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Société

Interview | Anthony Palermo évoque la dureté du confinement en milieu rural

Interview | Anthony Palermo évoque la dureté du confinement en milieu rural

Bien que l’on parle essentiellement des conséquences du confinement en ville, ce dernier s’applique également au monde rural et probablement plus durement encore. Pour cette raison, le Journal de l’Eco a donné la parole à Anthony Palermo, nouveau maire de la commune de Saint-Éloy-les-Mines dans le Puy-de-Dôme.


Comment vivez-vous ce confinement dans le monde rural ?

Ce confinement reste un objet nouveau pour tout le monde, que l’on soit en ville ou en ruralité. La première des conséquences pour nous est économique : les petites communes rurales bénéficient parfois du dernier commerce qui existe dans le village, ou de quelques commerces souvent en difficulté face à la concurrence. Aujourd’hui on sait que ce confinement, d’un point de vue de la fermeture stricte des commerces non-essentiels, va avoir encore un impact dévastateur sur notre économie locale déjà fragilisée

Le deuxième impact c’est celui de l’isolement, notamment des populations les plus fragiles : dans la plupart des communes rurales il y a une tendance démographique vers le haut de la courbe, c’est-à-dire vers les personnes les plus âgées, donc les plus à risque face à l’épidémie du coronavirus et qui se retrouvent une fois de plus isolées.

Cet isolement c’est une véritable douleur pour les personnes âgées qui sont durement frappées par ce sujet-là, dans une période où l’on a beaucoup moins de temps de journée en raison de l’heure d’hiver. Et plus largement, que l’on soit âgé ou non, la question de l’isolement et l’impact qu’il a sur les personnes nous amène aussi à réfléchir.

 

Qu’est-ce qu’une municipalité comme la vôtre peut proposer pour essayer de contrer cet isolement et répondre aux angoisses des concitoyens ?

Déjà, comme le Président de la République l’a dit, les administrations essentielles et notamment les mairies restent ouvertes au public. Les agents sont présents en mairie pour orienter et accompagner la population et essayer au mieux de les aider. Notre objectif est de réussir à identifier les personnes les plus fragiles et d’aller à leur rencontre par le biais de notre police rurale tout au long du confinement.

Nous nous sommes également dotés d’une cellule de crise locale où l’on va essayer de mettre en avant chaque semaine les personnes qui font aujourd’hui la vie de la commune : les représentants des commerces et des entreprises, les représentants des structures médico-sociales, les médecins, directeurs d’établissements scolaires et lieutenants de gendarmerie afin de pouvoir transmettre l’information.

 

Le meilleur moyen aujourd’hui de rester solidaire c’est la communication, et c’est pourquoi tous les lundis je tiens à faire un point en direct sur les réseaux sociaux en répondant aux questions des Eloysiens afin qu’ils puissent avoir des réponses sur les sujets qui leur tiennent à cœur.

 

On voit aussi l’importance d’une bonne connexion. On nous parle beaucoup de la 4G, de la 5G… dans le monde rural, c’est une nécessité bien plus que dans le monde urbain.

Complètement. Aujourd’hui la question de la 4G, de la 5G et de la fibre est toujours la même en milieu rural. Jusqu’à quand serons-nous à 10 giga octet à la seconde de Paris ?

On parle beaucoup de réunions de conseils communautaires. A Saint-Eloy, nous avons la fibre et la 4G, mais je pense aux petites communes aux alentours qui n’ont ni 4G, ni 3G, ni fibre, et parfois même pas l’ADSL. Aujourd’hui, et encore plus dans le contexte actuel, cela pose un véritable problème notamment vis-à-vis des professionnels, qui sont concernés par les règles étiquetées par le télétravail et qui en sont pourtant dans l’incapacité.

 

 



Un article de Marc-Alexis Roquejoffre

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