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Commerce

Le drôle de défi de Philippe Agresta : de collaborateur d’avoué parisien, il devient épicier !

Le drôle de défi de Philippe Agresta : de collaborateur d’avoué parisien, il devient épicier !
Philippe Agresta

La vie de Philippe Agresta bascule lorsque sa profession d’avoué disparaît. Il reprend alors le Panier Sympa, un commerce d’alimentation, à Anglards de Salers. Itinéraire d’un Parisien devenu épicier en zone rurale.


Quitte à changer de vie, autant le faire de façon radicale. C’est un peu ce que s’est dit Philippe Agresta, lorsque, en janvier 2012, la profession d’avoué – dont il est collaborateur depuis plus de 20 ans à Paris – est supprimée par décret du 3 mai 2012.

Se pose alors la question de sa reconversion. Au même moment, son épouse trouve un emploi dans le Cantal. C’est le déclic. Il ne lui en faut pas plus pour opérer un virage à 180 degrés. « Je ne me voyais tout simplement pas recommencer avec un nouvel employeur. J’avais acquis trop d’autonomie dans ma profession. » Rapidement, l’idée de reprendre un commerce d’alimentation germe dans son esprit. « Etre commerçant, c’est un métier de contact. Et j’ai besoin de ça pour travailler » précise-t-il. « D’avoué, je suis donc devenu épicier! »

Un changement de vie total qu’il assume jusqu’au bout en faisant le choix de l’implantation en zone rurale. « Le contact avec la clientèle est différent, explique-t-il. L’épicerie est un lieu de vie. On vient discuter, échanger, on prend son temps. Il y a un côté humain évident. » A Anglards de Salers, le Panier sympa, c’est presque un passage obligé: à la fois alimentation, point vert (on peut y retirer de l’argent), dépôt de presse… L’épicerie est l’un des poumons du village et Philippe en est conscient, même si ces derniers temps la crise se fait parfois sentir au profit de la grande surface, située à 10 km de là.

Etre commerçant, c’est un métier de contact. Et j’ai besoin de ça pour travailler

Avant de jeter son dévolu sur le Panier Sympa, Philippe Agresta a d’abord effectué des journées d’observation auprès de grandes enseignes de la distribution. « Plus que tout, je voulais rester maître de mes commandes et ne dépendre de personne. Au final, c’est par moi-même que j’ai dé-niché l’endroit qui me convenait. »

Sur son expérience, il jette un regard lucide et optimiste. « En réalité, ce n’est pas le parcours du combattant. C’est même assez rapide, à condition d’avoir un projet bien muri et réaliste. Avec un apport de base de 20 000 euros et l’aide de la CCI, il ne m’aura fallu que 2 mois pour obtenir l’accord de la banque.» Quant à sa communication, elle s’est faite à l’ancienne: « ici, c’est encore le bouche à oreille qui marche le mieux ! » plaisante-t-il. « De toute façon, on n’a pas le temps de fréquenter les réseaux d’entrepreneurs. Et pour se faire connaitre, rien de tel qu’une réception à la mairie en présence des commerçants, ou d’un pot d’accueil avec les habitants. »

Au final, il n’y a qu’une chose que Philippe a mal anticipée : la question de la vie de famille. « Je n’ai pas suffisamment pris en compte cet aspect-là. Je travaille 7 jours sur 7 et mes bénéfices ne per-mettent pas d’embaucher. Du coup, je ne peux pas prendre de congés. » Une constatation qui ne remet pas en cause son choix de vie mais qui implique néanmoins un réajustement : Philippe Agresta envisage déjà de vendre son épicerie. Son objectif : en reprendre une autre, un peu plus grande, avec un ou deux salariés qui lui permettraient de voir l’avenir plus sereinement.

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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