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Industrie

Histoires et contes d’entrepreneurs : l’art de concilier « Amour et Entreprenariat »

Histoires et contes d’entrepreneurs : l’art de concilier « Amour et Entreprenariat »

Entre récit de vie et conte légendaire, Gilles Flichy et Emmanuel de Lattre nous retracent le parcours de Rémy Bourdier, PDG du Groupe Oviance.


Histoire d’entrepreneur de Rémy Bourdier par Gilles Flichy

Dernier né d’une fratrie de 3 enfants Rémy le cadet bénéficie d’un statut de quasi enfant unique entouré d’une affection indéfectible de ses 2 parents. Sans rêve d’une profession spécifique, cet enfant autonome porte en lui les arcanes de sa destinée. A la fois rêveur affectueux et curieux, tout en étant très actif et réalisateur il maîtrise parfaitement ses désirs qu’il soumet à sa volonté. Il croque la vie avec avidité, guidé à la fois par le plaisir, l’insouciance et le gout de l’aventure.
Rémy Bourdier, bon élève, en mathématiques passe un bac « S » à 18 ans et, faute de pouvoir se faire financer l’ESC Clermont par ses parents modestes salariés de Michelin, il se dirige vers la fac où il obtient avec facilité un DEUG Bio. Pragmatique découvre ensuite : une formation courte rémunérée, dans le domaine du Service Informatique dans laquelle il s’engage.
Diplôme en poche, il est immédiatement embauché chez ITK Services en charge de développer un projet clefs en main dans le domaine de la gestion de projet industrielle. Sans pour autant satisfaire son talent et son ambition, ce premier métier lui a permis de se découvrir une passion pour le contact avec les hommes. Un concours de circonstance lui permet découvrir en avril 1990 le métier de commercial chez un ami de son père. Antoine TOURY, le second de l’entreprise, lui explique le métier autour d’un verre. Le voilà technico-commercial en charge de trouver des solutions industrielles dans le domaine de la mesure, sur le grand secteur de l’Auvergne et du Centre. Six ans plus tard, il devient naturellement le second d’Antoine TOURY qui vient de racheter les parts de l’entreprise.
La motivation de Rémy commençant à s’émousser Antoine Toury lui fait miroiter la perspective de le remplacer à terme. Remy lui sait grès de l’avoir initié au métier de commercial et de lui avoir appris à gérer ses émotions et les situations imprévisibles. Il a pris confiance en lui à son contact et sait aujourd’hui mieux relativiser toutes les situations et organiser son temps. Conscient que les promesses ne seront pas au rendez-vous, Rémy annonce à Antoine Toury qu’il va créer sa société. « T’es fou » lui répond Antoine. Rémy sagement se garde de répondre car Antoine est déjà « KO ». Il donne sa démission sans filet et se lance dans l’aventure en créant, le 15 janvier 2001, CIMA Process. Sans moyens financiers hormis un modeste apport de sa mère, il conçoit seul son business plan et ses statuts. Il peint lui-même, de façon artisanale, son enseigne qu’il plante dans son jardin de Lempdes et s’installe dans un bureau de 6m2 en transformant son propre garage comme entrepôt. C’est alors qu’il bénéficie d’un coup de pouce très opportun d’Olivier LECONTE, le directeur général de division instrumentation de Siemens, dont il vendait déjà le matériel chez SIRIC. Ce dernier lui cède la concession tout en dédommageant la société SIRIC. Ce coup de pouce va lui ouvrir des portes, mais il se défend d’aller démarcher d’autres clients de SERIC.

Pendant 1 an, en 2001, Rémy exerce simultanément tous les métiers sans revenus pendant 6 mois sachant que sa compagne est enceinte de son fils Bastien, lors du démarrage de CIMA Process. Rémy travaille alors avec une société OTI installée à Clermont Ferrand, qui œuvre dans le monde de l’instrumentation et dispose de 2 gros clients : ELYO et DALKIA.

En septembre 2001, Lucien MASSON le directeur d’OTI qui compte 7 salariés, se confie à Rémy en lui disant : « Rémy, il faut que tu nous rachète sinon on va couler ! » Surpris, Rémy lui répond qu’il vient de démarrer ! Passée l’effet de surprise, il saisit rapidement l’enjeu que lui offre cette opportunité d’un développement rapide au niveau national, aussi il lui répond « pourquoi pas ! ».

