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Les “tiers lieux” revitalisent les territoires ruraux

Les “tiers lieux” revitalisent les territoires ruraux
Chariots de télémédecine

Télétravail, télécentre, télémédecine, espaces de co-working, Fablab … Une étude en cours de publication confirme ce que, sur le terrain , on savait déjà : les tiers lieux sont des outils incontournables du développement et de l’attractivité des territoires ruraux.


Définition

Un tiers lieu c’est un 3ème lieu : ni la maison ni l’espace de travail mais juste un peu des deux. C’est une forme d’aménagement où l’on peut vivre et “co-worker” ou plutôt, pour éviter cet anglicisme, co-travailler dans un même espace partagé.
Le tiers lieu est donc un espace de travail collaboratif, public ou privé, installé dans des locaux adaptés et raccordés au haut débit. Il ne s’agit pas seulement d’une simple location de bureaux et de salles de réunion ; dans les tiers lieux le matériel aussi est mutualisé : imprimantes et machines de production fonctionnent en réseau et sont accessibles de plusieurs postes de travail… Très prisés des créateurs de start-up, ces centres sont économiquement très avantageux puisque tous les frais de fonctionnement sont partagés. Pourtant l’attrait principal ne réside pas uniquement dans cet avantage financier mais dans la possibilité de travailler avec d’autres : le co-working permet aux travailleurs indépendants, télétravailleurs et travailleurs mobiles comme les commerciaux de ne pas rester isolés, ce qui améliore considérablement leur qualité de vie au travail.

On peut y travailler mais aussi se détendre ce qui favorise la créativité. Les tiers lieux offrent souvent un espace hébergement et la possibilité de prendre ses repas et de se reposer. En Eure et Loir, à 1 heure de Paris, on propose tout cela pour 40 euros/jour dans un corps de ferme entouré de prairies et de bois : ” on travaille dans un espace de co-working près d’un potager qui permet de plus, de manger sain “, décrit l’un de ses occupants : ” les temps de repas sont des moments qui permettent de créer des liens, favorisent les échanges avec une dimension type ” maison de campagne” tout en conservant une ambiance de travail car cela reste du business”.
Co-worker c’est donc  travailler avec d’autres dans un même espace pour favoriser les échanges.
Il n’y a pas de modèle unique mais : les tiers lieux définis par leur usage et les services susceptibles de répondre aux besoins des entreprises et de la population.

Des économies difficiles à appréhender mais bien réelles

En moyenne un tiers lieu permet de générer ou de maintenir 9 emplois. Avec des recettes fiscales estimées à 50 000 euros/an en moyenne les retombées, au plan national, sont de 500M€ par an.  Au delà de ces chiffres, les tiers lieux permettent de réaliser de substantielles économies grâce à la réduction des accidents du travail (accidents de trajet) en évitant de mettre sur la route des salariés qui peuvent exercer leur activité depuis un centre de télétravail à proximité de leur habitation. Le coût des trajets domicile/travail est évalué à 17 milliards d’euros par an. L’économie réalisée en regroupant près de chez soi activité professionnelle et services peut être considérable.
Cela va également dans le sens de la transition écologique car moins de voiture sur les routes c’est aussi moins de production de CO². Un gain difficile à quantifier mais bien réel.

Les tiers lieux, avenir des espaces ruraux

Le développement des territoires ruraux passe désormais par des systèmes d’interconnexion entre les différents types d’espaces que toute personne fréquente durant sa vie : déplacements domicile-travail, écoles, universités, réseaux économiques, réseaux scientifiques, services publics, espaces culturels, entreprises…
Depuis 2012, de nombreuses mesures ont été prises par le Gouvernement concernant le déploiement du télétravail en concertation avec les associations d’élus et les partenaires sociaux pour favoriser la présence des actifs dans les territoires ruraux et pour l’accès aux services publics, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la culture, du développement économique, du soutien au commerce et à l’artisanat, de la transition écologique, de l’évolution de l’agriculture, et des mobilités.

