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Industrie

La robotique, source de compétitivité et d’emplois valorisants

La robotique, source de compétitivité et d’emplois valorisants

Stéphane Chambert a pris le virage du numérique et des nouvelles technologies, malgré un environnement peu réceptif. A la tête du Smart Entreprise Club Paris, il s’engage pour faire évoluer les mentalités.


La première impression quand on discute avec Stéphane Chambert est celle d’un homme à la fois avide d’innovations et lucide sur leur impact. C’est aussi la dernière. Jeune patron d’une société de sous-traitance mécanique, il assume son approche atypique et ses choix audacieux. Choix qui l’ont conduit à passer d’une carrière à l’international à la gestion de l’entreprise familiale, à être l’un des premiers à introduire la robotique au sein d’une TPE, à se lancer dans le numérique en dépit d’un environnement peu favorable. Et pour preuve.

Diversifier son marché

Après avoir travaillé pendant 8 ans au sein du groupe ALCATEL notamment à l’international, Stéphane Chambert prend les rênes de la société familiale, créée en 1954 par son grand-père et spécialisée, grâce à son père, dans le fraisage grandes dimensions. « Je me suis retrouvé rapidement face à un défi : diversifier le portefeuille d’une entreprise qui travaillait à 80 % pour un client unique dans l’agro-alimentaire, Danone ARCIL, explique-t-il. Aujourd’hui nous souhaitons développer le chiffre d’affaires d’usinage, en entrant depuis le 1er janvier 2015 dans un groupement d’entreprises en Mayenne, MECARESO, de façon à répondre à des appels d’offres importants dans l’aéronautique et le nucléaire. Un autre axe de notre développement est de faire de la croissance externe en créant un produit propre conçu par une start-up, mais fabriqué par notre établissement ».

Le numérique, une évidence

Afin de se donner les moyens de ses ambitions ainsi que de répondre à un marché de plus en plus exigeant (réactivité, prix, capacité d’usiner des pièces de grandes dimensions et d’assurer une prestation complète), il n’hésite pas à bousculer des habitudes managériales instaurées depuis des années. Déléguer davantage, confier des responsabilités aux collaborateurs, mieux diffuser l’information entre eux afin de dégager du temps pour prospecter et diversifier, cette organisation moderne et « horizontale » passe inévitablement par l’introduction du numérique. « Une évidence, la 3ème révolution industrielle » pour ce jeune patron et ses 10 collaborateurs dont la moyenne d’âge se situe autour de 35 ans.

En revanche, la vision sur le sujet est quelque peu différente en externe. Comment, en effet, faire appel à des outils ultra sophistiqués et efficaces quand une majorité des clients, y compris les multinationales, demandent encore des devis par fax et un entretien téléphonique plutôt qu’un email ?! « Je pourrais aller beaucoup plus loin dans l’introduction du numérique, mais mon écosystème n’est pas encore prêt et ne pourra pas profiter de ces évolutions ». Il serait possible par exemple de mettre en place un serveur numérique qui identifie la commande du client. Ce dernier pourrait suivre en temps réel la fabrication de chaque pièce. Toute la chaine de la production et la relation client serait ainsi positivement impactée si « l’industrie était plus ouverte au changement ».

Favorable à l’automatisation des tâches

En attendant, « l’automatisation des tâches administratives étant primordiale pour une société de production », l’entreprise améliore son système de qualité grâce aux logiciels de GED (gestion électronique des documents) sous VDoc, conçu par le concepteur de solutions numériques Visiativ. L’objectif étant de diviser par 4 le temps de traitement des documents et de gagner en productivité, en réactivité, en ouverture. « L’automatisation des devis dégage du temps, aujourd’hui le client attend de la rapidité, une réponse en 24 h ou 48 h. Nous traitons l’information plus vite et nous pouvons nous consacrer à la recherche de nouveaux marchés », souligne Stéphane Chambert.

… et à la robotique

Mais il ne s’arrête pas là. Fournisseur d’ARCIL (filiale du groupe Barry – Wehmiller), Stéphane Chambert parie sur la robotisation afin d’augmenter sa capacité de production et de répondre aux objectifs de délais tout en libérant des machines en vue d’une diversification. Ainsi l’entreprise a été l’une des premières TPE à investir, il y a 3 ans, dans cet équipement. « La robotique pourra rendre l’industrie française aussi compétitive que celle de la Chine ou des pays de l’Est. Et si elle remplace les hommes par les machines, il s’agit de tâches à faible valeur ajoutée ». Cette force humaine peut être libérée et redirigée vers des activités plus valorisantes et non délocalisables. Tout le monde en sortira gagnant. Tout ceci parait évident, sauf que … « le véritable problème des chefs d’entreprise, surtout dans cette période de crise, se situe dans la visibilité sur les carnets de commande. Les donneurs d’ordre doivent faire davantage confiance à l’industrie française et les banques, s’engager et soutenir un investissement qui pourrait être rentabilisé en 2 ans », clame haut et fort ce patron favorable au plan « France Robots Initiatives » initié par Arnaud Montebourg.

Des solutions packagées pour les TPE

Cet intérêt pour les nouvelles technologies n’est certainement pas étranger à l’engagement de Stéphane Chambert au sein de Smart Entreprise Club dont il est le président pour Paris. « Je travaille avec la société Visiativ depuis l’achat d’une licence SOLIDWORKS en 2011. Je serais ravi de les aider à mieux adapter aux TPE leurs offres qui sont actuellement plus orientées vers les PME. La stratégie vers les TPE devrait être revue de façon à proposer des solutions pragmatiques à celles-ci. Notamment, d’apporter des exemples concrets sur les solutions possibles concernant les fiches de non-conformité, la demande de dérogation, la fiche anomalie, l’indicateur de la performance ou le gestionnaire qualité. Cette démarche rendrait les TPE plus réceptives à ces solutions ». Et pourquoi pas, s’inspirer des méthodes américaines, étudier au plus près les besoins du client en se mettant à sa place et concevoir des offres packagées à 80 % avec une marge d’adaptation au cas par cas de 20 %. Tout un programme, à vos logiciels !

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Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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