette table ronde sont les suivantes :

  • Pour les particuliers :
    • Être plus responsable et éteindre ses appareils électroniques la nuit
    • Baisser son chauffage d’un degré au cœur des saisons froides
  • Pour les entreprises et industriels :
    • Le photovoltaïque
    • La méthanisation
    • Les solutions de mobilité verte
    • Innover en matière de production d’énergies, comme le groupe Constellium utilise une solution innovante pour chauffer le site et un réseau de 10km dans le bassin issoirien
    • Favoriser les circuits-courts et l’approvisionnement local des produits utilisés par les entreprises comme en a témoigné Caroline Mioche pour le compte de l’Hôtel Radio
    • Faire appel au pilotage intelligent du bâtiment avec les technologies actuelles
  • Pour les collectivités :
    • Réaliser des diagnostics complets de la consommation bâtimentaire comme l’a fait Riom Limagne Volcans avec l’ADEME
    • Opter pour des chaufferies bois pour alimenter le réseau des établissements de la collectivité
    • Accompagner les entreprises dans les appels à projets régionaux et nationaux

 

Par la suite, c’est Claude Barbin, Président de la CCI Puy-de-Dôme Clermont Auvergne Métropole qui a témoigné de son expérience et du retour des chefs d’entreprise locaux. « La révolution énergétique, c’est une réalité, cela correspond à ce que nous vivons : l’approvisionnement, le conflit russo-ukrainien, les problématiques de recrutement, ce sont tout autant de problèmes auxquels sont confrontées les entreprises. », a-t-il déploré.

Il ajoute « Nous sommes dans un espace-temps que nous avons déjà vécu il y a deux ans, et dans lequel nous n’avons pas d’autres choix que de s’adapter. Notre rôle, c’est de continuer à recenser les retours des chefs d’entreprise et d’amorcer le dialogue avec l’Etat. ».

Troisième et dernière table ronde de la soirée, articulée cette fois autour du sujet des mobilités de demain.

Blandine Galliot, Présidente de la T2C, a présenté le projet InspIre en quelques mots. « InspIre, c’est la volonté d’améliorer la vie des habitants et transformer la métropole en aménageant l’espace urbain. »

En faisant un lien discret mais bien réel avec les récentes grèves de transport, elle évoque la nécessité absolue d’un réseau de transport métropolitain moderne, durable et adapté.

A la fois projet de mobilité et d’aménagement, cette structuration du réseau de transports T2C est une véritable révolution des transports qui permettront à la fois d’apaiser les flux de circulation dans la métropole, mais aussi de proposer des solutions de transport alternatives.

L’occasion pour Patrick Oliva, instigateur d’Orbimob’, de rebondir sur les actualités, avancées et ambitions progressives -il insiste sur cet aspect- du projet, puis de laisser le micro à Eric Boudot, directeur général de Charade GCK. Ce dernier témoigne alors des choix, avancées, projets et innovations en matière de mobilité durable, d’abord pour le groupement industriel GCK, puis pour le passionnant circuit automobile puydômois.

Enfin, Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand et Président de Clermont Auvergne Métropole, a commencé son partage en rappelant les interrogations soulevées lors de la 9ème Grande Soirée de l’Eco en septembre 2021, lors de laquelle il était également intervenu, soulignant des questions de résilience face à la situation sanitaire et économique.

« J’ai pris la décision –controversée, certes- de consulter tous les vendredis, à l’aide d’une équipe, les situations météorologiques pour décider de l’utilisation ou non du chauffage sur la métropole. », a déclaré le Maire de Clermont-Ferrand.

Il s’est exprimé : « C’est à nous de préparer la révolution énergétique. Bien sûr que tout ce processus sera difficile, mais on ne peut pas s’extasier devant les villes qui ont mis en place les dispositifs nécessaires –comme en Europe du Nord-, et ne pas vouloir réaliser les mêmes actions chez nous. ».

« La responsabilité et l’honneur des politiques de mener les habitants à vivre dans un environnement durable, c’est de réaliser les actions nécessaires malgré les critiques », a conclu le Maire de la ville et Président de la Métropole.

Une soirée riche en témoignages variés des acteurs de la transition –ou révolution- énergétique au cœur de notre région et métropole. La 11ème édition aura lieu le jeudi 21 septembre 2023, toujours au cœur de l’auditorium du Hall 32 à Clermont-Ferrand.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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