L’emploi est mort , vive le travail

Plus de flexibilité dans l’emploi, horaires ” à la carte “, qui pour beaucoup va avec un changement de statut pour des ex-salariés souhaitant s’émanciper de territoires dortoirs. Mais comment évaluer le travail de ces neo-salariés en télétravail ? La notion de temps de travail ne rend plus compte de la réalité. Il faudra sans doute réviser le code du travail pour intégrer ces nouvelles pratiques.
La télémédecine en est un bon exemple. Si elle permet à l’assurance maladie d’économiser des frais de transport des patients vers des CHU, comment quantifier les actes des spécialistes réalisant un diagnostic à distance ? Ce qui prévaut est bien entendu le confort des patients. Les expérmentations en télémédecine ont prouvé que cette pratique participe à leur qualité de vie et à une bonne prévention santé. L’administration saura s’adapter au contexte d’une révolution technologique qui avance à grands pas.
Dans le Cantal on fait figure de précurseur.

Le numérique, une stratégie de développement

La connexion des territoires est un impératif pour garantir leur attractivité. Précurseur en 1998 avec 200 espaces publics numériques, le Cantal a su profiter de l’arrivée du haut débit pour transformer ses espaces de service public en Maisons de Service public. Mais le Conseil départemental ne s’en tient pas là : le CIT, (Cantal Ingénierie & Territoires), accompagne les élus, les porteurs de projets pédagogiques, les institutions, pour la mise en place d’environnements numériques de travail. Cet accompagnement a permis de développer de nouvelles pratiques dans les écoles en liaison avec l’Education nationale : tableaux numériques interactifs, labos de langues, classes mobiles, et mise à disposition des écoles d’une plateforme d’assistance téléphonique académique.
Le Cantal sera le premier département à offrir une formation sur la fibre optique.

Dans ce département on mise fortement sur une stratégie de développement du télétravail et le travail collaboratif. Ce peut être une réponse à la problématique démographique des espaces ruraux qui, grâce au numérique, peuvent attirer de nouvelles populations, des jeunes surtout, prêts à investir dans la création d’activités. Le prix du foncier, les nouvelles pratiques de travail collaboratif, la mutualisation des locaux et des moyens, le soutien des collectivités territoriales, l’accueil des habitants, tout contribue à développer l’attractivité et à la revitalisation des bourgs. Dernier né des tiers lieux, virtuel celui-ci, à Aurillac, cette plateforme qui permet à des non initiés de créer gratuitement leur site web et apprendre à l’administrer.
Les pratiques numériques prennent le pas sur une forme plus traditionnelle dans tous les secteurs : l’agriculture, l’école, le tourisme, la santé.

La télémédecine est déjà une réalité

Le Conseil départemental du Cantal a fait une priorité de la garantie de l’égalité de l’accès aux soins. Cinq structures sont déjà équipées, à titre expérimental , de modules de téléconsultation. Des chariots de téléconsultation reliés à la plateforme régionale de télémédecine, grâce à une connexion sécurisée, ont été installés dans 2 EHPAD ( Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) à Ydes et Saint Illide, dans une clinique et un FAM ( Foyer d’Accueil Médicalisé) de Riom es Montagne, et dans le Foyer d’Accueil Médicalisé de Pierrefort. Les spécialités accessibles via cette plateforme, sans que le patient ait besoin de se déplacer, sont : la dermatologie, la psychiatrie, la neurologie, la rééducation fonctionnelle, la cardiologie, les troubles du sommeil et la réhabilitation respiratoire.
Cette opération dont le coût élevé ( 370 000€ ) est justifié par le bien être apporté aux patients et l’économie des déplacements a bénéficié d’un co-financement de fonds européens ( FEDER) et du Conseil régional.

D’autres établissements, maisons de santé notamment, sont en cours de réflexion pour s’équiper, soutenus par leurs élus.

Pour faire du Cantal une terre d’accueil où il fait bon vivre ensemble.
En savoir plus :

Atlaas – programme développé par l’association Villes Internet et soutenu par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) – a pour vocation de recenser et de mutualiser des projets et services numériques innovants, développés par des acteurs locaux.

Réseau de villes internet  

Cyber cantal 



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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