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L’Union des Professionnels de l’Artisanat interpelle les candidats à l’élection régionale en Rhône-Alpes Auvergne

L’Union des Professionnels de l’Artisanat interpelle les candidats à l’élection régionale en Rhône-Alpes Auvergne

Les présidents de l’UPA Auvergne et de l’UPA Rhône-Alpes se sont concertés afin de faire parvenir leurs propositions aux candidats têtes de listes pour les prochaines élections régionales, qui se tiendront en décembre 2015. Le Journal de l’éco a interviewé Bruno Cabut, président de l’UPA Rhône-Alpes.


Le Journal de l’éco : Bruno Cabu, pouvez-vous présenter l’UPA ?

Bruno Cabut : L’UPA est l’union professionnelle de l’artisanat. Nous sommes organisés au niveau départemental, régional et national. Nous sommes l’un des trois partenaires sociaux patronal avec le MEDEF et la CGPME. L’UPA fédère trois confédérations : la CAPEB (métiers du bâtiment), la CNAMS (artisans des métiers de services) et la CGAD (métiers de l’alimentation de détail). Nous avons également un membre associé, la CNATP, qui représente les métiers des travaux publics et du paysage.

Le Journal de l’éco : Quel est le poids de l’UPA en Auvergne – Rhône-Alpes ?

Bruno Cabut : Cela représente 175 000 entreprises, 600 000 actifs et 28 000 jeunes en apprentissage. L’UPA Rhône-Alpes et l’UPA Auvergne vont fusionner, au plus tard le 31 mars 2016, et l’ensemble représentera 33 % des entreprises de la future grande région.

Le Journal de l’éco : Quelle est la principale demande que vous formulez auprès des politiques ?

Bruno Cabut : Compte tenu du secteur et du poids économique que nous représentons, nous demandons en premier lieu la désignation d’un vice-président de Région délégué à la vie économique de proximité.

Le Journal de l’éco : Cela n’existe ni en Auvergne, ni en Rhône-Alpes ?

Bruno Cabut : Cela existe en Rhône-Alpes, mais c’est un délégué qui a plusieurs charges et beaucoup de dossiers à gérer. Il n’est pas dévolu totalement à cette économie de proximité comme nous le souhaiterions. Il y a énormément de choses à faire afin de mettre en place une politique économique qui réponde aux enjeux structurants de la future 2e région de France.

Le Journal de l’éco : Vous demandez aussi un accompagnement des entreprises dans leur développement économique ?

Bruno Cabut : Il y a deux points importants, notamment en terme de capitalisation de ce qui est dejà en cours en Rhône-Alpes. Nous souhaiterions voir deux dispositifs existants perdurer avec la nouvelle mandature et être étendus à l’ensemble de la nouvelle grande région. Tout d’abord le fonds régional d’action d’urgence, qui intervient auprès des entreprises en difficulté. Ensuite le contrat atout solutions gagnantes, qui accompagne les entreprises de l’artisanat dans leur développement, y compris lors des cessions-reprises.

Le Journal de l’éco : Certains de ces accompagnements ne sont-ils pas du ressort de conseillers en gestion privés plutôt que des services d’une région ?

Bruno Cabut : 45 % des habitants souhaitent que la future grande région privilégie le développement économique en accompagnant les entreprises afin de faire baisser le chômage. Les petites entreprises ont été l’amortisseur social des crises successives que nous avons connues. Pourtant, les entreprises artisanales continuent à embaucher pour 17 % d’entre elles et 60 % des jeunes que nous employons en contrat d’apprentissage trouvent du travail en CDI à l’issue de leur formation. Sur 200 millions d’euros de budget économique au niveau régional, notre secteur ne bénéficie que de 2 millions d’euros d’aide. Pour 33 % des entreprises, ce n’est pas suffisant. Si nous ne sommes pas accompagnés, nous irons dans le mur.

Le Journal de l’éco : Vous demandez également aux politiques des engagements en ce qui concerne la formation professionnelle ?

Bruno Cabut : Les sommes collectées par le Conseil Régional se retrouvent dans le budget général. Nous souhaitons connaître la réalité des montants et les voir affectés aux formations en alternance et à l’apprentissage.

Le Journal de l’éco : Qu’en est-il des relations institutionnelles entre les artisans et la Région ?

Bruno Cabut : Le dialogue social fonctionne bien en Rhône-Alpes et nous souhaitons que cela perdure à l’échelle de la grande région. Il faut une concertation régulière avec les partenaires sociaux ainsi qu’avec le Conseil économique et social régional, qui représente la 2e instance de la région. Seule cette concertation permettra aux politiques d’avoir des avis éclairants dans les décisions importantes qu’ils auront à prendre. Nous demandons aussi des simplifications administratives.

Le Journal de l’éco : Avez-vous déjà fait parvenir ces propositions aux têtes de listes ?

Bruno Cabut : Nous avons déjà effectué les 3/4 des rencontres. Seule Chantal Gomez de Lutte Ouvrière n’a pas souhaité nous rencontrer, car il semble que cette organisation d’un autre temps nous considère toujours à travers le prisme de la lutte des classes, bien loin des propositions que nous formulons. En tant que chefs d’entreprises de l’artisanat et du commerce de proximité, nous sommes au quotidien aux côtés des salariés, et nous avons mis en place depuis longtemps les commissions paritaires régionales interprofessionnelles afin de répondre au dialogue social.

Le Journal de l’éco : Avez-vous eu des retours des candidats que vous avez rencontrés ?

Bruno Cabut : Évidemment la plupart sont très intéressés par notre secteur. Les politiques ont bien compris aujourd’hui l’importance des petites entreprises au niveau de la création d’emploi, et donc de la lutte contre le chômage. Ils ont bien compris aussi que nous représentons non seulement des enjeux économiques régionaux très importants, mais que nous impactons directement la vie quotidienne de nos concitoyens. Si déjà un vice-président délégué exclusivement à l’économie de proximité est nommé après les élections, nous aurons fait un grand pas dans la bonne direction.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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