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Commerce

Made in France : 3/4 des Français prêts à payer plus cher

Made in France : 3/4 des Français prêts à payer plus cher

3/4 des Français se disent prêts à payer plus cher pour acheter français. Un acte patriotique mais pas que. Les consommateurs sont en effet de plus en plus en quête de produits de qualité. Qu’on se le dise, acheter français c’est aussi soutenir à sa façon l’industrie nationale et ses savoir-faire. Le marché du “Made in France” représente aujourd’hui plus de 38 000 emplois et génère un chiffre d’affaires de 7,2 milliards d’euros annuels.


Le « Made in France » en chiffres

Textile et habillement

Selon l’INSEE le « Made in France » dans l’industrie du textile français (tissage, filature…) représente 38 667 emplois et un chiffre d’affaires annuel de près de 7,2 milliards d’euros (Source INSEE, 2013).

L’industrie française de l’habillement (Fabrication, confection…) représente 40 039 emplois et un chiffre d’affaires annuel de près de 7,8 milliards d’euros. En 2015, les exportations extra Union Européenne représentaient 34% des exportations totales d’habillement, pour un total de 8,8 milliards d’euros. L’offre française d’habillement s’exporte ! Un chiffre en progression de 8% chaque année depuis la crise de 2009, les entreprises françaises compensant le ralentissement de la consommation locale en se tournant vers les marchés extra-européens. Pour information, la filière textile compte aujourd’hui 60 000 emplois contre 600 000 il y a trente ans.

Jeux et Jouets

En France, le marché du jouet ne connaît pas la crise. Bénéficiant d’une forte croissance depuis 5 ans, les ventes de jeux et jouets drainent désormais plus de 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, dont plus de la moitié se concentre sur le seul dernier trimestre, avec la célébration des fêtes de fin d’année en point d’orgue.

En 2015, plus de 220 millions de jouets ont été vendus dans l’Hexagone. La France est d’ailleurs le pays d’Europe avec le budget jeux et jouets par enfant le plus élevé. Une somme de 295 euros a été dépensée en moyenne par enfant de 0 à 11 ans l’année dernière.

Les fabricants de jouets français profitent-t-ils de cette manne économique ? Assez peu semble-t-il puisque seuls 7% des jeux et jouets vendus en France sont fabriqués sur le territoire national. Les jouets vendus aux consommateurs sont donc massivement importés. Les importations de jeux et jouets sur le territoire français sont même reparties à la hausse ces dernières années. Entre 2013 et 2015, leur montant en valeur aura ainsi augmenté de plus de 11%. 60% de nos importations proviennent de Chine, où les leaders mondiaux du jouet ont délocalisé ou sous-traité l’essentiel de leur production. En France, depuis le début des années 2000, le nombre de sociétés spécialisées dans la fabrication des jouets a fondu de plus d’un tiers et les effectifs salariés de la profession ont été divisés par 2.

L’enquête de la FIMIF Fédération Indépendante Made In France

En France, le secteur des GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) génère plus de 110 milliards d’euros de revenus par an. Soit 5% du PIB de la France. Sur l’ensemble des circuits GMS, les marques de distributeurs (MDD) représentent à elles seules 33% de l’ensemble de nos dépenses et 45 % des produits de grande consommation que nous achetons.

Si les MDD thématiques telles que le « bio » connaissent de belles progressions ces dernières années, les MDD « économiques » se sont quant à elles effondrées. A l’instar de Lidl, Leclerc ou Intermarché, les acteurs de la grande distribution repensent leurs stratégies et communiquent désormais massivement sur leurs engagements en faveur du local, de l’emploi, de l’artisanat, ou encore de l’écologie.

Dans le cadre de cette nouvelle enquête, la FIMIF a souhaité passer au crible l’offre proposée par ces enseignes à travers leurs marques en propre, les MDD, en vue de confronter les déclarations d’intention et la réalité des offres proposées.

En J=juin 2017, la FIMIF a analysé 1 340 références issues de 18 familles de produits, alimentaires comme non alimentaires, vendues sous MDD par les 10 principales enseignes de France : Carrefour, Auchan, Leclerc, Intermarché, Super U, Géant Casino, Cora, Lidl, Aldi et Monoprix. Sur la base de ces relevés, deux indicateurs clés ont été calculés : la transparence de l’information d’origine et le poids des produits de fabrication française dans les offres proposées.

En moyenne, moins d’un produit sur trois distribué, est fabriqué en France, avec de fortes disparités selon les produits. L’alimentaire est d’origine française pour 40% des produits, alors que les produits manufacturés ne le sont qu’à hauteur de 22%.

Dans l’alimentaire, ces produits sont d’origine France dans 67% des cas, alors que les denrées transformées ne le sont qu’à hauteur de 28%. Les viandes et produits laitiers occupent la tête du classement avec respectivement 96% et 71% d’origine française. En bas de classement, on retrouve les produits ménagers (importés à 92%), les conserves et les produits secs (importés à 89%).

A noter que dans le top 10 des produits les plus importés, les alternatives françaises existent systématiquement. Ainsi, aucun épilateur électrique ou fer à repasser n’est proposé en fabrication française, alors que des marques comme Calor continuent d’en fabriquer en France. Idem pour les brosses à dents avec Bioseptyl, qui fabrique en France à prix très compétitifs.

Du coté du Bio, même constat : seul un produit sur trois (38%) est d’origine française. Enfin, concernant l’indication d’origine, elle est fournie au consommateur pour à peine un produit sur deux (47%) et souvent lorsque celle-ci est flatteuse : 65% des produits disposant d’une indication d’origine sont également fabriqués en France. A l’inverse, certains enseignes telles que Cora, Casino ou Aldi n’indiquent pas l’origine, quand bien même celle-ci est française.


Le classement des distributeurs

Le classement se divise en deux groupes distincts :

Parmi les distributeurs faisant un certain effort : Intermarché, Carrefour, Auchan et Super U dont l’offre française oscille entre 38% (Super U) et 54% (Intermarché). Carrefour est le champion de la transparence, avec une indication d’origine fournie au client dans 82% des cas.
Parmi les distributeurs dont l’origine des produits ne semble que très peu compter, nous trouvons Leclerc, Cora, Casino, Aldi et Monoprix qui se tiennent dans un mouchoir de poche avec 20% à 25% d’offre française. Lidl ferme la marche avec moins d’un produit sur cinq d’origine française (17%).

Le carton rouge de cette étude revient à Lidl du fait que, au-delà du très faible score avéré de 17%, il s’agit néanmoins d’une enseigne ne lésinant pas sur les moyens publicitaires pour faire valoir son engagement envers la production française. Pourtant, dans l’alimentaire proposé par l’enseigne, seulement un produit sur trois sera reconnu et labellisé d’origine française, tandis qu’aucune offre « Made in France » n’est proposée dans le non-alimentaire, sur l’échantillon testé. Un produit résume à lui seul le contexte flou régnant chez Lidl. L’étude de la FIMIF révèle avoir trouvé du « Savon de Marseille » avec une adresse de société allemande et aucune indication précise d’origine française.

Marc-Alexis Roquejoffre



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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