webleads-tracker

Autres conseils

Pour en finir avec le mythe de la croissance externe « Changer de regard et adopter une stratégie de rupture »

Pour en finir avec le mythe de la croissance externe « Changer de regard et adopter une stratégie de rupture »

Le 10 avril dernier, les dirigeants du club APM Auvergne Nouveau Monde ont accueilli chez Fidal Auvergne Anis Bouayad docteur ès sciences de gestion et consultant en stratégie et en alliance qui intervenait sur le thème : Stratégie gagnante : les trois portefeuilles


La stratégie de la taille maximale, n’est plus payante. L’innovation permanente si»

Après avoir démontré par l’intermédiaire d’études américaines que les entreprises performantes aujourd’hui ne sont pas celles qui ont les plus grandes tailles, Anis Bouayad affirme : «Il faut casser un tabou, la stratégie de la taille maximale, elle n’est plus payante. L’innovation permanente, si».

Anis Bouayad est Convaincu que la stratégie de croissance externe qui incite à baisser les couts en augmentant les volumes a été le modèle dominant pendant les 30 glorieuses et continue à l’être chez de nombreux dirigeants d’entreprise. Fort de ce constat sans appel, il établit que ce management moderne est dépassé et qu’il faut en changer conforté dans son analyse par l’augmentation constante du nombre des fusions acquisitions qui, en détruisant de la valeur pour les actionnaires de départ, se révèlent être des échecs (75%).

A partir d’exemples de PME industrielles et de services, ayant des stratégies innovantes et gagnantes, Anis Bouayad démontre que les entreprises les plus performantes présentent toutes un point commun, à savoir que leur offre produit/service destinée au client est régulièrement plus innovante que celle des entreprises focalisée sur la recherche systématique de la taille maximum et du coût minimum. Ces entreprises qui arrivent à augmenter leur chiffre d’affaires et à améliorer leur résultat ne sont pas forcément dans des secteurs protégés. Certaines d’entre elles sont même dans des secteurs durement touchés, comme le meuble de bureau, le transport de marchandise ou l’imprimerie. Leur trait commun, c’est qu’elles adoptent des stratégies originales, qu’elles s’inscrivent dans la Rupture en tant que phénomène structurel et qu’elles récusent la crise comme phénomène conjoncturel. Dans chacune de ces entreprises il existe un projet stratégique à long terme, porté par une équipe et auquel l’ensemble du personnel adhère, qui est relayé par une Communication interne très performante. Ces entreprises, après avoir pris soin de redéfini leur métier de façon évolutive et non technique, décryptent la Rupture au niveau des clients, des concurrents, des fournisseurs, de l’économie, de la politique, de la réglementation et des comportements. Elles cassent les dogmes établis que sont l’effet de taille et la part de marché, la Valeur Ajoutée et la maîtrise des coûts, la certification et la qualité, la production et la baisse des prix et adoptent des approches pragmatiques qui mettent en avant, le client Roi, l’effet de Compétence se substituant à l’effet d’expérience et la Valeur Ajoutée Exogène remplaçant la Valeur ajoutée Endogène.

Les entreprises qui progressent … ont un projet d’équipe et … s’allient avec d’autres»

Ces entreprises ne sont plus en position de force face au marché, elles n’ont plus de pouvoir réel sur leurs clients. «Celles qui progressent sont d’une part, celles qui ont un projet d’équipe et celles qui n’ont pas peur de s’allier avec d’autres», explique Anis Bouayad. Pour s’en sortir ces entreprises adoptent une nouvelle Stratégie qui se décline en trois volets : mieux gérer l’acquis, adopter une Stratégie de suiveur et une Stratégie de rupture.

A ce stade, Anis Bouayad explique aux dirigeants de l’APM sa théorie de la stratégie gagnante basée sur trois portefeuilles: l’activité, qui est la matrice du système et qui doit sans cesse être innovante, le territoire qui est imposé par la nature de l’activité, et enfin les alliances, «le nerf de la guerre». «L’alliance c’est le curseur indispensable pour coller à ce portefeuille d’activité et de territoire», avance-t-il et il martèle : «il ne faut pas oublier une chose: il est nécessaire de bien penser le client, car le client est roi. Les entreprises doivent surveiller l’aval!».

Un pouvoir collectif … « mutualisation dans la décision et association dans l’action »

Le pouvoir légal des dirigeants, basé sur la capacité d’action et l’autonomie de décision et animé par une logique de confrontation, doit céder la place à une nouvelle forme de pouvoir plus collectif reposant sur la mutualisation dans la décision et l’association dans l’action. Anis Bouayad invite les dirigeants à démultiplier leur pouvoir avec les autres en cherchant davantage l’influence pour atteindre une certaine puissance partagée et il les exhorte à se détourner de la recherche systématique de la puissance pour la puissance.

On ne peut qu’évoquer à ce stade la réussite collective de structures régionales associatives basées sur la coopération, le partenariat et la complémentarité qui ont su, depuis plus d’ une décennie, adopter avec profit une stratégie de rupture pour répondre aux évolutions de leur environnement  : l’Interclubs Economique du Grand Clermont, les Petits Déjeuners de la Création et les Matinales RH.

Pour conclure, Anis Bouayad livre aux dirigeants de l’APM une synthèse de ses recherches dans le domaine de la stratégie :

“Face à un environnement complexe, il faut avoir des outils complexes (riches), Face à la Rupture, il faut avoir une Stratégie de Rupture”. Pour réussir durablement un bon stratège doit savoir lire son environnement, s’y inscrire sans y souscrire et y agir tout en amenant les autres à venir jouer sur son terrain en adoptant propres ses règles du jeu.

JDE_1204273877.jpg

Présentation d’Anis BOUAYAD

Anis Bouayad, consultant en stratégie et en alliance, Docteur d’Etat en Gestion ( Université Paris-Dauphine ) auteur de plusieurs ouvrages sur la stratégie, les alliances, le management et d’essais.

Il est particulièrement intéressé par les mutations en cours et leurs impacts sur la géopolitique et l’économie, mais aussi sur le management et la sociologie.

Président de STRATEGIE . ALLIANCE, il a travaillé auprès de l’état-major du Groupe NESTLE, et est expert APM depuis 1986.

LIVRES :

  • « Les Alliances Stratégiques », DUNOD (Octobre 1996)
  • « La Stratégie des Trois Portefeuilles », DUNOD (Septembre 1998)
  • « Stratégie et Métier de l’Entreprise », DUNOD (Avril 2000)
  • « Stratégie pour la France », ECONOMICA (Mars 2003)
  • « La face cachée du management », DUNOD (Octobre 2004)
  • « Les Alliances Stratégiques », Nouvelle Edition Enrichie, DUNOD (Janvier 2007)
  • « Repenser l’Entreprise », Ouvrage Collectif APM, LE CHERCHE MIDI (Décembre 2007)
  • « Changer de Regard. Pour voir le monde qui vient », LES EDITIONS PERSEE (Mars 2011)


Communiqué de presse

Si vous avez aimé cet article,
partagez le !