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L’économie de la fonctionnalité : un autre monde est possible

L’économie de la fonctionnalité : un autre monde est possible

Face à l’augmentation permanente de la consommation d’énergie et à la raréfaction des ressources naturelles, des alternatives économiques proposent des modèles de développement durables.


Les rencontres de l’économie circulaire

Dans le cadre de la Plate-forme 21Macéo et la CCI Auvergne, en partenariat avec le CNFPT Auvergne, ont organisé un cycle de rencontres sur l’économie circulaire afin d’en comprendre les mécanismes. Cette série de conférences animées par des spécialistes fait le point sur les enjeux et propose des modèles de développement à travers des témoignages de chefs d’entreprise engagés dans une démarche de développement durable.

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

Notre système économique consomme inexorablement notre stock de matières premières, or on agit comme si les ressources étaient inépuisables. Véronique Guiraud, Chef de projet MACEO, nous invite à réfléchir à ” d’autres modèles que la recherche à tout prix de la croissance de notre PIB. Notre planète a un stock limité de ressources et une capacité maxi à absorber nos déchets. La planète ne peut pas supporter cette activité exponentielle consommatrice de richesses. Dans un monde fini des stratégies du réemploi s’imposent “.

Contrairement à l’économie ” linéaire ” dans laquelle la ressource entre à un bout de la chaîne, est transformée en un produit dont l’obsolescence programmée fera un déchet tôt ou tard, l’économie circulaire propose de transformer ce déchet en ressource. Il s’agit, à l’intérieur d’un cercle vertueux consistant à recycler le déchet, de le transformer en matière première qui sera ensuite réinjectée dans le circuit de production.

Dans ce modèle trois leviers inter-agissent : l’offre et les acteurs économiques, le comportement des consommateurs et la gestion des déchets.

” Remettre l’homme au centre du dispositif telle est la vertu de l’économie circulaire”.

Finie la propriété, vive l’usage

Jean-Pierre Bosle dirige la société Ecobel (développement de produits et de solutions pour l’environnement). Sa société intervient dans le domaine de la prévention des risques sanitaires en milieu hospitalier et a mis au point un pommeau de douche conçu pour réduire les risques d’exposition à la légionellose. Mais Jean-Pierre Bosle ne vend pas ses pommeaux de douche, il propose ce produit innovant en service, sous forme d’un contrat de maintenance qui assure à l’établissement une sécurité sanitaire, une tranquillité quant à la surveillance de l’hygiène, une réduction de sa consommation en eau (la douche est basse consommation). Jean-Pierre Bosle explique cette révolution dans la mise sur le marché d’un produit nouveau qui part du besoin du client et détache la possession de l’objet de l’usage, dans une logique de service.

« Les enjeux ne sont pas les mêmes : nous ne sommes pas seulement des vendeurs, on déplace la valeur de l’offre. On a été pionniers en 2006 avec l’hôpital de St Etienne, ce qui nous a permis de faire une étude du coût du service. Le contrat de maintenance est une garantie pour l’hôpital d’un suivi et le résultat a révélé une économie de 100 euros par douche et par an.”

Pour aller au bout de sa démarche de développement durable, Ecobel souhaite faire fabriquer son produit en ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail) : « nous avons réfléchit sur toutes les phases de vie du projet » alors bien sûr le produit est relativement simple à fabriquer et entièrement recyclable.

Pour Patrice Vuidel, Consultant-chercheur, associé d’ATEMIS, délégué général du Club économie de la fonctionnalité et développement durable, « on entre dans la valeur de l’offre mais pas par sa dimension purement monétaire. Le modèle industriel “classique” est porteur de limites et d’impasses parce qu’on est dans une logique de volume. A contrario, si on définit un autre rapport au produit, l’obsolescence programmée n’a plus d’intérêt. La valeur du bien en location est liée à sa durabilité. Moins de maintenance et moins de remplacements sont les clés du système et de la rentabilité de la prestation.”

Ce qui importe est la performance

L’économie de la fonctionnalité vise un haut niveau de performance : recherche d’économie d’énergie, baisse de la consommation de matière première, baisse d’émission de gaz à effet de serre.

Toutes les entreprises, qu’il s’agisse de services ou de commercialisation d’un produit, ont besoin de vendre pour exister et créer des emplois mais dans un contrat de réduction énergétique, plutôt que de vendre le produit il s’agit de chercher comment ce produit peut être mieux utilisé, loué plutôt que consommé, voire même partagé.

Michelin a mis en place un tel système pour des pneus PL : plutôt que de se contenter de vendre ces pneus il les loue et propose différents outils pour augmenter au maximum leur durée de vie : formation à l’éco-conduite, maintenance appropriée. Bien entendu, on pourrait imaginer que l’intérêt du manufacturier est de vendre le plus grand nombre de pneus possible avec pour corollaire plus ils s’usent vite, plus son chiffre d’affaires croit. Il n’en est rien. Dans une démarche d’économie circulaire, Michelin accompagne le service et cherche à prendre en compte les enjeux du client tout en visant la performance.

Patrice Vuidel, ” dans un système d’économe de la fonctionnalité,  je vends non pas des moyens ou des biens mais de la performance » donc moins de matière et moins d’énergie consommée mais une valeur la plus élevée possible et une meilleure prise en charge des effets externes de la production ( environnementaux, sociaux, )

Patrick Ferri, Directeur du service études et nouvelles mobilités au SMTC (Syndicat Mixte des Transports en Communs de l’agglomération clermontoise)  a adopté une même démarche avec la mise en place d’un dispositif de location de vélos bien corrélé avec le réseau des transports publics en complémentarité.  Cette attitude permet au SMTC de se positionner non seulement comme un service de transports mais aussi de mobilité : On ne réfléchit plus seulement en terme de lignes de bus, on travaille avec les acteurs de l’aménagement, les associations pour accompagner un meilleur usage des transports en commun, notamment pour le choix de l’implantation de points de location de vélos facilitant les déplacements.”

Un réseau d’échanges de pratiques

L’économie de la fonctionnalité va générer des coopérations entre les différents acteurs, les différentes filières dans une logique de sphère fonctionnelle. Pour Patrick Vuidel la co-construction des projets dans une approche de développement durable est incontournable. Cette co-construction peut se faire dans des réseaux d’échanges de pratiques, espaces de mutualisation et de collaboration entre plusieurs catégories d’acteurs : les entreprises, les collectivités, les associations, les personnes civiles, les laboratoires de recherche, l’Etat. De plus en plus de chefs d’entreprise s’orientent vers l’économie de la fonctionnalité et se sont même regroupés en « clubs de chefs d’entreprises ». Sur le  modèle de celui de Saint-Etienne, Macéo pourrait être tenté par la création d’ un groupe d’acteurs en Auvergne.

En savoir plus

Economie de la fonctionnalité, programme Macéo

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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