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Commerce

Le muguet : un marché de 23 millions d’euros !

Le muguet : un marché de 23 millions d’euros !

Associé à la fête du travail, le muguet est une tradition qui fait de moins en moins recettes. Et pour cause, les fleuristes se trouvent confrontés à une concurrence déloyale : les vendeurs à la sauvette sur la voie publique. Le point avec Nicole Dumas, présidente de l’Union des artisans fleuristes d’Auvergne.


Muguet nantais, muguet de Berlin, muguet de Bordeaux… Aujourd’hui, les fleuristes déballent les clochettes blanches porte-bonheur. En 2013, les Français ont dépensé 23,7 millions d’euros pour l’achat de muguet contre 25,5 millions d’euros en 2012, soit une baisse de 7 % (1). Alors que la Saint-Valentin représente entre 10 et 15 % du chiffre d’affaires des fleuristes, le muguet représente à peine 3 % (2).

« La vente du muguet a beaucoup baissé parce que tout le monde en vend : les fleuristes naturellement mais aussi les libres services, les grandes surfaces et les particuliers. L’activité des fleuristes est mise à mal par les vendeurs à la sauvette. Ces groupes organisés déposent des enfants avec une table, du muguet, des roses et de l’emballage dans plusieurs lieux stratégiques. Cette pratique est assimilée au marché au noir car elle n’est pas déclarée c’est-à-dire qu’il n’y a aucun versement de TVA ni aucune déclaration de chiffres qui sont parfois plus importants que ceux des petits fleuristes. Pour y mettre un terme, en tant qu’organisations professionnelles, nous envoyons un courrier aux mairies afin qu’un arrêté soit instauré. Mais personne ne nous entend. On laisse faire. », s’indigne Nicole Dumas, présidente de l’Union des artisans fleuristes d’Auvergne avant d’ajouter : « Il y a également un gros problème au niveau des fournisseurs qui vendent du muguet à des personnes qui ne sont pas fleuristes. Vendre du muguet sauvage coupé et sans emballage est toléré mais quand il s’agit de groupes organisés qui vendent du muguet nantais comme le nôtre, il s’agit purement et simplement de concurrence déloyale ! Ces pratiques ont profondément transformé notre métier. Nous arrivons à tirer notre épingle du jeu parce qu’en tant que fleuriste traditionnel nous travaillons la fleur différemment.

Les grosses chaînes de fleuristes, comme Monceau, déstabilisent également les fleuristes traditionnels parce qu’ils vendent de la fleur vraiment pas cher. Elles achètent en masse via des centrales d’achat. Nous, fleuristes traditionnels, nous achetons à nos dépôts des fleurs de qualité qui tiendront plus longtemps chez le client. La fleuristerie traditionnelle est en perte de vitesse : il y a une dizaine d’années, nous étions 160-180 artisans dans le Puy-de-Dôme. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que 135 fleuristes (avec le libre-service). Nous devons faire face à ces nouveaux marchés. A nous de nous différencier ! »

(1)   Selon les enquêtes de FranceAgriMer

(2) Selon les estimations de Nicole Dumas



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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