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RH & Management

Christine Rougier | “Ce qui est fait a un véritable sens”

Christine Rougier  | “Ce qui est fait a un véritable sens”
Christine Rougier, Directrice Générale Adjointe du CHU de Clermont
lors de son entretien avec le Journal de l’Eco

Le confinement ne doit pas être l’isolement. Le Journal de l’Eco décide de vous donner la parole ! La solidarité doit s’exercer aussi dans l’expression. Les chefs d’entreprises que nous sommes, se doivent de témoigner de ce qui leur pèse, de leurs angoisses et peut-être dans quelques jours de ce qui sera mis en œuvre pour dépasser cet étrange moment. Les interviews par visio peuvent aider à cette prise de parole. Inventons ensemble une nouvelle manière de vivre la solidarité entre entrepreneurs. 

Le Journal de l’Eco a joint par visio Christine Rougier, Directrice Générale Adjointe du CHU.


Quelle est la situation actuelle au CHU Gabriel Montpied ?

Sur le plan matériel, le CHU est prêt pour faire face à une recrudescence de cas de Covid-19 dans le Puy-de-Dôme. 70 lits de réanimation sont d’ores et déjà opérationnels et nous pourrions monter à 110 lits si la situation le nécessite. Le matériel indispensable aux soins est en place. Nous avons les consommables, les respirateurs, mais aussi les personnels. Les prises en charge se font par l’intermédiaire du “15” et du service d’infectiologie. Dans le même temps nous avons mis en place un plan de continuité des soins liés aux autres pathologies et accidents pouvant se présenter.

Quel est l’état d’esprit des soignants ?

Ils s’investissent et sont prêts à le faire davantage encore. Nous avons aussi l’impression que cette crise malgré elle redonne du sens à notre travail et nous permet de mettre de côté tout ce qui agitait l’hôpital ces derniers temps et ainsi nous concentrer sur le cœur de notre métier, c’est-à-dire soigner, sauver des vies et nous rendre utiles. Je peux même témoigner de la trêve des conflits sociaux que nous avons connus ces dernières semaines. Sur ce point, les organisations syndicales sont complètement engagées aux côtés de nos personnels soignants.

Comment travaillez-vous quotidiennement ?

L’équipe de direction fait partie des personnels dont la présence physique est requise pour rendre opérationnelle l’organisation de la prise en charge des médecins et des patients avec des visites médicales. Nous avons une autorisation qui a été signée par le directeur général et qui nous permet de nous rendre au travail tous les matins.
L’essentiel de nos journées est consacré à la gestion de la crise. Nous nous réunissons en petits groupes pour pouvoir préparer la réunion de crise à l’issue de laquelle nous traitons toutes les problématiques qui méritent de consulter plusieurs professionnels, et bien sûr, nous respectons les gestes barrières comme l’ensemble de la population.
Nous nous devons d’être exemplaires et nous ne saurions accepter que la direction de l’établissement ne soit pas présente sur le terrain au moment même où toutes les équipes soignantes et médicales ont besoin de notre soutien dans cette période de crise.


Combien de soignants pourraient être mobilisés en même temps si les 110 lits disponibles étaient utilisés au même moment ?

Dans les secteurs de réanimation nous avons environ une infirmière pour 4 patients. Nous avons les moyens humains mais la problématique actuelle s’articule autour du fait que nos agents peuvent aussi être contaminés par le Covid-19. Nous avons donc organisé les choses de la manière à ce que d’autres personnels puissent remplacer les agents qui pourraient être contaminés. C’est une valeur que nous ajustons quotidiennement puisque nous ne pouvons pas mesurer le nombre d’agents qui seront contaminés par le virus au moment de la vague.

Le reste de la vie et de votre activité doit être pris en compte. Avez-vous repéré des changements depuis le début du confinement ?

Le service d’accueil des urgences a une activité qui est globalement divisée par deux. Il y a moins d’accidents de la route, les gens ont certainement un peu peur de venir à l’hôpital en raison du virus et ont dû reporter les opérations ou consultations qu’ils avaient programmées. Donc effectivement au regard des consignes nationales ces activités sont un peu en retrait mais nous savons qu’après le Covid-19 il y aura un contre coup et que les gens auront besoin d’être soignés.

Nous avons d’emblée à l’issue du confinement premier annoncé par le Président, organisé une consultation afin de prendre en charge l’ensemble des fragilités et accidents pouvant se présenter. Bien évidemment les consultations d’urgence continuent à être prises en charge au niveau de l’établissement.

Qu’est-ce qui est prévu pour les familles des victimes du Covid-19 ? Y a-t-il une prise en charge particulière ?

C’est vrai que les visites sont très restreintes et même interdites dans certains secteurs, cependant sur avis médical un membre de la famille peut être amené à faire une visite. Nous avons aussi installé un système de tablettes et de webcaméras au niveau de l’établissement Louise-Michel pour que les patients ne soient pas trop coupés de leur famille. C’est un système qui est en place depuis lundi, les familles ont été prévenues, et tout fonctionne.

Nous avons aussi des psychologues dans nos services qui continuent leur activité et accompagnent les patients qui le souhaitent. Enfin, nous avons mis en place une procédure pour nos personnels pour qui la période est très éprouvante psychologiquement. C’est une plateforme d’écoute des personnels qui est placée sous la responsabilité du Docteur Julie GENESTE, psychiatre et du Professeur Michel LORCA. Elle est ouverte de 8h à 18h, avec des professionnels en bout de ligne qui permettent de répondre aux questions et d’accompagner nos personnels dans cette crise.

Interview : Marc-Alexis Roquejoffre et Clarisse Valleix



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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