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Artisanat

Les Chambres des Métiers et de l’Artisanat ont 90 ans

Les Chambres des Métiers et de l’Artisanat ont 90 ans

Les chambres des métiers et de l’artisanat (CMA) fêtent cette année leurs 90 ans. Créées le 26 juillet 1925 par la loi Courtier, ces vieilles institutions n’ont pas pris une ride. Le projet politique qui a présidé à leur création reste totalement d’actualité.


L’artisanat, à l’origine de l’homme

“L’artisanat est né avec l’homme” se plait à rappeler Serge Bagel, Président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Puy-de-Dôme, ” les silex taillés , les peintures rupestres sont là pour nous rappeler que l’homme a été anobli par son savoir gestuel. Un geste qu’il n’ a cessé de développer en réponse aux besoins de la société. ” L’homme a aussi essayé de s’organiser pour produire et c’est ainsi que dans les chantiers de fouille on retrouve des traces de productions artisanales remontant au monde antique. Près de Clermont-Ferrand, les sites de Corent, Gondole et Lezoux ont révélé des ateliers de potiers, de travail des métaux regroupés sur un même site.
Serge Bagel est intarissable sur le sujet : ” Les communautés d’artisans que l’on peut observer remontent au XIIème. Ils sont les premiers à créer des formes de communautés sociales pour s’entraider. Les loges compagnonniques et les guildes avaient pour fonction la transmission du savoir et la solidarité .”
Les Chambres des métiers et de l’Artisanat d’aujourdhui sont les héritières de cette tradition. Créées en 1925 elles ont été mises en place pour répondre au souhait de l’Etat de doter les entreprises d’un appareil législatif et réglementaire adapté à l’artisanat.
Il y a 90 ans, sous la IIIème République, le sénateur Joseph Courtier, a posé la première pierre d’un établissement public gérant l’apprentissage et pépinières des entreprises, et a établi les règles de la formation en alternance. En 1937, la Loi Walter Paulin organisait l’apprentissage artisanal et en confiait la gestion aux CMA.

Les missions des Chambres des Métiers et de l’Artisanat

Les CMA accompagnent les chefs d’entreprise artisanale dans chaque étape de leur vie professionnelle : apprentissage, création, reprise d’entreprise, formation, développement, transmission.
Elles fêtent cette année 90 ans d’existence et d’avancées sociales ; un anniversaire qu’elles veulent ouvert sur les métiers pour rappeler combien, en près d’un siècle, les avancées ont été considérables : “On s’est bien débrouillés car, en complémentarité avec les organisations professionnelles, depuis 90 ans nous avons accumulé des acquis et évité bien des erreurs.”
Un des premiers soucis , dès la naissance des CMA, a été la qualification, c’est d’ailleurs une de leurs  missions centrales. Dans le Puy-de-Dôme, la CMA a traité en 2014 , 2550 demandes d’apprentissage et accompagné la signature de 1452 contrats. La chambre prend également en charge la formation des maîtres d’apprentissage et a instruit 532 dossiers de taxe d’apprentissage pour un montant collecté de 362 390 € en 2014.
Or, ” derrière la qualification ce qui est mis en avant c’est la protection du consommateur” fait remarquer Serge Bagel. Tout le monde est concerné.

Évoluer avec la société

Toit comme en 1925, les artisans sont tout à la fois chef d’entreprise, ouvrier, technicien ; une entreprise artisanale sur deux étant constituée d’une seule personne. En 2015, les préoccupations demeurent les mêmes : faire valoir les spécificités de quelques 1 200 000 entreprises artisanales. Dans le Puy-de-Dôme, on compte 12 609 entreprises actives et 40 000 emplois directs.
Ceci dit les CMA ont fortement évolué et cette évolution s’est accélérée ces 10 dernières années. Quelques dates ont marqué son histoire récente : 2005, Loi pour l’initiative économique et création du statut obligatoire du conjoint collaborateur d’entreprise artisanale; 2010, Loi sur l’entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) qui établit l’égalité fiscale et sociale entre l’entreprise individuelle et l’entreprise en société; 2014 , La loi artisanat, commerce et très petites entreprises définit et encadre la qualification professionnelle de l’artisan, étend le droit de suite à plus de 10 salariés en cas de cession et reconnaît le secteur des métiers d’art.
La part des femmes chefs d’entreprise dans le département est de 30%, sans compter les conjoints d’artisans qui ont désormais un statut ou plutôt le choix entre 3 statuts. Cependant il faut bien avouer que dans ce domaine, “il y a une certaine léthargie” regrette Serge Bagel.
2010 c’est aussi l’année qui a donné aux CMA un rôle de représentation au niveau national et régional. Des élus sont présents à l’échelon local pour faire remonter les réalités des différents secteurs artisanaux, et notamment les problèmes que peuvent rencontrer au quotidien les artisans. Ils sont 35 dans le Puy-de-Dôme.

Une CMA tournée vers la grande région

A partir de cet automne, les 90 ans feront date : “ce sera un Rendez-Vous historique qui peut nous valoriser “ souligne Serge Bagel qui veut aussi passer en 2016 en ayant “ montré la valeur ajoutée de cette fusion de nos deux régions.“. Si la réforme des politiques publiques inquiète par l’annonce de budgets plus contraints, Serge Bagel est optimiste en ce qui concerne l’union des régions Auvergne et Rhône-Alpes : ” Le grand défi de 2016 est le mariage entre nos 2 régions : 25 000 artisans en Auvergne, 130 000 en Rhône-Alpes. Nous avons quelques mois pour bien nous organiser pour accompagner les métiers . Il peut se poser un problème de gouvernance alors nous avons anticipé et préparé cette fusion”.

Les 28 collaborateurs de la CMA du Puy-de-Dôme sont prêts à prendre leur place dans la nouvelle organisation et à souffler leurs 90 bougies en toute sérénité.

Contact
Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Puy-de-Dôme
Immeuble Jean-Paquet
17 boulevard Berthelot
63400 CHAMALIERES
Tél. 04 73 31 52 00
www.cma-puydedome.fr/

Serge Bagel, Président de la Chambre des Métiers et de l'Artisanat du Puy-de-Dôme

Serge Bagel, Président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Puy-de-Dôme

 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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