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Le vingtième siècle

Le vingtième siècle

Un siècle de progrès ?


Les siècles spirituellement riches sont-ils matériellement pauvres ? Je ne sais. Mais ce que je sais, c’est que le XXe siècle, pour avoir été matériellement riche, a été spirituellement pauvre, vide, désastreux, cynique et délabré.

Le XXe siècle, ce fut un foisonnement d’inventions techniques et de gains de productivité, donc de pouvoir d’achat. Mais ce fut aussi une hécatombe humaine effroyable : quelques quatre cent mille êtres humains – au moins – ont été assassinés par les idéologies sans âme issues du scientisme et du socialisme du XIXe siècle.
Ces assassins immatériels, mais si terriblement cruels, eurent, pour nom, nationalisme, patriotisme, socialisme communiste, socialisme fasciste, socialisme national, socialisme stalinien, socialisme maoïste, mais aussi, industrialisme, financiarisme, militarisme, impérialisme, colonialisme, technologisme, racisme, …
Les historiens du futur verront, sans nul doute, ce XXe siècle comme le plus sanglant, le plus infâme de tous les siècles passés, avec son chapelet de génocides juif, arménien, tzigane, cambodgien, tutsi,…

Nietzsche, le grand, l’immense Friedrich Nietzsche, avait tristement annoncé ce nihilisme qui fut l’assise terrible de ce siècle vingtième, tellement absurde.
Le nihilisme est une doctrine philosophique qui, dans son tréfond, s’oppose radicalement à toute forme de spiritualité. Le mot nihil, en latin, signifie “rien”. Pour le nihilisme, il n’y a rien sur quoi fonder quoique ce soit. Ni foi, ni croyance, ni valeur, ni morale, ni espérance, ni salut. Il n’y a rien ! Nihil !
Le nihilisme, comme l’a magistralement démontré Nietzsche, est la conséquence logique et ultime du rationalisme : puisque la raison logique est la seule voie vers la connaissance et puisque cette raison logique s’appuie sur des axiomes indémontrables qui ne sont que pures conventions, il n’y a rien qui soit fondé, qui soit démontrable, qui soit connaissable, qui soit bâtissable.
Le nihilisme s’habille alors de cynisme. Un cynisme narquois et moqueur qui ironise sur tout, qui se fiche de tout.

Le XXe siècle a eu le chic de couvrir toutes ses dévastations cyniques du voile pudique et chatoyant d’un idéalisme de façade apte à faire avaler toutes les pilules les plus amères.
Le colonialisme au nom de la civilisation. Le socialisme au nom du peuple. La nazisme au nom de la race. Le financiarisme au nom de la richesse. L’industrialisme au nom du progrès.
Civilisation, peuple, race, richesse, progrès : autant d’abstractions totalement vides de sens. Mais qui firent illusion (et qui le font encore pour beaucoup de nos contemporains). Et l’on massacra à tout va, en leur nom. Et l’on massacre encore. A commencer par la Nature !

La posture nihiliste se révèle encore sous un autre jour : celui de l’exigence radicale de n’être aliéné par rien. L’humanisme, poussé à son extrême, réclame que l’homme soit le centre, le sommet et le but de tout ce qui existe. Il a donc tous les droits. Il peut se permettre tous ses caprices. Il ne peut être entravé par rien : “il est interdit d’interdire”, lisait-on en mai ’68. Il faut libérer l’homme de toutes les contraintes, même les plus naturelles. Pas de sexes, pas de genres, pas de différences : chaque homme a tous les droits, puisqu’il jouit, du simple fait de naître homo sapiens demens, d’une dignité personnelle inaliénable et infinie.
Le nihilisme, bien logiquement, fonde alors l’universalisme, l’anthropocentrisme, le populisme, l’indifférencialisme, l’égalitarisme, le droit-de-l’hommisme, le démagogisme, le pédagogisme, le laïcisme, le laxisme, le solidarisme,… Qui, ensemble, constituent le fondement et le paradigme du XXe siècle. Toujours la même tactique : arborer les plus chatoyants idéaux pour justifier et couvrir les plus ignobles turpitudes, les plus infâmes démissions, les plus terribles trahisons.

Voir plus de chroniques de Marc Halévy 

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