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Institutions, collectivités

Hamid Berkani “L’Auvergne doit affirmer ses atouts dans la nouvelle grande région !”

Hamid Berkani “L’Auvergne doit affirmer ses atouts dans la nouvelle grande région !”

Qui a dit que faire de la politique c’était perdre son âme ? A l’occasion de l’implantation de l’entreprise Renova en Auvergne, le Journal de l’éco a rencontré le Vice Président du Conseil Régional d’Auvergne en charge du Développement Economique et de l’Emploi. S’il ne cache pas la fierté du travail accompli par ses équipes, Hamid Berkani insiste aussi sur l’efficacité des outils mis en place ces dernières années par la Région.
Echanges avec un homme qui défend une certaine idée du développement économique du territoire conjuguant la réalité entrepreneuriale avec le respect de certaines valeurs !


L’implantation de RENOVA sur un site industriel à St-Yorre, annoncée ces derniers jours, vient d’être saluée par le premier ministre en personne. Manuel Valls lors de son récent déplacement au Portugal, a parlé de cette implantation en citant l’action de l’Auvergne comme un symbole de la coopération entre nos deux pays.

Le groupe RENOVA spécialisé dans la production de papier lié à l’hygiène (papier toilette, essuie-tout, mouchoirs en papier) emploie 600 personnes au Portugal à Torres Novas. Sa production est entièrement réalisée au Portugal (avec 5 lignes de production de papier et 20 lignes de conditionnement), mais sa distribution couvre l’Espagne, la France, la Belgique, le Luxembourg ou encore les Etats-Unis, le Japon ou la Corée.
La particularité de RENOVA est le papier toilette de couleur, notamment le black label, grand succès de l’entreprise qui lui a permis de consolider une place de leader sur son marché en Europe. Il distribue en France depuis le début des années 2 000 et, compte tenu de l’importance du volume de ses ventes, le Groupe RENOVA a choisi d’investir à St-Yorre en rachetant les anciens bâtiments du groupe CANDIA.
Il envisage avec cette première implantation en dehors du Portugal de se développer sur le marché Français, de consolider ainsi sa place de leader Européen du papier Hygiénique innovant.

Son projet d’implantation se déroulera en 3 phases, selon l’évolution du volume des ventes. Une première phase avec la mise en ligne d’une ligne de transformation de papier et la création de 20 à 25 poste à horizon 2016 et un investissement de 11 millions d’euros.
A l’horizon 2018, la mise en place d’une 2ème ligne de transformation de papier et l’emploi d’environ 10 personnes supplémentaires et un investissement d’environ 6 millions d’euros.
Et enfin, l’installation d’une 1ère ligne de production de papier et l’emploi d’environ d’une vingtaine de personnes supplémentaires à horizon 2020 accompagné d’un investissement de 20 millions d’euros.

Sur la route du papier …

L’arrivée de l’entreprise Renova sur le sol Auvergnat constitue une belle histoire digne d’un roman. C’est précisément dans les pages d’un livre «Sur la route du papier» d’Erik Orsenna que Sonia Lopez de l’Agence Régionale de Développement Économique (ARDE)  détecte l’opportunité de ce projet.
Dans son périple, l’écrivain rencontre tous les acteurs mondiaux du secteur du papier, parmi eux, le CEO de l’entreprise RENOVA, Monsieur Paulo Miguel Da Silva, leader européen du papier lié à l’hygiène basé à Torres Novas au Portugal. Il y explique, entre autre, que le contexte économique, l’obligera à se rapprocher de ses clients pour réduire ses couts logistiques.
L’Auvergne est une réponse naturelle à la problématique de RENOVA. Sa position géographique la positionne comme région d’accueil de ce type d’entreprise, transportant des produits volumineux et cherchant à réduire ses coûts logistiques.

