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Les clés de la résilience

Les clés de la résilience

Le 28 février dernier, les dirigeants du club APM Auvergne Nouveau Monde ont rencontré Renée Rivest, présidente et fondatrice du cabinet de conseils ReGain, dans le cadre de leur voyage au Québec. Elle intervenait sur le thème : “Maître à bord en période de turbulences : l’art de rebondir et d’être soi (résilience)…”


Renée Rivest, de nationalité canadienne, est présidente et fondatrice du cabinet de conseils ReGain. Elle a fait ses études universitaires en relations industrielles (Université Laval) psychoéducation (Université de Sherbrooke) et en résilience (Université de Californie) et compte près de 30 ans d’expérience comme consultante en développement du leadership. Sa passion pour l’être humain et son parcours personnel et professionnel sont des modèles inspirants de résilience.

Le courage d’être soi

Être soi c’est accepter de ne pas s’inscrire dans un rôle, de laisser tomber son masque, sa carapace et s’affranchir du regard des autres et des normes imposées par le groupe et la société. Quand on devient soi, on est plein d’énergie, libéré, créatif, plus spontané, plus ouvert sur les autres, plus serein. Si l’on parle de courage, c’est qu’il y a un risque de dangers perçus ou réels. Les plus grands dangers sont ceux de se faire juger, rejeter et exclure du groupe.

Renée Rivest insiste sur le fait que tous les êtres humains portent ces mêmes peurs et elle explique que nous pouvons avoir le courage d’être nous-mêmes que dans une atmosphère de sécurité affective qui exclue tous risques d’être humilié, violenté physiquement, verbalement, émotionnellement ou psychologiquement.

Elle invite les participants à s’autoriser à oser leur originalité, leurs différences et à s’aimer avec leurs qualités et leurs défauts qu’ils perçoivent ou que les autres leur renvoient, parce pour « être soi-même il faut oser abandonner ses stratégies de défense et d’adaptation.
Renée Rivest précise qu’il est inutile de se mettre la pression en cherchant à être soi en permanence et elle propose de tenter d’être soi le plus souvent avec les siens, avec ses collaborateurs ou ses supérieurs afin de retrouver la flamme que génère cette posture.

Comment aider ses collaborateurs à « être eux-mêmes » ?

Pour aider ses collaborateurs à devenir « eux-mêmes », il faut leur créer “l’Espace de Sécurité” dont ils ont besoin, les inviter à “être eux-mêmes en leur montrant l’exemple”. Il faut aussi les amener à tolérer et comprendre leurs différences pour mieux les accepter et les aider à grandir et à se dépasser en légitimant le droit à l’erreur. Il faut aussi leur offrir des espaces de communication, assortis d’une écoute bienveillante.

La résilience et ses conditions de réussite

Pour Renée Rivest, du fait de notre fonctionnement neurologique, « on ne peut être résilient et avoir le courage d’être soi, que s’il y a une atmosphère de sécurité en soi et autour de soi ». Par ailleurs, sachant que l’on n’est jamais résilient “seuls”, il nous faut trouver des tuteurs de résilience, des personnes capables de nous écouter avec bienveillance et de voir le meilleur de nous-même si parfois nous avons l’air d’un “grand brûlé émotionnel”.

Elle définie la résilience comme un phénomène :
Dynamique (nous ne sommes jamais résilients seuls, des personnes se rapprocheront de nous, d’autres s’éloigneront, d’autres se questionneront avec nous, de nouvelles ressources intérieures émergeront)
Systémique (elle relie plusieurs variables entre-elles : contexte, personnes ou acteurs, douleur, émotions, tuteurs, etc. qui nous poussent à nous lancer des défis et à explorer).
Non linéaire et répétitif (ce n’est pas parce qu’on a été résilient 1 fois qu’on le sera toujours)
Une transformation (on ne sera plus pareils après, à l’image du poisson rouge qui saute de son bocal pour plonger dans la mer)

C’est pourquoi il faut comprendre que résilience ne signifie pas « Adaptation » mais « Mutation ». Pour expérimenter la résilience, il faut, dans un premier temps, accepter d’être confronté à une perte réelle de quelque chose ou de quelqu’un comme un être cher, son couple ou être confronté à un échec professionnel sérieux… De même, nous ne pouvons atteindre l’état de « résilience » que si après avoir appris à « se-connaitre » nous acceptons notre condition et notre fracas, en le verbalisant sans honte et sans gêne auprès d’un tuteur et en manifestant notre volonté d’apprendre pour en sortir…

 

Les clefs de la résilience

Pour atteindre son potentiel de résilience au quotidien, il faut réunir 7 conditions :
1. Toucher et plonger dans l’émotion pendant 1 min ½ sachant que le cerveau dégrade chimiquement toute émotion en 1 min ½.
2. Accepter le fracas, la situation rencontrée et y donner un sens.
3. Verbaliser, sans honte, son fracas et savoir demander de l’aide momentanée auprès de tuteurs de résilience, thérapeutes ou coach compétents dans le domaine du traumatisme vécu.
4. Travailler sur les conditions du changement « par le haut » en veillant à creuser toutes les options et à ne fermer aucune hypothèse en restant créatif au niveau de la solution…
5. Bien « se reconnaître » en identifiant ses forces et vulnérabilité
6. Ne rien prendre pour acquis et développer une attitude « de gratitude » en disant merci « à la vie ».
7. Garder espoir et humour en toutes circonstances

Pour conclure cette rencontre pleine de sens, d’émotion, de partage et de sincérité, Renée Rivest invite les participants à créer autour d’eux une atmosphère de sécurité affective en développant, à partir de leur cerveau préfrontal, l’humour, l’amour et la droiture.

Gilles Flichy



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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