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Artisanat

L’ardéchoise Emilie Rouillon remporte le prix national du Concours Atelier d’Art de France 2015!

L’ardéchoise Emilie Rouillon remporte le prix national du Concours Atelier d’Art de France 2015!

En décembre dernier, la lauréate Rhône-Alpes Emilie Rouillon a reçu le prix national pour sa pièce “N’importe où… Mais hors du monde”, réalisée en collaboration avec le céramiste Emmanuelle Peccatte. Spécialisée dans la vannerie et basée dans la commune de Sarras en Ardèche, Emilie réalise des pièces traditionnelles en osier, sans jamais se priver de laisser voguer son imagination vers l’originalité et la créativité.


Passionnée par la nature et le monde végétal, Emilie Rouillon avait commencé sa vie professionnelle en tant qu’accompagnatrice en montagne et éducatrice en environnement. Des chemins au maniement de l’osier, la reconversion n’était pas si incongrue que cela. En 2008, elle obtient son diplôme d’Osiériculture et de Vannerie dans la seule école à proposer cette formation en Haute-Marne, et fonde l’Atelier Archelle avec Rémi Chaléat à Sarras en 2009.

« Voici un petit moment que j’entendais parler des Ateliers d’Art de France, cette année j’ai donc sauté le pas en présentant cette pièce faite d’osier et de céramique. Je pensais que se serait un bon tremplin pour un métier si méconnu que la vannerie, ainsi que l’occasion de montrer qu’on peut dépasser le simple panier en osier avec cette discipline » nous confie la lauréate.

Grâce à ce concours national, les Ateliers d’Art de France entendent effectivement promouvoir auprès du public des savoirs-faire rares, qui nécessitent une grande maîtrise et beaucoup de passion de la part des professionnels. Pour cette quatrième édition du Concours, 21 lauréats régionaux ont émergés de 323 participants. Outre l’attribution d’une bourse de 1000 euros à chaque lauréat, et la reconnaissance qui accompagne cette récompense, le but du concours est d’offrir une plus grande visibilité aux artisans d’art.

Je n’ai aucune prétention à vouloir faire passer un message. Je préfère que les gens ressentent des émotions à la vue de mes créations

A la différence du tissage, la vannerie se définit comme le tressage de matériaux sans machine. Avant cantonnée à l’utilisation de l’osier, cette discipline se pratique aujourd’hui avec des fils de fer, des matériaux de récupération ou encore des matières synthétiques. Emilie Rouillon, si elle s’en tient à l’osier, préfère exprimer sa créativité sur des aspects plus techniques : « Il faut avoir une base traditionnelle forte, ceci permet de s’approprier les techniques et d’innover. Une technique en appelant une autre, c’est finalement l’association de ces différents savoirs-faire qui permet d’être original. Quand je me lance dans une pièce plus créative, j’insuffle forcement des choses plus personnelles, en accord avec ma propre sensibilité. En regardant mes créations, les gens n’ont pas forcement le même ressenti que moi, ils les regardent avec leur propre vécu et sensibilité, il se peut même qu’ils ne la voient pas de la même manière à 6 mois d’intervalle. Ce qui importe à mes yeux, c’est qu’ils ressentent quelque chose. »

En référence au poème de Baudelaire du même nom, l’œuvre « N’importe où… Mais hors du monde » incite au décloisonnement et à l’évasion grâce à l’association harmonieuse de terre et d’osier. Une association permise par la collaboration d’Emilie Rouillon avec Emmanuel Peccatte, spécialiste de la terre, décédé depuis. « Si les lectures et interprétations de cette pièce sont multiples, nous voulions aussi montrer que l’osier ne se limite pas à un panier, et que la céramique ne sert pas qu’à faire des bols. Avec la disparition d’Emmanuel en mars dernier, cette pièce a évolué et a pris une valeur émotionnelle encore plus forte à mes yeux. De plus, être reconnue pour ce travail me pousse à aller encore plus loin dans la confection de créations originales ».

Jusqu’au 23 janvier, les plus chanceux pourront découvrir les créations des 21 lauréats régionaux à l’Atelier au Viaduc des arts à Paris.



Un article de la rédaction du Journal de l’éco

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