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Auvergne

Goujaterie ordinaire parmi les chefs d’entreprises

Goujaterie ordinaire parmi les chefs d’entreprises

Un billet d’humeur de Sébastien Pissavy sur les relents de sexisme encore présents en entreprise.


J’ai fait une expérience étonnante récemment. J’étais à une réunion d’une vingtaine de chefs d’entreprises dont seulement deux femmes. C’est assez représentatif des assemblées de responsables de PME : toujours très peu de femmes, il arrive même parfois qu’il n’y en ait aucune.

Au cours de cette réunion, l’intervenant du jour demande un volontaire pour intervenir devant l’auditoire et démontrer par l’exemple ce qu’il vient de professer. Comme toujours en pareil cas, les volontaires ne se précipitent pas.

Un membre de l’assistance, la soixantaine, prend alors la parole et demande qu’une des deux femmes se prête à l’exercice. Voyant que personne ne bouge, il insiste et désigne une jeune femme d’une trentaine d’années. Devant la pression, celle-ci finit par accepter. Elle traverse la salle pour se rendre aux côtés de l’intervenant. Pendant ce temps, le sexagénaire commente à voix haute :
– C’est quand même plus agréable quand c’est une jolie femme qui intervient, non ?
Quelques rires fusent.

La jeune femme visiblement gênée commence l’exercice. Pendant ce temps, le goujat continue à commenter à haute voix afin que tout le monde entende :
– Ah oui, quand même, ça valait le coup, vous ne trouvez pas ?

Puis encore :
– De toutes façons, on s’en fiche un peu de ce qu’elle raconte, non ? L’essentiel n’est pas là.

S’ensuivront encore 3 ou 4 allusions déplacées à haute voix. Au fil des répliques, les rires se sont tus, les remarques inappropriées ne faisaient plus rire personne. Mais le vieux libidineux prenait toujours son pied.

Un peu plus tard dans la journée, le goujat du jour en viendra même à déplorer que l’autre dame de l’assistance ait une jupe un peu trop longue à son goût. Le tout sous le ton de la plaisanterie. Evidemment…

Ce qui m’a le plus choqué dans cette histoire, au-delà de la goujaterie ou du machisme ordinaire, c’est que personne n’ait recadré l’indélicat. Je me suis cru au Moyen-Âge, quand le seigneur pouvait librement mettre la main aux fesses des paysannes voire les coincer pour faire son affaire.

Cette expérience aura eu toutefois un mérite : elle m’aura fait comprendre pourquoi quelques dizaines d’entrepreneuses cantaliennes en sont venues à créer l’association Cant’Elles qui est interdite aux hommes, et au sein de laquelle j’aurai le plaisir d’intervenir à leur demande au cours du 1er trimestre 2016. Au début, je me moquais gentiment de mon épouse qui est partie prenante de cette association. Je parlais volontiers d’association féministe… Maintenant, j’ai compris l’utilité pour ces femmes entrepreneuses de se retrouver entre elles. C’est aussi pour éviter ce genre de comportements détestables.

PS : Je précise que le goujat est parisien, n’y voyez donc pas le signe que les cantalous seraient plus mal élevés que les autres.

Sébastien Pissavy

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