Tout comme elle l’avait fait pour l’implantation de Brueggen, l’ARDE utilise les mêmes arguments pour attirer RENOVA. Les équipes de l’ARDE mettent alors en place tout un plan pour convaincre le patron de Renova à partir de janvier 2014.  L’agence prend appui sur BUSINESS FRANCE Madrid (partenaire sur les investissements directs étrangers) et lui demande de prendre rendez-vous avec le PDG de RENOVA Monsieur Paulo Miguel Da SILVA. A ce stade, l’Auvergne est encore en concurrence avec deux autres régions : La Champagne Ardenne et la Région Centre.
C’est finalement l’ancien site industriel de Candia à Saint-Yorre qui retiendra tout l’intérêt de RENOVA.
Après une première visite à St- Yorre le 8 juin 2014, une équipe projet se constitue, pilotée par l’ARDE, afin de répondre aux besoins de l’entreprise. Elle se compose du CEE de l’Allier, de Vichy Val d’Allier Développement, de Vichy Val d’Allier, de la sous-préfecture de Vichy, du SGAR, de Michelin Développement, de la DREAL, de la DDT et bien sûr de la commune de St-Yorre.
L’équipe animée par la Région Auvergne apporte alors tout un accompagnement sur-mesure : identification de locaux, approvisionnement en eaux industrielles (problématique majeure pour cette entreprise fabricante de papier), accompagnement financier, accueil et formation des salariés, appui administratif et juridique. Cette coordination des acteurs locaux convainc Renova qui choisit l’Auvergne.
Pour Paulo Pereira Da Silva, PDG de Renova « L’internationalisation est une stratégie de l’entreprise et l’opération en France est un pari essentiel de cette stratégie. »

Hamid Berkani « Renova est un symbole »

« Si l’histoire de Renova est belle, il ne faut pas oublier le travail important réalisé en amont. Nous avions ciblé les entreprises européennes qui fabriquaient des produits légers, à fort besoin logistique, car l’Auvergne bénéficie d’un positionnement géographique idéal pour ce type d’activités, au cœur du marché français et européen » déclare Hamid Berkani qui dirige également à la destinée de l’ARDE Auvergne. « Très vite, nous avons identifié Renova comme une entreprise susceptible d’être intéressée par l’Auvergne.»

Le Vice Président du Conseil Régional est visiblement enthousiaste lorsqu’il parle de cette implantation « Au delà du nombre d’emploi créés, élément qui reste notre premier souci quotidien, c’est le caractère industriel de cette implantation qui est un élément fort. Alors que la désindustrialisation de la France, et l’Allier en est l’une des premières victimes, est annoncée comme inéluctable, cette implantation montre qu’avec de la volonté et une action de partenariat concertée ont peut faire bouger les lignes ».

Participer à la construction d’une alternative sociale

Si Hamid Berkani revendique l’efficacité des outils mis en place tels que le Fonds d’Investissement Auvergne Durable (FIAD) ou la politique de soutien aux entreprises auvergnates à l’International, lorsqu’il parle d’économie, le Vice Président du Conseil Régional n’oublie jamais ses racines. « La crédibilité lorsque l’on parle d’économie, et donc d’emploi, c’est essentiel. J’ai, dans ma famille politique un parcours un peu atypique. Je suis chef d’entreprise et j’ai une longue expérience d’élu consulaire. Lorsque je parle avec un entrepreneur, nous nous comprenons ! Mais, parallèlement, j’ai également passé ma vie à défendre des valeurs. J’ai été militant au sein du MRAP,  j’ai créé et présidé le Club des 1 000 et j’ai fondé l’école de la 2ème chance.
Je suis persuadé que sur des sujets comme l’économie et l’emploi, la famille socialiste à laquelle j’appartiens doit arriver à s’unir.
Nous allons constituer à l’occasion de notre rapprochement avec Rhône-Alpes la seconde plus grande région française.
L’économie sera au cœur des enjeux des prochaines années et l’Auvergne en prenant appui sur de vrais atouts patiemment construits ces dernières années a les moyens de montrer sa différence. 
L’arrivée de Renova en est une démonstration. 

“L’acte 3 de la décentralisation constituera nécessairement un tournant important de nos politiques régionales. Il va nous falloir participer à la construction d’une alternative sociale et économique. Le chantier est vaste car il sera nécessaire de dépasser rapidement la notion de “construction administrative” de la nouvelle grande région pour affirmer une politique destinée aux plus fragiles permettant un meilleur accès à l’emploi et à la formation ».



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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