Rémy fait un nouveau Business avec l’aide de Bruno JARRY du cabinet comptable AUDI 4. Ils préparent ensemble la reprise d’OTI et constituent un pool bancaire avec la Caisse d’Epargne. Il se lance à nouveau sans filet dans l’aventure, jeune papa, et il met en gage tout ce qu’il possède. Une fois sa proposition bouclée il provoque une réunion dans une simple cuisine avec le directeur d’OTI et ses 6 salariés. Rémy qui sait pertinemment qu’il est en concurrence avec d’autres repreneurs sur cette affaire, leur explique son projet avec suffisamment de conviction pour les convaincre malgré sa fragilité financière.

Une semaine avant la signature, catastrophe !, le ciel lui tombe sur la tête ! Le chef de file du pool bancaire vient de le lâcher in extremis. Le monde s’écroule pour Rémy qui voit s’éloigner son rêve car il lui manque désormais la moitié de la somme nécessaire pour racheter OTI mais l’optimisme et la confiance en lui à toute épreuve qu’il a su développer vont à nouveau venir à son secours déjouer ce mauvais coup du sort.
Par bonheur, Rémy prend conscience qu’il a signé un gros dossier concernant la fourniture de tous les capteurs de l’usine de Ladoux d’Isidore FARTARIA entrepreneur phare de la région. Il va donc le voir et lui explique son histoire et ses mésaventures et lui demande le paiement en avance de tout le matériel concerné livrable quelques semaines plus tard. De façon inespérée Isidore FARTARIA, lui fait immédiatement confiance et lui signe un chèque qui lui permet de dénouer la situation. Le spectre de la mort n’est pas passé très loin et la renaissance de Rémy n’en est que plus manifeste. SIMA Process la holding que vient de créer Rémy rachète OTI et revend l’immeuble à faible prix compensé par une de heureuse coïncidence, Rémy vient de bénéficier d’un prêt d’honneur de la Plateforme Clermont Agglo Initiative. L’entreprise s’installe à Cournon d’Auvergne dans un garage en un peu délabré qu’il rénove.et va poursuivre son développement pendant 10 ans en passant rapidement, de 2002 à 2004, de 6 à 21 salariés techniciens et commerciaux. Les aventures, les rebondissements et les succès du groupe OVIANCE qui comprend aujourd’hui 650 salariés ont continués à se poursuivre sans discontinuité jusqu’à ce jour.
Pour bien comprendre le parcours exceptionnel de Rémy que rien ne prédisposait à endosser le costume d’entrepreneur on retrouve bien au centre de sa réussite, l’amour inconditionnel que lui ont prodigué chacun de ses parents en toutes circonstances, sa tempérance et son insouciance heureuse.
Moins sûr de lui qu’il n’y parait extérieurement, Rémy combat sans cesse son manque de confiance intérieur. Il reconnaît cependant qu’il possède une arme secrète, un cocktail de fougue et de passion le tout dynamisé sans cesse par un impérieux sens du défi. C’est précisément ce sens du défi qui lui fait oublier ses hésitations et le pousse, de façon irrésistible, dans le feu de l’action sous l’impulsion d’une quête incessante de plaisir tempéré par une volonté implacable.

Reconnaissant que sa principale qualité est sa disponibilité aux autres, Il enchaine simultanément, «  oui mais voyez-vous, cette qualité constitue aussi mon principal défaut ». « En effet, je suis trop affectif et humain, pas toujours assez dur ce qui m’amène à ne pas toujours me faire suffisamment respecter».
Quand on lui demande quel est son principal ennemi Rémy répond franchement et sans détours : « c’est moi-même,… d’ailleurs, sans cesse, je me combats, m’auto persuade et m’écoute afin de maitriser l’impact négatif de ce défaut ».
Pour lui manifestement quand on nait entrepreneur il n’est pas utile de se soucier de son avenir car tôt ou tard l’opportunité se présentera et la décision s’imposera d’elle-même. Il rajoute « si je regardais trop le danger je n’aurais jamais eu mon parcours,
Ne pensez pas trop vite que c’est l’appât du gain qui a poussé Rémy sur les chemins de la réussite. Quand vous le questionnez avec tact sur ses rêves les plus secrets il vous livre avec une touchante sincérité que si d’aventure Dieu existe, il aimerait l’entendre dire après sa mort « tu m’as écouté car tu as aimé ». Il formule le vœu que l’on grave sur sa tombe et dans nos cœurs cette épitaphe : « Remy nous a aimé, nous a fait rire et nous a ému ».
Aujourd’hui Rémy aborde la cinquantaine avec sagesse et gravité au sortir d’une période d’épreuve personnelle douloureuse qui l’a fait murir et a changé son regard et ses attentes sur la vie. Délaissant un instant le plaisir de savourer un verre de « Cotes rôties » autour d’un « plateau de fruit de mer » en écoutant avec jubilation la « musique du moteur de sa Porche » il prend de la hauteur, tel un aigle, et dit de lui : «au sortir de cette crise je quitte ma chrysalide, transformé, pour renaître et je vais m’employer en priorité à reconstruire durablement ma vie personnelle ».
Rémy a appris, tout au long de ses aventures, à associer harmonieusement, sa grande sensibilité et son imagination visionnaire avec son talent d’entrepreneur réaliste aux convictions fortes et assumées. Il n’a plus qu’une préoccupation professionnelle en tête. Au-delà des nouvelles aventures qui l’attendent, il souhaite construire la pérennité du groupe Oviance pour assurer durablement le bien-être et la sécurité de ses collaborateurs et répondre ainsi à ce qui l’émeut tant, leur fierté d’appartenance à l’entreprise.

