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L’association lyonnaise Vrac rend les produits bio accessibles à tous

L’association lyonnaise Vrac rend les produits bio accessibles à tous

Depuis novembre 2014, il est désormais possible, dans les quartiers populaires de Lyon, d’accéder à des produits bio sans payer le prix fort. Ce défi est réalisé par Vrac, une association initiée par Boris Tavernier. L’association a reçu le 20 mai 2016, le prix coup de cœur du Fonds de dotation de La Vie Claire à Montagny. Une récompense saluant 3 années d’efforts.


Pouvoir donner le choix aux habitants

« Pendant 10 ans, j’ai travaillé au sein d’une SCOP avec l’idée que l’on pouvait avoir une consommation différente sans que cela ne coûte plus cher, mais cela touchait un public déjà sensibilisé. J’ai repris mes études, obtenu un master d’économie sociale et solidaire, et dans la foulée j’ai lancé le projet de Vrac en 2013. Vrac est partie d’un constat : quand il y a pas beaucoup d’argent, la consommation s’oriente vers les produits les moins chers. A défaut de la qualité, de l’efficacité ou même de la santé car les personnes n’ont pas le choix. Le but de l’association, c’est vraiment de pouvoir donner le choix aux habitants. » indique le fondateur de Vrac. A l’origine du projet, EST Métropole Habitat, un bailleur « à la pointe au niveau de l’innovation sociale qui voulait montrer que sa préoccupation n’est pas juste construire, démolir et reloger.  Parmi ses objectifs améliorer la vie quotidienne. » Vrac, c’est aussi une succession de rencontres, et notamment avec « la fondation Abbé Pierre pour qui, le projet, entre dans leur politique de lutte contre l’isolement et l’exclusion. »

Etablir une relation de confiance

Pour mener à bien son challenge, Boris a passé plusieurs mois dans les quartiers de l’agglomération lyonnaise. « Il s’agissait de créer un lien. C’était moi l’étranger dans le quartier ! » Une fois le rapport de confiance installé, Boris commence à évoquer le projet : « Ça m’a pris pas mal de temps mais c’était indispensable. Après, j’ai organisé des petites réunions de dégustations. Je ramenais des produits sélectionnés au préalable. Au départ, je voulais m’appuyer sur les besoins des habitants.  Mais très vite la première question c’était : oui mais toi t’as quoi ? C’est quoi ton catalogue ? Tu proposes quoi ? » Une fois le goût et le prix validés, l’action a démarré de façon plus concrète. Et ce sont plus de 700 adhérents qui en bénéficient.

Ouvert à tous

Le déroulé est très simple. « Chaque mois, j’effectue une permanence physique. Soit dans des centres sociaux, soit dans des locaux de bas d’immeuble prêtés par des bailleurs. Les personnes se déplacent et commandent directement. Il n’y a aucune restriction, ni minimum, ni maximum. Tout est basé sur une relation de confiance. Je ne demande pas de justificatifs de domicile, ni de feuilles d’imposition. L’association est ouverte à tous après une adhésion de 1 euro à l’année. Par contre, l’action se passe uniquement dans les quartiers populaires de Lyon. Cette ouverture permet une mixité sociale. Deux semaines après mon premier passage, c’est la distribution des produits. Au même endroit, les clients viennent chercher leur commande. Chacun vient avec son emballage. Nous faisons ensemble le passage du vrac au détail. » Aujourd’hui, Vrac propose essentiellement des produits secs et des produits d’entretien, tous issus de l’agriculture biologique et pour la majorité locaux.

Etendre le projet à des achats de services groupés

L’association Vrac joue un rôle économique mais aussi social. « Les mamans se sentent considérées, elles peuvent consommer comme tout le monde, c’est extrément important. Ce qui revient aussi souvent, c’est que l’action ne soit pas destinée à un public défavorisé. Le fait que ça soit ouvert à tout le monde même si on est dans des quartiers populaires de la ville ça change tout. Il n’y a pas de stigmatisation. Tout le monde se mélange. Les habitants des quartiers veulent qu’on arrête de montrer dans les médias systématiquement les femmes voilées, les violences et tout le reste. Il n’y a pas que ça ! s’exclame Boris. Il y a de bonnes énergies dans les quartiers, pleins de choses à faire. » D’ailleurs, l’association ne s’arrêtera pas là. « Nous cherchons des pistes d’auto financement. Comme par exemple faire de l’achat groupé de services (assurances habitation, mutuelle, fournisseur d’accès à internet). Ce côté là va se développer pour pouvoir générer un peu de marge et ainsi créer un autre emploi salarié. »



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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