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Georges Faure, Fédération du Bâtiment : « Le compte pénibilité, un dispositif trop complexe qui va couter un milliard d’euros à nos entreprises !»

Georges Faure, Fédération du Bâtiment : « Le compte pénibilité, un dispositif trop complexe qui va couter un milliard d’euros à nos entreprises !»

La pénibilité au travail figure parmi l’un des nombreux dossiers pour lesquels la Fédération du Bâtiment défend les intérêts de ses entrepreneurs et artisans. Georges Faure, son nouveau président, revient, pour le Journal de l’éco, sur les limites de cette réforme.


Après avoir travaillé 29 ans en tant que chef d’agence dans de grands groupes, Georges Faure a décidé de donner un nouveau tournant à sa carrière. En 2004, il créé son entreprise GF3E spécialisée dans l’installation électrique dans les secteurs tertiaire et industriel. Cette même année, il intègre la Fédération Française du Bâtiment et des Travaux Publics du Puy-de-Dôme (FFBTP63) car, comme il le dit si bien, « [il a] toujours eu à cœur de défendre [son] métier ».

En plus d’être élu à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, il devient vice-président de la FFBTP63 en 2007 pendant 6 ans et accède à la présidence le 27 mars 2014. « J’avais déjà remarqué en tant que vice-président que la Fédération du Bâtiment est écoutée que ce soit au niveau national ou local. Nous ne sommes pas du style à descendre dans la rue ou à bloquer les autoroutes. Nous avons généralement un discours pragmatique et nous essayons d’amener des solutions ce qui est, en général, particulièrement apprécié. Mais, si nous ne sommes pas entendus, nous pouvons organiser des actions d’éclat comme en février 2013 avec l’opération « trop c’est trop » à l’origine d’un plan d’urgence pour le Bâtiment déclenché un mois plus tard par François HOLLANDE, Président de la République. »

Représenter, former les entrepreneurs et artisans et valoriser l’image de la profession

Créée en 1870, la Fédération du Bâtiment du Puy-de-Dôme regroupe 400 adhérents représentant 4 000 salariés sur les 12 000  que compte le secteur du bâtiment, structurés et organisés en sections professionnelles : électriciens, maçons, chauffagistes, plombiers, couvreurs, plâtriers, peintres, étancheurs, entreprises d’enduits de façades et menuisiers.

La Fédération du Bâtiment assure la défense de la profession auprès de l’administration, des pouvoirs publics, des décideurs économiques et des acteurs de la construction. « Nous avons plusieurs fronts dont un qui est primordial : la pénibilité au travail. Nous remettons en question le compte pénibilité et de quelle façon celui-ci va être alimenté. Nous aurons, pour chaque personne à préciser le nombre d’heures passées dans une situation pénible. En termes de simplification administrative, on ne va pas du tout dans le bon sens et cela risque de créer des contentieux sans nom. Ce coût pouvant atteindre jusqu’à 1,8 % de la masse salariale, ce qui est colossal et va correspondre à deux ans d’activité en moins pour les employés ayant réalisé des travaux considérés comme pénibles. Inévitablement, le coût va avoir des répercussions sur les prix de la construction d’ici à deux ans alors que nos clients sont de moins en moins solvables.

Les entrepreneurs et artisans du bâtiment se retrouvent confrontés à une distorsion de la concurrence très forte notamment avec l’accroissement du nombre d’auto-entrepreneurs et de la main d’œuvre détachée (1). Il s’agit d’un problème européen qui permet d’utiliser la main d’œuvre détachée à condition qu’elle soit déclarée et en provenance de pays avec des charges sociales inférieures aux nôtres. Dès le départ, il y a un avantage concurrentiel évident puisque ce sont les charges du pays d’origine du salarié détaché qui s’appliquent. Ceci rappelé, si les entreprises payaient les frais de déplacement, d’hébergement et déclaraient toutes les heures supplémentaires, le coût serait pratiquement équivalent au coût français. Pour dénoncer les pratiques abusives, nous avons alerté le préfet et la DIRECCTE. Tout le monde en a conscience mais n’a pas forcément les bonnes recettes. Sur le Puy-de-Dôme, nous avons perdu 1 400 emplois en 5 ans. A contrario, nous comptabilisons entre 600 et 700 personnes détachées déclarées. Dans une période où le chômage n’arrête pas d’augmenter, il faut se poser des questions… », s’indigne Georges Faure.

La Fédération dispense des formations FEEBAT (2), techniques, de sécurité (travaux en hauteur, amiante, etc.) ainsi que des formations juridiques. Avec sa marque « Les pros de l’accessibilité », la FFBTP63 propose également de former les artisans aux différentes techniques pour adapter les logements aux personnes à mobilité réduite.

Afin d’informer les adhérents des actualités, la Fédération communique sur de nombreux supports  tels que son site Internet, sa lettre d’information et son magazine « Bâti Métier ». La Fédération organise également des réunions à thème afin d’échanger sur des sujets qui font débat comme la TVA, les conditions de paiement et le compte pénibilité.

Dans les locaux de la Fédération, le 20 juin 2014 à 15h se tiendra l’Assemblée générale qui se poursuivra par une rencontre-débat sur le thème « Compte pénibilité… trop complexe, trop cher (un milliard d’euros à la charge de nos entreprises), une bombe à retardement au 1er janvier 2015 ? » avant de se clore par un apéritif dinatoire à l’hôtel Océania. L’assemblée générale permettra aussi aux professionnels du Bâtiment de rencontrer leurs principaux clients publics et privés.

Le 4 juillet 2014, la Fédération organise par ailleurs « Les Rencontres Récréatives du Bâtiment » au circuit Kart Escale à Bort-l’Etang où sont conviés tous les professionnels du bâtiment, entrepreneurs, artisans, maîtres d’œuvre, clients…

 

(1)   Main d’œuvre détachée : un travailleur est considéré comme « détaché » s’il travaille dans un État membre de l’UE parce que son employeur l’envoie provisoirement poursuivre ses fonctions dans cet État membre. Les entreprises locales peuvent alors souffrir d’un « dumping social », situation dans laquelle les prestataires étrangers peuvent fournir un service à un prix inférieur à celui pratiqué par les prestataires locaux grâce à des normes de travail moins restrictives.

(2)   FEE Bat : formation aux économies d’énergie dans le bâtiment.

Logo FFBTP63



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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