Confrontation de l’histoire de Rémy Bourdier à l’univers des contes par Emmanuel de Lattre

Emmanuel de Lattre, conteur qui intervient auprès d’entreprises sur le sujet de l’incarnation des valeurs et la valorisation de leurs patrimoines, nous invite à confronter ce récit avec l’univers des contes. Il nous propose de mettre en parallèle cette histoire d’entrepreneur avec un ancien conte…

« Le vieux du village vient de mourir. Mais dans ce village on ne dit pas qu’il est mort, on dit qu’il a arrêté de se contredire ! Il n’a laissé aucun fils, aucun disciple et cela est très ennuyeux car il savait résoudre les conflits et guérir les maladies. Lors de la veillée funèbre, qui avait pris un air de fête, tellement les souvenirs du vieux qu’on évoquait rendait le cœur léger malgré son absence, un jeune garçon demanda où se trouvait le frère ainé du vieux. Interloquée, l’assemblée découvrit l’existence de ce frère :
Il habite derrière la Grande Montagne, dans une cabane au milieu des bois, rapporta le jeune homme si fier d’avoir été le confident privilégié du vieux.
L’assemblée décida donc de missionner le jeune homme pour quérir la présence de ce frère providentiel à leurs côtés. Marche et marche, c’est à force de marcher que le chemin se fait. Un oiseau bleu l’accompagnait. Son chant le prévenait des obstacles, lui ouvrait les yeux chaque matin, et réchauffer son cœur pendant la marche solitaire et les nuits froides. Ils traversèrent ainsi villages et cités, forêts et épreuves, peurs et solitude. Une nuit, derrière la Grande Montagne, ils arrivèrent au milieu d’une clairière au sein de laquelle un feu était déjà allumé. Le jeune homme s’y réchauffa et l’oiseau bleu s’envola. Trois silhouettes drapées de noir s’assirent à ses côtés et fermèrent le cercle. La plus grande des trois lui demanda ce qu’il venait chercher. Alors le jeune homme raconta tout, tout en détail, son village, son enfance, la mort du vieux et le trajet :
C’est vous son frère aîné ? demanda-t-il pour terminer
Non, c’est toi, répondirent en cœur les 3 voix.
Elles se sont levées, ont disparu dans la forêt. Le jeune homme entendit l’oiseau bleu chanter au loin. Le feu ne s’est jamais éteint. Un matin, il s’est levé avec le soleil et il est rentré chez lui.
À son entrée dans son village, un grand silence se fit et le cœur de chacun a tressailli. C’est un enfant qui est parti et c’est un Ancien qui revient. Il avait le même regard clair que leur ancien vieux, et quand le jeune vieux s’est assis sur le siège, un oiseau bleu est venu se poser sur son dossier. Personne n’a rien dit. Tout le monde l’écoutait. »
Ainsi en va-t-il de l’amour et de la confiance de nos anciens. Ils sont cet oiseau bleu qui nous soutient et qui nous guide jusqu’à nous-mêmes, jusqu’au meilleur de nous-même. Sans lui, nous marcherions sans but, parlerions sans cœur et agirions sans conscience. La prochaine fois que vous croiserez Rémy, regardez sur son épaule, l’oiseau bleu y a laissé son empreinte.

Réaction de Rémy Bourdier à la découverte de ce conte
Belle parabole sur les mentors qui peuvent accompagner le parcours d’un chef d’entreprise. Ce fut effectivement mon cas…
Ils ont été mon oiseau bleu jusqu’au jour où ils ont pu me permettre de prendre enfin mon propre envol avec l’assurance de leur expérience et de leur bienveillance. Merci.



Une chronique

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