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Société

Île-de-France | Pour un déconfinement culturel

Île-de-France | Pour un déconfinement culturel

Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France, a présenté au vote du Conseil régional, réuni en séance plénière, une motion de l’exécutif intitulée « Pour un déconfinement culturel », qui l’a adoptée à l’unanimité.


« Si la crise sanitaire est pour toute la société une épreuve quotidienne, angoissante, douloureuse et malheureusement meurtrière, elle représente aujourd’hui pour tout un pan du monde de la culture un risque pur et simple de disparition.

Bien avant le 17 mars, date du premier confinement, le public avait commencé à déserter les théâtres, les salles de spectacle, les cinémas. Avec le confinement, C’est la totalité du secteur culturel qui s’est trouvé fermé : non seulement les salles, mais aussi les musées, les lieux patrimoniaux et les commerces culturels, au premier rang desquels les librairies. La fin progressive, en juin, du premier confinement a trouvé un monde culturel très éprouvé et en très grande difficulté morale et financière.

Mais le monde de la culture restait debout. Debout parce qu’à tous les échelons, des collectivités publiques ont su réagir à travers des plans efficaces, rapides et évolutifs. L’Etat, après un moment d’ajustement, a su montrer une capacité de réponse qu’il n’a pas eue sur tous les aspects de la crise. Les régions se sont retrouvées au premier plan et elles ont été reconnues partout comme exemplaires de rapidité et de réactivité.

La Région Ile-de-France a adopté à l’unanimité un premier plan d’urgence de 10 millions d’euros dès le mois d’avril, suivi en juin d’un second plan rehaussé à 20 millions. Ces plans spécifiques en faveur de la culture se sont ajoutés au fonds de solidarité et aux fonds d’avances remboursables créés pour toutes les entreprises. Des centaines de compagnies, de lieux, d’opérateurs et de commerces culturels ont ainsi pu être soutenus.

Mais le monde de la culture restait debout aussi et surtout parce que les acteurs de la culture demeuraient totalement habités par la volonté de reprendre leur travail, rouvrir leurs lieux, poursuivre leur œuvre, retrouver et reconquérir leur public. Même si la quasi-totalité des festivals de l’année 2020 ont dû être annulés, même si le public n’a que progressivement repris le chemin des salles de cinéma, ces retrouvailles ont eu lieu et nous avons pu assister à une véritable renaissance de la vie culturelle.

D’autant que les acteurs de la culture, tous, ont su apprendre de la crise. En Ile-de-France, avec l’aide de la Région, les lieux se sont équipés en matériels de protection. Ils ont élaboré des protocoles stricts et les ont fait observer : lavage des mains, port du masque, occupation espacée des sièges et des rangées. 

Les acteurs de la culture ont témoigné d’une manière tout à fait exemplaire de leur sens des responsabilités, de leur capacité à s’adapter, de la confiance dont ils sont dignes. Le public a témoigné de son besoin de culture. Mieux que tout discours il a signifié que les biens de la culture sont des biens essentiels. C’est hélas tout cela que le confinement entré en vigueur le 30 octobre a ignoré.

Cette décision, acceptée et assumée par tous lors du premier confinement, n’est aujourd’hui pas compréhensible. Elle ne fait aucun cas des progrès énormes faits par les acteurs de la culture, de la discipline du public, de la capacité à renforcer les protocoles, y compris par le recours aux tests minute.

Cette décision est perçue désormais comme injuste parce qu’aucune concertation n’a été organisée et parce qu’elle semble ne tenir aucun compte de l’avis exprimé, dès le 28 octobre, par le conseil scientifique : « Dans les représentations théâtrales ou les cinémas, le risque de transmission est plus faible car un protocole sanitaire strict peut être appliqué, les spectateurs sont en grande partie silencieux et la probabilité d’enlever le masque est plus faible. »

La culture, en Ile de France, ce sont des milliers de compagnies, de lieux, de salles de cinéma, de théâtre et de spectacle, de bibliothèques, de librairies, de galeries d’art et de disquaires, des centaines de musées et de lieux patrimoniaux. Ce sont 600 000 artistes, professionnels et leurs familles ! La culture, c’est aussi un bonheur dont les Franciliens, petits et grands, ont été désormais trop longtemps privés. Pour eux, la Région demande que le Gouvernement mette fin au confinement culturel et veille, par un vrai dialogue avec les acteurs culturels, à construire, pour chaque lieu, les protocoles sanitaires renforcés permettant cette réouverture dans de bonnes conditions, en fonction des risques sanitaires objectivement constatés. La Région s’engage résolument à aider financièrement et matériellement à leur application. »

 

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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